Par Rachid Idrissi Kaitouni

Avec des explications confuses et mal argumentées, le discours le chef du gouvernement n’a réussi ni à apaiser nos angoisse face au covid-19, ni à éclipser les dissensions quasi permanentes que traversent son institution.

Sans qu’il soit besoin de revenir sur les conditions et circonstances de sa formation ni sur ses réajustements successifs; il est devenu désormais possible de trancher des questions paradoxales et complexes d’une pathologie que plus personne ne feint d’ignorer, tant et si bien qu’il n’a jamais cessé d’éprouver des difficultés, à expliciter ses certitudes,ses lacunes,ses doutes et l’espoir qu’il nourrissait.

Jusqu’au confinement ,ce gouvernement s’est fondue en exigences oubliant les besoins de larges couches populaires; ne se nourrissant,en définitive,que des initiatives Royales dont il reste en grande partie étranger.

Le chef du gouvernement donnait l’impression qu’il n’était pas au temps de l’action et des solutions. Il exprimait une profonde hésitation à franchir le périmètre de la puissance publique qu’il devrait incarner, en s’écartant du principe de la cohésion et la solidarité gouvernementales,ne laissant aux ministres,chacun dans son domaine de compétence ou à d’autres, aucune possibilité de nous dire où en sommes-nous face à cette épidémie meurtrière et si un déconfinement il y’aura qu’elle forme prendra t’il et dansquelles conditions.

La dichotomie ne souffre d’aucune ambiguïté : il y a des ministres de l’action et des ministres de la parlote…
Ceux qui sont sur tous les fronts pour stopper et venir à bout de cette épidémie et ceux qui attendent et qui espèrent…

Ceux dont l’agenda idéologique et partisan court derrière les échéances électorales et ceux que le compétence et l’expérience ont projeté au devant de la scène,sans bruits ni fracas.

Peut-être enviendra t-on un jour à opter, pour des militants compétents forgés à toutes épreuves et pourvus de sens politique aigu que de satisfaire les égos des copains et des coquins. A cela,les ambitions, à peine voilées, de certains membres de la coalision,pour les uns,par anticipation et pour d’autres, parce qu’ils se situent sur la dernière marche du podium gouvernemental; participent au cloisonnement de cette institution et empêchent le travail des autres.
Les majorités numériques ne font jamais plus qu’un printemps;nous en avons l’expérience depuis une dizaine d’années.

Dans ce tohu-bohu se propage à l’occasion de l’adoption de la loi 22/20 relatif aux réseaux sociaux, une forme très intense et contagieuse de « démagogie cognitif » notamment lorsque le “fuitage” des délibérations du conseil du gouvernement est distillé pour dénoncer de façon feutrée mais pernicieuse les mensonges, les tartufferies des uns et des autres.

Le problème n’est pas exclusivement institutionnel.

À considérer que ces comportements, certains moins vrais que d’autres, ne valent que pour cristalliser des ambitions personnelles !Allons-nous finir par gommer de nos esprits l’échec strident d’un gouvernement à la politique artificielle et arbitraire sans lien avec la réalité quotidienne ! Allons nous nous faire gober, que l’on peut-être au balcon et se voir passer dans la rue ! (cf défaut de perception chez Bergson); à l’instar de Lahcen Daoudi sorti manifester,dans la rue, contre un projet du gouvernement dont il siégeait lui même .

Pour une fois, grâce à cette mise en scène, tout ce qui fait carence nous rapproche du principe de Peter selon lequel, le gouvernement a atteint depuis longtemps son seuil d’incompétence.

Si l’opposition est dans son rôle,elle ne doit pas manquer de cohésion comme elle a souvent manque d’humilité .

Elle devrait s’écarter des jugements hâtives et parfois erronés pour permettre à certains pouvoirs publiques,jusqu’à présent,à la hauteur de la situation, de persévérer dans la lutte acharnée qu’ils livrent contre cette féroce épidémie .

La responsabilité du gouvernement,n’est peut-être pas entachée,lorsque certaines dispositions de ce texte ne dérogent en rien aux dispositions adoptées,sans branle bas de combats, par des législations similaires notamment en matière de lutte contre le terrorisme, la pédophilie…Par contre,il fait doute quant aux arguties contenues en ses articles 14,15 et 18.

Le temps viendra pour connaitre,si le gouvernement cherche à transformer l’état d’urgence sanitaire en un état d’urgence démocratique qui porterait atteinte à l’option démocratique, en tant que constante consacrée par la Constitution de notre pays ».( cf déclaration du BP du PPS).

Pour une fois, grâce à cette mise en scène peu ordinaire, l’opposition se doit de ne pas faire jeu égal avec ce que le PJD,en criant au complot colonial sur un des aspects de la loi cadre de l’enseignements ,a failli faire capoter un texte au seul motif de réintroduire l’enseignement de langues étrangères aux côtés de la langue arabe.

Il faudrait se garder, de ne pas céder,encore,à l’émotion par l’émergence de relations ambivalentes dont se dispenserait bien notre société à l’heure actuelle.

Les algorithmes à l’échelle du boycott que le Maroc a connu, il y a presque deux ans, ne sont pas de l’ordre d’individus ou d’associations malveillantes et vengeresses contre, des femmes et des hommes ou deproduits industriels et commerciaux ;ils sont l’apanage d’une science très élaborée et complexe pour être à la portée des communs des mortels !

Tout ce qui fait trous dans le tissu politique doit nous inquiéter. L’ambiguïté des discours politiques est trop apparente pour cacher le mensonge,la turpitude et la tartufferie d’éventuelles motivations contextuelles, subjectives et instrumentalisées.

La défiance à l’égard des institutions, est rendue possible par manque d’accessibilité au savoir, à information et la probité intellectuelle et matérielle. L’impression qui se dégage est que des politiques cohérentes doivent ouvrir la voie à la contractualisation de toutes les déviances et de tous les obscurantismes .

 

Rachid Idrissi Kaitouni

Article19.ma

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