Timing gênant ou opportun? Dix jours après l’arrestation de hauts dirigeants de la FIFA et cinq jours après la démission de Sepp Blatter, l’instance internationale, en crise, doit organiser une Coupe du monde. Le Mondial féminin s’ouvre en effet dès samedi au Canada par un match entre les joueuses locales et les Chinoises, à Edmonton. Les organisateurs du tournoi ne cessent en tout cas de répéter que l’actualité footballistico-judiciaire n’a, et n’aura aucune incidence sur la compétition.

«Je pense que c’est une chose positive que ce soit le premier tournoi après ce qui s’est passé la semaine dernière, a indiqué mercredi Victor Montagliani, le président de la Fédération canadienne. Le foot féminin est très pur, et je pense que ces femmes peuvent mettre un peu de lumière sur les nuages qui traînent actuellement au-dessus de notre jeu», a-t-il ajouté avant d’affirmer que sa Fédération n’avait pas versé de pots-de-vin à l’instance pour obtenir l’organisation de cette Coupe du monde.
«Les gens comprennent que les filles n’ont rien à voir avec ça»
Rafraîchissant, le football féminin ne pourrait offrir qu’une meilleure image du monde du football? L’argument est repris par Francis Millien, directeur général de l’événement à Montréal. «On aurait pu se passer de ça et avoir une publicité plus positive, a-t-il reconnu. Mais les gens comprennent que les filles n’ont rien à voir avec ça et que ça n’a aucune influence sur leur préparation
La rhétorique est pour l’instant la même du côté des participants au Mondial: le scandale de la FIFA n’a rien à voir avec le jeu. «Les membres de la FIFA auraient pu être enlevés par des extraterrestres, cela ne nous aurait pas dérangés, a lâché John Herdman, le coach de l’équipe canadienne. Nous sommes uniquement concentrés sur l’équipe et sur cette Coupe du monde. Le football ne peut que continuer. Indépendamment de ce qui se passe, il va continuer.»

Les prévisions d’affluence lui donnent a priori raison. Plus de 920 000 billets ont déjà été vendus pour la compétition et le match d’ouverture se jouera à guichets fermés, devant plus de 50.000 spectateurs.

«Sur l’organisation en tant que telle, il n’y aura pas d’impact, mais sur l’ambiance si»
Mais dans quel état d’esprit le public canadien – pour l’instant plus intéressé par la finale de la NHL, qui oppose Tampa Bay à Chicago – accueillera ce tournoi siglé FIFA? Le risque de rejet est réel. «Il y aura une odeur de soufre qui risque de planer sur cet événement,  de par la distraction que représente ce scandale, a expliqué à Radio Canada André Richelieu, professeur de marketing du sport à l’Université du Québec à Montréal.Je pense que sur l’organisation en tant que telle, il n’y aura pas d’impact, mais sur l’ambiance si. Ce qui pourrait nous aider nous, au Canada, c’est la performance de l’équipe nationale

Aux joueuses donc de faire oublier les dérives des dirigeants de la FIFA. En espérant que de nouvelles révélations autour du scandale n’éclatent pas tous les jours.

Article19.ma / l’Equipe.fr

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