Les mesures de confinement mises en place en mars dernier pour lutter contre la pandémie de Covid-19 ont forcé l’école « Madrasat Al Liwaa » (école de l’étendard) à fermer ses portes pour la première fois depuis sa création en 1961 au quartier populaire de Derb Soltane à Casablanca.

Madrasat Al Liwaa, l’une de ces écoles libres (Hora) créées par Ahmed Al Daoudi dans le sillage des luttes menées à l’époque par les nationalistes pour une école marocaine authentique, est aujourd’hui menacée de fermeture définitive suite à la crise sanitaire et ses ravages en particulier sur les familles en situation précaire.

Selon le site moroccoworldnews, le directeur de l’école n’a plus aujourd’hui les moyens financiers d’offrir des places gratuites aux enfants des familles modestes et aura du mal à ouvrir l’école en septembre, car les charges d’électricité et d’entretien se sont accumulées pendant la période de confinement.

Pour rappel, les écoles libres offraient une éducation gratuite aux familles démunies ou en difficulté qui refusaient d’inscrire leurs enfants dans les écoles publiques françaises du temps du protectorat alors que ceux qui pouvaient payer le font pour contribuer au mouvement national et pour maintenir ouvertes ces écoles.

Les écoles libres avaient vu le jour grâce à la mobilisation des nationalistes, dont le défunt roi Mohammed V, qui ont levé des fonds pour construire et gérer ces écoles à travers le Maroc dans l’objectif d’inculquer aux jeunes générations l’esprit de patriotisme et les valeurs nationales marocaines.

Les écoles libres ont continué d’exister même après l’indépendance. Elles ont aussi continué à soutenir les familles défavorisées et à servir de symbole du nationalisme et de solidarité marocaine.

+ Parmi les histoires que se rappellent un témoin de l’époque +

Parmi les histoires que se rappellent un témoin de l’époque, celle racontée par Haj Abderrahim Dahbi à moroccoworldnews.com: en 1961, juste après l’ouverture de Madrast Al Liwaa, des ragots circulaient sur une jeune femme qui avait une fille et pas de mari. La mère de l’enfant travaillait comme danseuse pour gagner sa vie et pour élever sa fille de 3 ans.

Selon ce témoin, lorsque Al Damoudi a entendu parler de cette histoire, il a promis à la mère que, si elle acceptait, il éduquerait la petite fille dans ses deux écoles de la maternelle jusqu’à la fin du primaire et qu’il pourrait même l’héberger.

Après une certaine hésitation, la mère a fini par accepter et l’enfant a pu être scolarisée. La petite fille est aujourd’hui grand-mère. Après ses études, elle était devenue elle-même institutrice du préscolaire et son petit-fils vient de commencer, lui aussi, sa scolarité à Madrasat Al Liwaa en septembre dernier.

Article19.ma

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