Par Ahmed Assid

La déclaration du chef de l’exécutif marocain, M. El Otmani, selon laquelle son gouvernement n’a actuellement aucune vision claire de ce qui sera fait dans un proche avenir, mais qu’il y a une commission qui tente d’élaborer différents scénarios, a soulevé des interrogations et à l’origine de positions négatives parmi l’opinion publique nationale, alors qu’en réalité quiconque place sa déclaration dans son contexte politique marocain elle lui semblera tout à fait normal pour les trois raisons suivantes:

1) Les visions stratégiques des grandes politiques ne sont pas élaborées par le gouvernement, mais ce sont des directives générales qui sont décidées par les hautes sphères et les détails de leur mise en oeuvre sont ensuite définis par le gouvernement. Les propos du chef du gouvernement signifient ainsi dans le langage politique marocain: « Nous attendons des ‘signaux’ pour savoir quelle direction nous prendrons ». À cet égard, nous devons nous rappeler que toutes les grandes mesures décidées dans l’état d’urgence actuel n’ont pas été le fait de la politique gouvernementale.

2) Que les décideurs au Maroc ne travaillent pas souvent avec des stratégies à long terme, mais préfèrent les tactiques circonstancielles car ils peuvent changer leurs politiques de 180 degrés et renoncer à leurs choix en fonction des nouvelles circonstances. C’est ce qui explique le fait que le Maroc a échoué d’honorer ses nombreuses obligations et d’avancer sur la voie du développement et du changement à un rythme soutenu.

3) Que les Etats qui planifient à long terme sont ceux qui ont bâti avant tout leur modèle démocratique et fait leurs choix majeurs et de principes irréversibles, tandis que le Maroc reste hésitant dans ces choix, ce qui explique la peur permanente des démocrates de voir des reculs et des régressions, et explique aussi la faible confiance dans les institutions.

L’exemple de cette hésitation susmentionnée est la formulation des dispositions de la constitution en des termes ambigus et empruntes de généralité et de contradiction, pour que le pouvoir dispose d’issues lorsqu’il faut se soustraire à ses obligations ou ne pas mettre en oeuvre le contenu de la constitution, c’est ce que nous avons vécu et vivons depuis 2011.

Article19.ma

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