Par Belkassem Amenzou

Le verdict est tombé. Les résultats de la première session de l’examen national unifié du baccalauréat 2020 ont été rendus publics mercredi. Une lecture de ces résultats au niveau des régions et à l’échelle nationale montre clairement que le secteur privé demeure loin de concurrencer le public.

D’ailleurs, la première note au niveau national a été obtenue par l’école publique. De même, les meilleures plus fortes moyennes ont été décrochées par des élèves du secteur de l’enseignement public. Autant dire que le gonflage des notes du contrôle continu par des établissements du privé n’a servi en fin de compte à rien.

En fait, ces établissements recourent à cette pratique afin de multiplier les chances du candidat pour obtenir le bachot, mais généralement avec une moyenne ordinaire. A ce propos, il faut jeter un coup d’œil sur les bulletins délivrés par certains établissements à leurs élèves pour voir comment les notes du contrôle continu oscillent entre 18 et 19.99 avec des mentions «très bien» et «excellent», alors que la note de l’examen final ne varie qu’entre 5 et 13 dans plusieurs cas. Quel paradoxe.

Dans ce sillage, aucun établissement de l’enseignement privé n’a le courage de publier les notes obtenues par ses élèves (sans mentionner leurs noms) à l’examen final. Car, si un Groupe scolaire le fera, le nombre des inscrits à la prochaine rentrée scolaire sera réduit à néant. Et du coup, fermeture de la boutique. Il est inconcevable qu’après douze années de paiement des frais de scolarité, au primaire, au collège et au Lycée, sans parler des fameuses «sections», petites et grandes et autres formulations de la novlangue à des fins commerciales, l’élève reçoit enfin de compte un bulletin où les notes du contrôle continu ne reflètent pas la réalité de son niveau que lui rappelle d’ailleurs la moyenne de l’examen final inscrite dans le même document.

Cela lui apprendrait à tricher par la suite. Cela lui apprendrait à n’appliquer que la formule machiavélique, selon laquelle «la fin justifie les moyens». Et enfin, cela lui apprendrait à développer des reflexes dans ce sens. Voilà le rapport à retenir des notes affichées et voilà l’apport du secteur au système de l’enseignement. Il faut dire que ces résultats du baccalauréat ont dévoilé le niveau réel de plusieurs établissements de l’enseignement privé que le confinement avait d’ailleurs mis à nu.

En effet, des parents ont découvert, à leur grande surprise, que leurs enfants n’apprenaient dans certains groupes scolaires privés que le «parler français» sans aucun épanouissement, sans aucun apprentissage qui forge leur personnalité et qui renforce leur immunité intellectuelle dans un monde où les loisirs et les désirs mal maitrisés font des ravages. Dans ce cas de figure, déplore un parent, ces écoles ne forment que des «Français» ignorants dans un autre contexte. Ils ne maitrisent ni la langue française, ni les calculs, ni le raisonnement logique, ni encore l’esprit d’élève qui devait s’élever du monde passionnel pour embrasser le monde rationnel et être capable de se livrer au monde professionnel.

Enfin, ces résultats ont dévoilé la face cupide de certains établissements ayant investi dans le secteur pour gagner rapidement et n’importe comment. La Covid-19 a montré comment, ils alignaient les «19» dans les notes des contrôles continus, la post-covid-19, coïncidant avec la publication des résultats, a dévoilé l’autre revers de la médaille. Le constat est hallucinant. La balle est maintenant dans le camp des autorités compétentes pour assainir ce secteur.

Article19.ma

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