Polémique. Est-il possible de retourner à un Un confinement général au Maroc? Une décision lourde de conséquences, compte tenu de son coût financier important et de ses effets négatifs sur les entreprises car lors de sa mise en œuvre lors de la première phase de la pandémie, cela a coûté à l’économie national une perte qui équivaut à un milliard de dirhams par jour durant toute la période de confinement.

Sur le plan financier, le site arabophone Hespress relève que les prévisions de la loi de finances rectificative, le ralentissement économique devrait conduire à un déficit des recettes du Trésor d’environ 500 millions de dirhams par jour pendant la période de confinement.

D’avril dernier à la fin du mois en cours, un soutien financier est apporté aux salariés dont l’activité est à l’arrêt dans la limite de 2000 dirhams par mois, alors que les Ramidistes et ceux exerçant dans le secteur informel reçoivent entre 800 et 1.200 dh. Plus de 5,5 millions de ménages et 800.000 salariés ont bénéficié de ce soutien direct, précise la même source.

La question est ce savoir si en cas d’un nouveau confinement général l’économie marocaine et le Fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie Covid-19 seront à même de soutenir encore les familles marocaines épuisées par les effets de la crise sanitaire qui coïncide avec Aid al-Adha, les vacances d’été et la prochaine rentrée scolaire.

Le ministre des Finances, Mohamed Benchaâboun avait exclu le recours à une nouvelle mesure de confinement, soulignant que le recul de l’économie marocaine d’ici la fin de l’année serait en baisse d’environ 8%, par rapport aux prévisions ce qui empêcherait de penser à une telle mesure.

Mais ce lundi 27 juillet, le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb est revenu à la charge pour tirer la sonnette d’alarme en dévoilant que la situation épidémiologique liée à la pandémie de Covid-19 devient « inquiétante », compte tenu de l’augmentation des contaminations.

« Le bilan des cas contamination recensés en l’espace d’une semaine dépasse ce qui a été enregistré en quatre mois au Maroc », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse au lendemain de la décision d’interdiction des déplacements de et vers huit villes du Royaume, dont Tanger, Casablanca et Marrakech.

+ Manque de vision ou de visibilité? +

L’économiste Najib Akesbi estime que la gestion gouvernementale de la crise sanitaire est « sans vision », estimant que la situation épidémiologique dans le pays reste ambiguë, contrairement à la plupart des pays du monde qui ont commencé avec des cas d’infection élevés mais qui ont diminué par la suite contrairement à ce que l’on observe aujourd’hui au Maroc.

Akesbi estime que le ministère de la Santé est incapable d’expliquer la nature de la situation épidémiologique au Maroc, ce qui explique l’improvisation, la confusion et parfois les contradictions entre les déclarations des ministres de la Santé et de l’Économie et des Finances concernant la question du “re-confinement.”

L’économiste a critiqué, dans une déclaration à Hespress, la façon dont le gouvernement a géré les effets de la crise sur l’économie nationale.

« Tout le monde s’attendait à ce que le gouvernement El Othmani mette en œuvre de réelles politiques de relance économique à travers la loi de finances rectificative, particulièrement en ce qui concerne l’augmentation des dépenses des secteurs sociaux pour combler les énormes lacunes et lutter contre la précarité pour faire face à la crise, mais rien de tout cela ne s’est produit », note l’économiste – universitaire.

M. Akesbi a relevé que le gouvernement, en réduisant les investissements et les postes budgétaires d’emplois, « aggrave la récession économique” et met en oeuvre “une politique d’austérité” et non pas de relance pour éviter la catastrophe.

L’idée se ré-instaurer un confinement général signifie que le déficit grimpe à près de 12% du PIB, au lieu des prévisions actuelles des autorités financières qui pointent à 8%, affirme-t-il.

+ Une gestion au jour le jour +

Pour le moment, le “re-confinement” de huit cités urbaines à travers le Maroc à titre de “re-confinement” à la veille de la fête du mouton serait provisoire mais dont la durée reste indéterminée.

“Cette décision inattendue et prise à la va-vite risque de perturber l’activité économique, notamment les secteurs liés au tourisme… sans oublier l’impact psychologique sur la population concernée en cette période de l’Aïd », s’indigne un directeur d’hôtel à Marrakech.

Il est à rappeler qu’un communiqué conjoint des ministères de l’Intérieur et de la Santé avait indiqué le dimanche 26 juillet à 18h30, que « compte tenu de la hausse considérable, ces derniers jours, des cas de contamination à la coronavirus dans plusieurs préfectures et provinces du Royaume, « il a été décidé d’interdire, à compter de dimanche à minuit, les déplacements de et vers les villes de Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, Casablanca, Berrechid, Settat et Marrakech ».

Une chose sure la situation sanitaire au Maroc en ce début d’été est « inquiétante » comme le confirme le ministère de la santé, reste quelle nouvelle approche le gouvernement El Othmani va-t-il adopter afin de juguler la pandémie et limiter les dégâts, ajoute la même source.

En bref, « une gestion de la situation au jour le jour, semble être à l’ordre du jour pour l’instant » , dévoile un agent d’autorité, et ce, en attendant des jours meilleurs. « La plus belle des dames ne peut offrir que ce qu’elle a », conclua la même source.

Article19.ma

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