Bras-de-fer. Le Parti islamiste tunisien Ennahda a laissé entendre, mardi, qu’il sapera la stabilité de la Tunisie au cas où il ne sera pas représenté au prochain gouvernement dont la formation est attendue au cours des prochaines semaines.

« Il n’y aura pas de stabilité en Tunisie sans un gouvernement dans lequel sera représenté Ennahda », a affirmé le porte-parole du mouvement, Imed Khemiri, lors d’un entretien avec Radio Mosaïque.

Khemiri, dont le propos ont été relayés par le site arabophone Nabd, a ajouté que « le prochain Premier ministre ne peut pas trouver la stabilité au cours de la prochaine étape sans le mouvement Ennahda ».

Cette menace fait suite aux appels de partis politiques à la formation d’un nouveau gouvernement sans le mouvement Ennahda en raison de son échec à gérer le pays depuis son arrivée au pouvoir en 2011.

Selon la même source, de nombreux Tunisiens tiennent également Ennahda pour responsable de la détérioration des conditions économiques et sociales.

Pour rappel, le chef du gouvernement tunisien, Elyes Fakhfakh, fragilisé par une affaire de conflit d’intérêts, a présenté sa démission, mercredi 15 juillet, sous la pression du parti Ennahda.

Fakhfakh, 47 ans, chef d’un parti social-démocrate sans élu, qui avait prêté serment le 27 février dernier, continuera, cependant, à gérer les affaires courantes en attendant qu’un successeur soit nommé.

Tunisian Prime Minister Elyes Fakhfakh attends the national conference « to establish decentralisation and local power » on July 15, 2020 in Tunis. The Islamist party Ennahdha has withdrawn its trust from the Fakhfakh government. The resignation of the head of government, Elyes Fakhfakh, or the continuation of his office at the head of the government depends on the results of the audit committee’s investigation into the conflict of interest scandal, which will be published on Friday 17.
FETHI BELAID : AFP / AFP / FETHI BELAID

Ancien cadre d’une filiale de Total, Fakhfakh est sous le coup d’une enquête parlementaire pour ne pas avoir cédé la gestion de ses parts dans des sociétés d’assainissement qui ont remporté d’importants marchés publics au cours des derniers mois.

Le parti Ennahda, qui compte six ministres au gouvernement, avait dans la même journée déposé une motion de défiance contre le premier ministre, mettant en avant les soupçons de corruption pesant sur lui.

Cette démission, relèvent les observateurs, place à nouveau le président Kaïs Saïed au centre du jeu politique : selon la présidence, qui s’appuie sur l’article 89 de la Constitution, il est désormais chargé de désigner un nouveau premier ministre dans un délai de dix jours.

Cet article stipule que le président de la République doit désigner une personnalité à même de gouverner après « consultations avec les partis politiques, les coalitions et les groupes parlementaires ». Cette personnalité aura elle-même un mois pour convaincre la majorité absolue des députés d’approuver son équipe.

Une gageure, étant donné que le Parlement élu en octobre est composé d’une myriade de partis, dont certains sont à couteaux tirés. Ni Ennahdha et ses rares alliés ni le pôle qui s’était constitué autour de Fakhfakh ne peuvent rassembler facilement une majorité.

Article19.ma

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