La justice a eu la main lourde. Au Maroc, la décision « d’interdiction d’exercer », pendant une année, prise en mars dernier par la cour d’appel de Rabat à l’encontre du bâtonnier Mohamed Ziane et ancien ministre des Droits de l’homme, à cause de ses plaidoyers dans le procès de Taoufik Bouachrine devra être notifiée à l’avocat prochainement pour son entrée en application, a rapporté le site arabophone Alyaoum24.

Pour rappel, après avoir été condamné à 12 ans de prison en première instance, Taoufik Bouachrine a vu sa peine alourdie à 15 ans de prison ferme en appel, suite au jugement rendu le 25 octobre 2019 par la Cour d’appel de Casablanca. Le fondateur d’Akhbar Al Yaoum et d’Alyaoum24, a été poursuivi pour « traite d’êtres humains », « abus de pouvoir à des fins sexuelles » et « viol et tentative de viol ». Des accusations qu’il continue de nier…

Selon Me Ziane, un auxiliaire de la justice lui a rendu visite récemment à son domicile domicile, indiquant que dans l’attente de sa notification de ladite décision d’interdiction, il compte « présenter un recours pour la suspension de l’exécution de cette sentence et de la dénoncer devant la Cour de cassation », selon Alyaoum24.com.

Cette décision a été prise par la Cour d’appel suite à une plainte du ministère public à l’encontre de Me Ziane en raison de ses « propos inappropriés » lors des plaidoyers du procès Bouachrine dont il était l’avocat.

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Le site rappelle que Me Ziane a été poursuivi dans plusieurs autres affaires: Une décision a été prise à son encontre en mars dernier le suspendant pour 3 mois après la publication d’une lettre de Nasser Zafzafi, l’icône de Hirak Rif, à la suite d’une plainte du directeur de la prison locale, d’Ain Sebaa à Casablanca, en juillet 2018. Un message « exfiltré » de prison qui a semé la confusion. Puis une deuxième fois pour une raison disciplinaire pour ses propos lors d’une audience du procès de Bouachrine.

Le tribunal de première instance de Rabat a condamné, en mai dernier, à une peine d’emprisonnement avec sursis et une amende de 20.000 dirhams dans le dossier de Bouachrine. Dans cette affaire controversée, l’avocat a été accusé d’avoir « incité une témoin à ne pas témoigner dans un dossier relatif à la traite d’êtres humains », en allusion à la journaliste Houari qui a été arrêtée au domicile de l’avocat en juin 2018, après que le tribunal ait décidé de la faire comparaître de force parce qu’elle refusait de porter plainte contre le journaliste.

Par ailleurs, Me Ziane et l’ avocat, Ishaq Sharia ont été également été poursuivis par le parquet pour « avoir dénoncé un crime dont ils savent qu’il n’existe pas » à la suite des déclarations faites par l’ancien bâtonnier accusant Ilyas El Omari, alors secrétaire général du Parti authenticité et modernité, d’avoir profité des événements d’Al Hoceima pour conspiration contre l’État, ajoute la même source.

Article19.ma

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