Au Maroc, après un long silence, l’ancien chef du gouvernement Abdelillah Benkirane a fait une nouvelle sortie médiatique avec un semblant de critique en exprimant des inquiétudes au sujet du Parti justice et développement (PJD) mais sans plus de détails au prétexte que le moment n’est pas approprié pour étaler son point de vue.

Lors d’un bref entretien avec un site d’actualités arabophone, l’ex- secrétaire général du PJD a fait part de ses réserves concernant la gestion du parti dans l’étape actuelle, ce qui est de nature à relancer les polarisations qu’a connues la formation islamiste, au cours des dernières années, entre le courant de Benkirane et celui soutenant Saad Eddine El Otmani.

Fait inhabituel, Benkirane a opté cette fois pour l’apaisement avec ses adversaires au sein du PJD tout en les confrontant même de manière silencieuse du moins jusqu’à aujourd’hui.

+ Benkirane s’est affaibli depuis un certain temps… +

Mohamed Zineddine, professeur de sciences politiques à la Faculté de droit de Mohammédia, a indiqué au site arabophone Hespress.com que le problème des courants existait toujours au sein du PJD, soulignant qu’il y a deux courants l’un soutenant Benkirane et un autre dirigé par Saad Eddine El Otmani et les ministres PJDistes.

Zineddine a ajouté que Benkirane tente de retrouver sa position au sein du parti puis sur l’arène politique avec de telles sorties, mais son temps est révolu et tous les populistes venus après le printemps arabe ont disparu.

Il a expliqué que le courant de Benkirane s’est affaibli depuis un certain temps et qu’en face l’autre courant est complètement satisfait de la gestion gouvernementale, soulignant que la réticence de Benkirane à clarifier les dysfonctionnements que connaît le parti a de nombreuses interprétations, la foi religieuse étant plus forte.

L’universitaire a indiqué que le PJD connaît une vive course aux postes et aux responsabilités, mais que personne ne veut nuire au parti, relevant que la déclaration ne peut pas non plus être isolée du contexte des élections à venir, et peut-être que Benkirane s’efforcera d’obtenir une nouvelle présence à ce niveau.

Zineddine a ajouté que le troisième courant, qui devrait également donner son avis, est l’aile idéologique du parti, représentée par le Mouvement unicité et réforme (MUR) qui constitue le grand réservoir électoral du parti, soulignant que la formation islamiste connaîtra de nouvelles discussions à l’approche des échéances électorales prévues en 2021.

Article19.ma

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