Laxisme. Seize éléments de la police espagnole ont été acquittés par le tribunal de Cadix pour « preuves insuffisantes » quant à leur implication dans la mort de 15 migrants illégaux qui ont tenté de rejoindre l’Espagne par voie maritime et les procédures sommaires de refoulement de 23 autres personnes vers le Maroc, en février 2014, a indiqué mardi l’ONG européenne « Statewatch ».

Cette affaire, dite de Tarajal, rappelle le site de l’ONG de « Statewatch », est liée à la tentative de 200 migrants d’entrer dans la ville occupée de Sebta, dont 15 s’étaient noyés quand des éléments de la Guardia Civil ont tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour mettre fin à leur tentative, alors que les 23 autres qui ont réussi à joindre Sebta ont été immédiatement expulsées vers le Maroc dans ce que l’on appelle en Espagne un « refoulement chaud » (devolución en cliente).

Lorsque l’incident a été révélé, un groupe d’ONG de la société civile (Comisión Española de Ayuda al Refugiado, CEAR; Coordinadora de Barrios; et Observatori DESC) a intenté une action en justice pour obtenir justice et indemnisation au profit des familles des victimes, mais un tribunal de Ceuta a refusé de faire pression pour l’ouverture d’une enquête et a légitimé l’expulsion des migrants.

À la suite d’un appel en justice, l’affaire a été rouverte en août 2018 par les tribunaux de Cadix, qui ont estimé que les dépositions des victimes et des témoins n’avaient pas été prises en compte. Seize agents de la Guardia Civil, qui se trouvaient sur le terrain ce jour-là, ont été convoqués pour comparaître et témoigner des actes qu’ils ont commis contre le groupe de migrants et pour non assistance à des personnes en danger.

+ Une terrible douleur » des familles de ceux qui sont morts +

Cependant, la semaine dernière, le 28 juillet, l’Audencia régional de Cadix a rejeté le dossier des ONGs au motif qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes pour inculper les éléments de la Guardia Civil bien qu’ils aient causé la mort de 15 personnes et refoulé le reste du groupe de migrants qui était entré en territoire espagnol.

Les ONG concernées n’ont pas encore pris la décision de faire appel du jugement lequel a provoqué l’indignation parmi les défenseurs des droits des migrants et des réfugiés qui dénoncent « une injustice » et « un précédent que cette décision peut créer en installant l’impunité et la violation des droits de l’homme à notre frontière sud (de l’Europe) ».

Pour sa part, l’activiste des droits de l’homme, basée au Maroc, Helena Maleno, a écrit que cette décision causerait « une terrible douleur » des familles de ceux qui sont morts et que « nous assistons à la destruction des droits de l’homme et de la démocratie ».

La décision du tribunal de Cadix fait suite à autre décision aussi controversée, celle de la Cour européenne des droits de l’homme qui a légitimé « les refoulements sommaires » de Espagne dans le cas de deux personnes qui étaient entrées sur le territoire espagnol en escaladant les clôtures entourant la ville de Melilla.

Il y a trois rangées de clôtures entourant les villes de Ceuta et Melilla, qui sont toutes surmontées de barbelés. L’année dernière, le gouvernement espagnol a commencé à augmenter la hauteur des clôtures de 30% et, dans le cadre d’un plan visant à « rendre la frontière plus sûre », de nouvelles caméras, dont certaines utiliseront la technologie de reconnaissance faciale, seront installées.

Article19.ma

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