Les activités terroristes menées par les groupes extrémistes islamistes sont de plus en plus nombreuses en Afrique, à l’exception de la région du Maghreb, selon un rapport publié cette semaine par le Centre du Pentagone pour les études stratégiques de l’Afrique, relayé, vendredi, par le site « The Arab Weekly », basé à Londres.

Sur la base de statistiques compilées, le centre, financé par le Congrès américain, note « une croissance quasi ininterrompue des actes de violence commis par les groupes extrémistes islamistes africains au cours de la dernière décade, bien que l’objectif de ces actes ait changé avec le temps ».

Le rapport relève une augmentation de 31% des « actes violents » perpétrés par des extrémistes sur le continent, au cours des 12 mois précédant juin dernier, précisant qu’au total 4.161 attaques terroristes ont été enregistrées, soit 6 plus qu’en 2011.

Les attaques terroristes se sont intensifiées surtout en Somalie, au bassin du lac Tchad, au Sahel occidental et au Mozambique, souligne le rapport relevant qu’à l’inverse « l’Afrique du Nord est la seule région à avoir enregistré une tendance baissière depuis 2015 ».

+ Un million d’Africains ont été déplacés par les groupes extrémistes qui exploitent la situation à des fins de recrutement et de radicalisation +

La recrudescence du terrorisme au Sahel a été favorisée par la coalition des groupes « Jama’at Nusrat al Islam wal Muslimin (JNIM) » et l’État islamique dans le Grand Sahara (ISGS) dont les actes ont été multipliés par 7 pour atteindre près d’un millier depuis 2017.

La plupart des actes terroristes commis au Sahel en 2020 ont été perpétrés au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

Les attaques terroristes au Mozambique ont été multipliées par 7 entre 2018 et fin juin, avec 306 attaques en 12 mois au cours de l’année dernière.

Le rapport souligne également que les activités des extrémistes sont aussi devenues plus meurtrières, le nombre de tués ayant augmenté de 26% en un an (12.507 au cours de la dernière année contre 9.944 décès une année auparavant). Ces attaques, qui font de plus en plus de victimes parmi les civils, ont augmenté de 47% depuis juin 2019.

Le rapport note que malgré la campagne menée par la France dans le cadre de la Force conjointe du G5 Sahel, qui comprend les forces du Burkina Faso, du Tchad, du Mali, de la Mauritanie et du Niger, il n’a pas encore été possible de venir à bout des groupes extrémistes dans le Sahel.

Selon le rapport, des victoires telles que l’annonce de la mort d’Abdelmalek Droukdel, ancien chef d’Al Qaïda au Maghreb, sont purement tactiques et ne reflètent pas un recul des attaques terroristes alors que près d’un million d’Africains ont été déplacés par les groupes extrémistes qui exploitent la situation des populations à des fins de recrutement et de radicalisation.

Le rapport souligne qu’en « utilisant des tactiques asymétriques et une coordination étroite, ces groupes amplifient les griefs locaux et les différends intercommunautaires comme moyen de mobilisation et de recrutement en suscitant des sentiments anti-gouvernementaux dans les communautés marginalisées ».

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.