Éclairage. Le ministre de l’Economie, des finances, Mohammed Benchaâboun, a annoncé, mardi, « la mise en place d’un pacte pour la relance économique et l’emploi » qui comprend des mesures transverses tout en tenant compte des spécificités sectorielles.

Ce pacte, qui sera le fruit d’une ambition commune et partagée par l’ensemble des parties prenantes (Etat et partenaires sociaux et économiques), et le contrat programme relatif à la relance du secteur touristique seront signés courant cette semaine, a fait savoir Benchaâboun qui s’exprimait lors d’une conférence de presse sur l’opérationnalisation des orientations royales contenues dans le discours du Trône.

Il a expliqué que les mesures sectorielles spécifiques, concernant en particulier les secteurs les plus touchés par la crise, feront l’objet de contrats et de conventions qui seront signés avec les fédérations concernées (Contrat-programme 2020–2022 relatif à la relance du secteur touristique en phase post-covid-19).

Benchaâboun a également précisé que les 120 milliards de dirhams (MDH) qui vont être injectés dans l’économie nationale seront répartis sur les crédits garantis par l’Etat (75 MMDH) et le Fonds d’investissement stratégique (45 MMDH).

Il a, à cet égard, souligné que conformément aux dispositions de l’article 26 de la loi organique N° 130-13 relative à la loi de finances, de l’article 29 de la loi des finances 2020, et de l’article 25 du décret 2.15.426 portant élaboration et application des lois des finances, il sera procédé à la création d’un Compte d’Affectation Spéciale dédié intitulé « Fonds d’Investissement Stratégique ».

Ce décret sera présenté pour approbation au prochain Conseil de gouvernement, a indiqué le ministre, ajoutant que ce fonds aura une mission d’appui aux activités de production, d’accompagnement et de financement des grands projets d’investissement public-privé.

Conférence de presse de M. Mohamed Benchaâboun autour de la loi de finances rectificative pour l’année budgétaire 2020

+ Les crédits garantis par l’Etat captent 75 milliards DH et l’investissement 45 milliards DH +

Les 120 milliards de dirhams (MMDH) qui seront injectés dans l’économie pour relancer le tissu productif national affecté par la crise sanitaire liée au Covid-19, iront principalement à l’investissement et aux crédits garantis par l’Etat, a souligne le ministre.

Par ailleurs, Benchaâboun a indiqué que 45 MMDH seront consacrés à l’investissement et 75 MMDH seront réservés à l’accès aux financements, garantis par l’Etat au profit de l’ensemble des entreprises marocaines y compris les TPE.

Dans le détail, le ministre a précisé que les 45 MMDH sont réservés à l’investissement, notamment l’investissement direct de l’Etat dans les projets d’infrastructure, à travers des partenariats public-privé (PPP) et les participations de l’Etat, par le biais d’un Fonds qui va être créé pour un certain nombre d’entreprises, ayant le besoin d’augmenter leurs fonds propres pour assurer leur développement.

Benchaâboun a, dans ce sens, relevé que 15 MMDH seront financés directement par le budget général de l’Etat cette année et seront injectés dans le Fonds d’investissement public, alors que 30 MMDH seront mobilisés auprès d’institutionnels nationaux et internationaux.

Le plan de relance massif de l’économie nationale avec une enveloppe globale de 120 MMDH sera opérationnalisé rapidement notamment à travers l’adoption d’un décret-loi dans les jours à venir lors du prochain conseil du gouvernement, a-t-il fait savoir.

S’agissant de la généralisation de la protection sociale à l’ensemble des Marocains, qui sera sur une période de 5 ans, il a souligné que l’assurance maladie obligatoire (AMO) va être généralisée à partir du 1er janvier de l’année prochaine.

« Nous allons entamer tout un ensemble de réformes et d’adoptions de textes notamment législatifs et réglementaires qui permettraient de préparer l’opérationnalisation à partir du 1er janvier », a-t-il noté.

Cette AMO qui va être généralisée va toucher tous ceux qui ne sont pas protégés aujourd’hui, a t-il dit, notant que cette généralisation vise à assurer à un ensemble de marocains les mêmes prestations de services médicaux et de soins peu importe leurs catégories socio-professionnelles.

Le ministre a évoqué à cet égard la nécessité de mettre en oeuvre certaines réformes notamment fiscale afin de garantir une contribution professionnelle unifiée permettant d’un côté aux commerçants et artisans de pouvoir contribuer en fonction de leurs revenus et d’avoir en retour cette protection sociale.

La partie généralisation de l’AMO va s’étaler sur 2 ans, a-t-il fait savoir, ajoutant que la généralisation des allocations familiales, en remplacement des systèmes existants, la mise en chantier de la retraite pour tous et l’indemnité pour perte d’emploi viendront juste après.

Pour ce qui est de la réforme principale en profondeur du secteur public, plus particulièrement des établissements et entreprises publics, une agence des participations de l’Etat va être créée pour plus d’efficience dans la gestion mais également pour agir à travers la suppression d’un certains nombre d’établissements, dans le cadre d’une optimisation du fonctionnement de l’Etat, et la création de pôles homogènes pour plusieurs secteurs (pôle pour l’énergie, pôle pour le transport..), a-t-il souligné.

Ces pôles, a-t-il dit, permettront de créer des ensembles plus solides qui auront plus facilement accès au financement à des conditions meilleurs que celles aujourd’hui et qui leurs permettront donc d’investir et à créer de l’emploi ce qui est leurs rôle premier.

« Il y a des synergies à rechercher en rapprochant un certain nombre d’établissements et entreprises publics », a-t-il fait observer, notant que l’objectif est d’optimiser le fonctionnement du secteur public dans son ensemble.

Article19.ma

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