Réaction. Le chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, a rejeté les critiques des groupes de l’opposition qui lui reprochent d’avoir cédé une grande partie de ses prérogatives à certains ministres du gouvernement pour la gestion de la crise de la pandémie du Covid-19.

Au nom du groupe du Parti authenticité et modernité (PAM) à la chambre des députés, Abdellatif Ouahbi, a reproché à El Othmani d’avoir cédé ses prérogatives au ministre de l’économie et des finances, Mohamed Benchaâboun, qui supervise le comité de veille économique (CVE) pour le suivi des répercussions de la pandémie du nouveau coronavirus et l’identification des mesures d’accompagnement.

« Le ministre des Finances préside le CVE, qui dispose de pouvoirs multiples et parfois étranges, alors que vous êtes censé le présider vous-même en tant qu’institution de chef du gouvernement qui tire sa légitimité de la constitution et non pas de délaisser le fardeau de la gestion de l’économie nationale et des dossiers sociaux, sans justification constitutionnelle, sachant que c’est vous qui déléguez les pouvoirs aux ministres », a affirmé, mercredi, Ouahbi, dont les propos ont été relayés par Hespress, à l’occasion du débat à la chambre des représentants sur « la gestion de l’état d’urgence sanitaire après le 20 mai ».

En réponse aux critiques adressées par le représentant du PAM et d’autres groupes parlementaires, El Othmani a souligné que le CVE comprend des ministres qui sont membres du gouvernement et qui travaillent sous la tutelle du chef du gouvernement avant d’ajouter: « C’est moi qui ai chargé le ministre Benchaâboun de diriger le CVE ».

+ Laissez-nous concentrés sur la lutte contre la pandémie +

El Othmani a soutenu qu’il n’y a pas de contradiction entre le travail mené par le gouvernement et celui du CVE, relevant que « la répartition des compétences dans ce contexte que vit le Maroc répond à la nécessité d’accélérer les procédures, il n’y a aucun problème dans les prérogatives gouvernementales ».

Il a également indiqué que c’était lui qui a permis au ministre de l’Éducation nationale d’annoncer les dates des examens devant le parlement. « Si un ministre annonce des dispositions, c’est comme si c’était moi ».

« Qu’est-ce que vous avez à faire de nos relations entre ministres, dites nous plutôt si ce que nous avons fait est bon, quant à nous, nous nous entendons, ne nous créez pas de problèmes alors qu’il n’y en a pas. Laissez-nous concentrés sur la lutte contre la pandémie », a martelé le chef du gouvernement.

Et de poursuivre: « Nous pouvons diverger dans certaines estimations, mais les ministres ont un mandat de ma part sur la base de décrets clairs et publiés… Dans les pays démocratiques, les ministres tombent en désaccord avec le chef du gouvernement et considèrent cela comme un exercice démocratique, serait-ce permis chez-eux et interdit chez-nous. »

En réponse à des parlementaires qui ont parlé de l’apparition d’une tension sociale du fait des exclus du soutien du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Covid-19, le chef du gouvernement a estimé qu’il s’agit de « propos alarmistes », relevant que « l’alarmisme et le nihilisme ne sont pas permis dans le contexte actuel » avant d’appeler les parlementaires à éviter de jour le rôle de ceux qui ravivent la tension sociale.

Article19.ma

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