Controverse. Le groupe chiite libanais Hezbollah prévoyait d’utiliser contre Israël le nitrate d’ammonium, stocké au port de Beyrouth qui a provoqué mardi une explosion dévastatrice qui fait 158 morts et 6.000 blessés, a rapporté, ce samedi la chaîne TV i24News.

Cette information, difficile à vérifier, a été révélée quelques heures après le discours prononcé par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, niant « catégoriquement » qu’il y ait eu quoi que ce soit dans le port.

Poids lourd de la vie politique libanaise, seule faction à ne pas avoir abandonné son arsenal militaire au sortir de la guerre civile (1975-1990), le Hezbollah est un grand ennemi du voisin israélien.

Pour rappel, l’organisation chiite libanaise, soutenue par Téhéran, intervient militairement dans le conflit en Syrie voisine au côté du régime de Bachar al-Assad. Dans la Syrie en guerre, des positions du Hezbollah et ses convois d’armes ont été pris pour cible par des bombardements israéliens ces dernières années.

+ « Des accusations qui poussent le Liban vers la guerre civile… » +

Selon l’explication officielle des autorités, les explosions sont dues à un incendie dans un entrepôt de feux d’artifice, qui ont mis le feu à 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées à proximité depuis 2014 « sans mesures de précaution ». Cependant, le président Michel Aoun a évoqué plus tôt dans la journée la possibilité que ce drame ait été provoqué par une « intervention extérieure », parlant d’un éventuel missile ou d’une bombe.

« Ils veulent dire aux habitants de Beyrouth que ceux qui ont détruit leurs maisons et tué leurs enfants sont le Hezbollah (…) Je nie totalement, catégoriquement, qu’il y ait quoi que ce soit à nous dans le port, ni entrepôt d’armes, ni entrepôt de missiles, ni des matières explosives, ni une bombe, ni une balle, ni nitrate » d’ammonium, a martelé le leader du parti chiite dans une allocution télévisée, après des accusations lancées contre sa formation dans les médias ou au sein d’une frange de l’opinion publique qui pointe du doigt sa responsabilité dans cette tragédie, mettant en garde contre « les accusations qui poussent le Liban vers la guerre civile ».

« Certains ont dit que le Hezbollah portait une responsabilité car il contrôle le port. Il s’agit également d’un mensonge. Nous ne contrôlons pas le port de Beyrouth. Nous ne savons pas ce qui s’y trouve. Le port de Beyrouth n’est pas de notre responsabilité », a-t-il également assuré. « Nous connaissons mieux le port de Haïfa (dans le nord d’Israël, NDLR), que celui de Beyrouth, dans le cadre de l’équilibre de terreur » avec l’ennemi (israélien

Selon i24News, citant la chaîne 13 israélienne, l’ancien ministre israélien de la Défense, Moshe Ya’alon, a déclaré au site d’information saoudien Elaph qu’une explosion au sein d’un dépôt d’armes du Hezbollah situé au port avait précédé celle de nitrate d’ammonium mardi.

Selon cette source, Israël aurait mis en garde le Liban contre les stocks d’armes du groupe chiite et le stockage de matières dangereuses à Beyrouth et ailleurs dans le pays.

En 2018, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait déjà accusé le Hezbollah devant l’Assemblée générale des Nations Unies de stocker des missiles et d’autres armes dans des zones civiles, notamment « au bord de l’eau » à Beyrouth.

Article19.ma

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