Par Ahmed Assid

Le refus de M. Mustapha Ramid, ministre des Droits de l’homme et ancien ministre de la Judtice, et de M. le ministre de l’Emploi Mohamed Amekraz, de répondre à une question d’un parlementaire au sujet du phénomène de la non-déclaration des salariés auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (sous prétexte que celui qui a posé la question n’a pas consulté à ce propos le gouvernement) est tellement frustrant qu’il nous pousse à poser la question susmentionnée. Car ce qui s’est passé signifie que les deux ministres ont non seulement enfreint la loi, mais qu’ils utilisent également leur position au sein du gouvernement pour éviter de rendre des comptes au parlement, faisant ainsi du Maroc le pays où ne sont pas punis les responsables pour leurs violations de la loi.

Il en résulte ce qui suit:

1) Que le ministre des droits de l’homme et ancien ministre de la justice et le ministre de l’emploi donnent l’exemple aux citoyens et leur disent : vous n’êtes pas obligés de respecter la loi, car nous sommes au Maroc.

2) Que notre plus grand problème, à savoir la faible conscience citoyenne dans la société, s’empirera encore davantage lorsque les citoyens sauront que ceux qui veillent à la gestion de leurs affaires ne respectent pas la loi et ne la reconnaissent pas, et qu’ils refusent d’être interpellés devant le Parlement sur les violations qu’ils ont commises.

3) Que le fait que la classe politique n’ait pas été affectée par ces scandales et son manque d’action pour examiner cette question et souligner la nécessité du respect la loi par ceux chargés de son élaboration et de son application signifie en pratique que les deux ministres avaient droit de faire ce qu’ils ont fait comme irrespect à l’égard de la logique de l’État et des institutions, en ce sens que leur comportement est devenu la règle, tout comme le respect de la loi est devenue une source dérision.

4) Dans le modèle démocratique le plus proche de celui de notre pays, le modèle français avec ses tares et ses problèmes, est infligé une amende de 45.000 euros, 3 ans de prison, et une interdiction de participation politique et électorale pour un mandat, à celui qui emploie des fonctionnaires ou des travailleurs sans les déclarer et les enregistrer à la sécurité sociale.

5) L’ancien ministre de l’emploi, Mohamed Yatim, avait affirmé que « le non enregistrement des employés auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale constitue un manquement au devoir national et une violation de la loi ». Ce qui signifie que Mustapha Ramid et Mohamed Amekraz ont manqué au devoir national tout comme ils ont violé la loi. Alors que sera leur sanction? Qu’est ce qui empêche de leur demander des comptes?

Certains membres de la mouvance des deux ministres disent : « nous ne sommes ni au Japon ni en Suède » pour que les deux ministres présentent leur démission, ceci est une reconnaissance qu’au Maroc le responsable gouvernemental n’est pas tenu de respecter la loi. A cet égard, nous rappelons que ce qui a fait du Japon et de la Suède deux États respectables, c’est l’existence d’une classe politique connue pour sa sagesse et sa droiture, avec un profond sentiment patriotique. Par leur comportement, les deux ministres ont fait savoir que leur pays ne dispose pas de ces fondements démocratiques.

J’espère seulement que les deux ministres ne diront pas aux citoyens lors de la prochaine campagne électorale qu’eux et leur parti luttent contre la corruption au Maroc, car la sagesse chinoise dit que par le passé l’empereur avait demandé à un sage: « Comment se réalise la justice? » Et la réponse du sage fut: « C’est très simple, que vous soyez juste empereur. »

Article19.ma

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