Quand une ONG radote. Après avoir accusé le gouvernement marocain d’intercepter les communications téléphoniques du journaliste, Omar Radi, Amnesty International (AI) continue de tourner autour du pot face aux demandes incessantes de fournir des preuves tangibles. Au lieu de cela, l’ONG londonienne fait état de « rappels tendancieux » et « partiaux » de problèmes anciens des droits de l’homme au Maroc, a écrit mardi le site eutoday.net (EU Today ).

EU Today est un média indépendant basé à Londres, dont les correspondents couvrent l’actualité politique un peu partout en Europe et ailleurs.

« Le refus d’Amnesty International de fournir des preuves laisse penser que l’organisation n’en dispose d’aucune pour étayer les accusations qui ont été publiées par pas moins de 17 médias internationaux », estime ce média Londonien.

La situation s’est encore tendue, vendredi 10 juillet, lorsque la secrétaire générale par intérim, Julie Verhaar, a botté en touche dans sa réponse à une lettre du chef du gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, souligne EU Today.

En réponse à Amnesty, El Othmani a déclaré: « Nous insistons pour que AI nous envoie une copie du rapport sur la base duquel des accusations non fondées ont été faites, ou de le rendre public ». En fait, la situation commence à ressembler à un dialogue de sourds. « Et la partie qui prétend ne pas entendre est, en effet, Amnesty International », affirme le journal.

+ Le texte d’AI est long, très long, mais il ne fournit pas les preuves essentielles +

Et d’ajouter : Pour comprendre les tenants et aboutissants de cet imbroglio, il faut remonter au 22 juin 2020, date de la publication du fameux « rapport », dans lequel AI accuse le Maroc d’espionner le téléphone portable d’un journaliste.

AI a déclaré sur son site Internet, le 22 juin, qu’après avoir soumis le téléphone portable de Radi à un examen d’expert, il a été découvert qu’il était infecté par Pegasus, un puissant système d’espionnage conçu par la société israélienne NSO Group. AI a également indiqué que ce logiciel espion permet d’accéder à toutes les données enregistrées sur le téléphone et permet l’activation de sa caméra et de son microphone. Le texte d’AI est long, très long, mais il ne fournit pas les preuves essentielles », rappelle EU Today.

Dans sa présentation, AI tente d’établir non seulement que le téléphone portable était infecté par le logiciel espion, mais aussi que l’État marocain était à l’origine de l’opération d’espionnage. A aucun moment AI, ni le laboratoire (Security Lab), à qui elle a confié l’analyse du téléphone portable, n’ont pu prouver cette accusation, ajoute la même source.

Dans sa présentation, l’IA fait une série d’hypothèses et tente de forger des liens, mais ne fournit aucune preuve claire. Pour porter une accusation aussi grave contre un État, il faut encore apporter des preuves matérielles irréfutables. Sur ce point précis, le rapport d’Amnesty échoue lamentablement à transformer les préjugés en preuves claires.

Sous le titre, « Un journaliste marocain victime d’intrusions de réseau utilisant des logiciels conçus par le groupe NSO », une campagne médiatique a ciblé le Maroc, rappelle EU today, ajoutant que pour donner un impact international à son accusation, AI a confié le rapport, avant sa publication, au portail en ligne Forbidden Stories.

Pour EU Today, « il est normal que les journalistes mènent des enquêtes et produisent des articles, mais dans ce cas, il semble qu’AI ait fourni tout le matériel ».

Les quotidiens britannique « The Guardian », l’américain « The Washington Post », l’espagnol « El País » et le français « Le Monde » ont tous pris les accusations formulées par Amnesty International pour argent comptant, sans même prendre contact avec l’accusé.

Le site marocain Le360.ma a souligné qu’aucun de ces journaux n’a contacté les autorités marocaines. Quant à AI, qui prétend avoir contacté les autorités, sa soi-disant correspondance en dit long sur le manque de sérieux et la désinvolture avec laquelle ce dossier a été concocté.

+ Quand Amnesty mandate le hacker Claudio Guarnieri pour contacter le chef du gouvernement marocain +

Les autorités marocaines affirment qu’Amnesty International n’a jamais communiqué avec elles pour commenter les accusations portées à son encontre. Amnesty International affirme avoir contacté le gouvernement marocain, qui n’a pas donné suite. Pour prouver sa bonne foi, AI a même fait fuiter la correspondance qu’ils ont adressée au chef du gouvernement dans Al-Araby Al-Jadeed, une société de médias panarabe dont la rédaction est basée à Londres.

Un email, daté du 6 juin 2020, a été envoyé par Claudio Guarnieri à un monsieur Hachi afin de le transmettre par courrier à Saâd-Eddine El Othmani, le chef du gouvernement marocain. Dans ce courriel, Guarnieri affirme avoir eu des difficultés à transmettre un fax directement au chef du gouvernement et demande à M. Hachi de transmettre le contenu de sa correspondance à El Othmani.

Toutefois, EU today relève qu’Amnesty International a un bureau à Rabat et un représentant, Mohamed Sektaoui, qui aurait pu facilement résoudre le problème. Pourquoi Al n’a-t-il pas demandé à sa section au Maroc de transmettre cette correspondance au chef du gouvernement?

Qui est Claudio Guarnieri, qui a désespérément cherché à contacter Saad-Eddine El Othmani?

Selon Al, il est le responsable du Security Lab mentionné précédemment, qui a analysé le téléphone portable de Radi: il est technicien. Il est pour le moins inhabituel que la correspondance adressée au chef du gouvernement soit signée par un employé et non par le secrétaire général par intérim d’Amnesty International.

De plus, Guarnieri se serait présenté comme un hacker italien et un militant des droits de l’homme. Le système de courrier électronique des fonctionnaires et employés du gouvernement du Maroc (se terminant par gov.ma) est conçu et sécurisé par la Défense nationale. Il est donc probable que tout email envoyé par un hacker soit bloqué ou marqué comme spam.

Comment est-il possible que, dans une affaire aussi grave, portant une accusation contre un État, Al se soit contenté d’envoyer un simple courriel, espérant naïvement qu’il atteindrait sa destination?, s’interroge EU today.

+ Incapable ou réticent à fournir des preuves, Al lance une diatribe politique +

Après la publication du rapport et la couverture médiatique qui s’en est suivie, les autorités marocaines ont convoqué Mohamed Sektaoui, directeur exécutif d’Amnesty International au Maroc. Comme il ne s’est pas présenté, le gouvernement marocain a ensuite publié, le 2 juillet, une déclaration officielle exigeant qu’Al fournisse des preuves matérielles pour étayer ses allégations.

Le chef du gouvernement en a également informé la secrétaire générale par intérim Julie Verhaar. La réponse est venue de Heba Morayef, directrice régionale d’Al. Dans sa réponse, datée du 3 juillet, elle s’est perdue dans de longues considérations de méthodologie sans fournir aucune preuve matérielle.

Cette lettre a été suivie, le 4 juillet, par un communiqué de presse quelque peu virulent de Heba Morayef, qui a le mérite de révéler l’état d’esprit qui prévaut à Al après la publication de ce rapport. Dans cette déclaration Heba Morayef se transforme en opposant politique qui dénonce « une recrudescence de la répression au Maroc ». Elle affirme qu’ « un grand nombre de militants des droits humains, de journalistes indépendants et de manifestants sont actuellement emprisonnés et les autorités profitent de la pandémie de COVID-19 au cours de ces derniers mois pour poursuivre d’autres voix critiques ».

Julie Verhaar a répondu le 9 juillet 2020 à Saâd-Eddine El Othmani. Selon les sources de EU today, dans sa réponse, elle a fait référence à la convocation du représentant d’Amnesty International au Maroc, le 26 juin, ainsi qu’à la réponse du bureau régional, en date du 3 juillet, mais n’a toujours pas répondu à la déclaration diatribe du 4 juillet. Dans sa réponse, elle a indiqué qu’elle est ouverte au dialogue, afin d’expliquer aux responsables marocains la méthodologie de l’IA.

L’Etat marocain, comme l’a rappelé son chef de gouvernement dans ses déclarations à la MAP, ne demande pas de cours sur la méthodologie suivie par Al dans ses recherches, mais a besoin de preuves. Le Maroc est ouvert à un dialogue avec Amnesty International, mais à la condition que l’ONG fournisse des preuves matérielles des allégations qui ont servi de base à la campagne médiatique orchestrée contre le Royaume du Maroc.

Article19.ma

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