La faute au Covid-19. Victor et Jose Boquer Aranda, deux frères de Valence, âgés de 22 et 20 ans, ont déménagé au mois de janvier au Maroc afin de travailler pour une entreprise de téléphonie. Mais, ils n’avaient jamais imaginé que leurs aventures se transformeraient en un véritable cauchemar.

Après la déclaration de l’état d’urgence sanitaire et la fermeture des frontières, le 13 mars dernier, suite à la pandémie de la Covid-19, les deux espagnols se sont retrouvés bloqués au nord du Maroc. Licenciés sans être payés, ils ont passé près de 3 mois dans la rue à mendier pour pouvoir subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.

Sans logement, ils ont construit une cabane de fortune grâce à de la ferraille récoltée dans les rues de Fnideq. Et comme le malheur n’arrive jamais seul, les deux frères ont été victimes de vol par des voyous, qui leur ont dérobé passeports, argent et téléphones portables, selon le site d’info espagnol El Faro de Ceuta.

Laia Garcia Rodriguez, une espagnole bloquée au Maroc, a raconté au média que les voleurs ont été arrêtés à Malaga après avoir réussi à embarquer sur l’un des bateaux de rapatriement espagnol, de début juin.

Après avoir déposé leur plainte, la police marocaine a contacté les deux valenciens, la semaine dernière, afin de leur rendre leur passeport, précise la même source.

+ « Le consulat nous a ignoré » +

Dans une vidéo enregistrée avec un smartphone, les frères s’indignent de la situation pitoyable dans laquelle ils sont à Fnideq. Ils se sont rendus à pied, à trois reprises, de Fnideq à Tétouan, afin de demander de l’aide au consulat espagnol mais les responsables leur ont seulement fourni une copie de leur passeport, affirment-ils.

« Nos employeurs ne nous ont pas payé et en plus ils nous ont renvoyé du travail…Et malgré le coronavirus, nous nous sommes retrouvés à la rue sans le sou… Nous essayons de survivre en attendant que le consulat nous contacte et trouve une solution… », ajoutent-ils.

« Ils nous ont ignoré comme si nous y étions pas. Ils nous ont dit d’aller à Ceuta ou à Melilla, mais la frontière est fermée… Nous sommes également allés à l’ambassade, mais ils nous ont envoyé promener et nous ont demandé d’attendre. Ils nous ont mis sur les listes des bateaux de rapatriement, mais ça fait plus de 2 mois que nous sommes ici à vivre dans la rue, dans une cabane.

Des responsables de la mairie de Fnideq sont venus nous voir et nous ont seulement donné un sac de nourriture et nous ont demandé d’attendre. Ça fait beaucoup de temps que nous sommes dans cette situation, et nous connaissons des personnes qui sont rentrées en Espagne, et ont attendu au mieux une semaine, et nous, ça fait plus de 2 mois que nous sommes ici sans rien », s’indigne Victor dans la séquence vidéo.

+ Une famille marocaine leur vient en aide +

Lundi dernier, un habitant de Fnideq, a trouvé les deux frères entrain de mendier dans la rue, et décide de les accueillir chez lui.

« Mon père les a trouvés dans la rue et a vu qu’ils étaient espagnols », raconte sa fille Randa, une jeune marocaine résidente à Ceuta, et également coincée dans la maison de ses parents à Fnideq.

La famille de Randa, qui en plus de leur offrir un toit, leur a fourni également des vêtements et de la nourriture. « Parce qu’ils ont perdu leurs parents récemment et n’ont pas de parents qui peuvent les aider », explique-t-elle à Faro de Ceuta.

+ Soutien entre les espagnols bloqués au Maroc +

La jeune femme a publiée la vidéo sur les réseaux sociaux, afin de dénoncer le sort des espagnols au Maroc. Une initiative qui a permis de créer un groupe de soutien Facebook, dans lequel un des membres a envoyé 150 euros, pour que Victor et Jose trouvent un logement. Tandis que d’autres, leur ont envoyé de la nourriture et des habits.

« On essaie de leur venir en aide car le gouvernement (espagnol) ne fait rien », affirme Laia, une compatriote révoltée, également coincée au Royaume.

La jeune marocaine, Randa, a réussi finalement à leur trouver un appartement à Fnideq, qu’ils ont loué grâce à l’argent reçu par un de leurs compatriotes. Ils y logent actuellement depuis hier, en attendant d’être contactés par le consulat et rapatriés en Espagne « le plus rapidement possible », conclut la même source.

Article19.ma

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