L’agence Fitch Ratings a abaissé la note du Maroc de stable en avril dernier à négative en raison de « l’augmentation des risques à la baisse du profil de crédit » due au « grave impact de la pandémie sur l’économie et les finances publiques et extérieures », a indiqué, lundi, l’agence de notation.

Commentant l’adoption de la loi de finances rectificative, l’agence relève que celle-ci prévoit le plus grand déficit budgétaire et contraction du PIB depuis des décennies suite au choc provoqué par la pandémie Covid-19 sur l’économie marocaine.

L’agence souligne que la loi de finances rectificative, qui se base sur les hypothèses d’un recul de 5% du PIB, prévoit un déficit budgétaire de 7,5% du PIB, le plus élevé depuis au moins trois décennies, et près du double de l’objectif budgétaire initial de 3,8% (hors recettes de privatisation) et de 3,9% du déficit enregistré en 2019.

L’agence américaine a ajouté que ces prévisions prennent en considération les importantes subventions extérieures et intérieures couvrant les deux tiers du fonds spécial de gestion de la pandémie qui s’élève à 33 milliards de dirhams (3% du PIB) et limitant le coût budgétaire de la lutte contre la pandémie.

+ L’incertitude entoure la durée et l’ampleur de la pandémie et son impact sur l’économie +

Fitch Ratings considère que « les prévisions budgétaires révisées du gouvernement et les hypothèses économiques sous-jacentes comme globalement réalistes » et s’attend à ce que « les autorités s’efforcent de prévenir une nouvelle détérioration du solde budgétaire, conformément à leur adhésion de longue date à des politiques prudentes ».

Cependant, l’agence estime que l’émergence récente de nouveaux clusters d’infection dans les zones industrielles au Maroc montre l’incertitude entourant la durée et l’ampleur de la pandémie et son impact sur l’économie, relevant que les trois quarts du fonds spécial sont en passe d’être dépensés, ce qui représente le risque de nouvelles pressions sur les finances publiques.

L’agence estime, en outre, les besoins bruts d’emprunt du gouvernement à 146 milliards de dirhams (13,4% du PIB), des emprunts qui entraîneront « une hausse de la dette à 72% du PIB en 2020, contre 65% en 2019 ».

Article19.ma

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