Par Ahmed Assid

Le débat que certains sites et réseaux sociaux ont connu sur les droits de l’homme, à l’occasion de l’annonce par les autorités de l’urgence sanitaire, s’est accompagné d’un sentiment unanime du besoin de « la puissance de l’État » et de sa « rigueur » dans la mise en œuvre de sa décision de faire respecter le confinement par tous. C’est-à-dire la force de contrôle qui permet de créer l’espace public requis dans un certain contexte spécifique pour le bien de tous.

A ce propos, un différend est apparu entre des citoyens et des défenseurs des droits de l’homme, qui a fait croire à certains que les droits de l’homme sont une question qui a été reportée et qui ne devrait pas être soulevée dans ce contexte. C’est une faute grave, car les droits de l’homme ne sont pas des droits circonstanciels, mais inhérents à l’être humain quelles que soient les conditions et les circonstances de sa vie quotidienne. Il n’y a pas de moments exceptionnels durant lesquels l’homme devient moins humain et ne mérite pas ses droits, sauf lors des moments de perte de la dignité.

La raison du débat sur le problème de droits de l’homme dans ce contexte précis est peut-être due au comportement de certains agents d’autorité qui ont été forcés de recourir à la violence pour obliger certains citoyens à respecter la décision de l’État, car il semble que certains ont annoncé leur désobéissance à la décision de confinement, et s’est ainsi révélé le faible taux de conscience des citoyens et de pensée rationnelle et réaliste chez beaucoup de gens.

Par conséquent, il est nécessaire d’apporter les précision suivantes:

La mise en quarantaine sanitaire annoncée par l’État n’est ni une atteinte aux droits de l’homme ni une agression à l’encontre de la société, mais plutôt une décision au profit de tous, car il n’y a aucune solution en l’absence d’un vaccin efficace sauf cette quarantaine, et cela relève de ce qu’on appelle « La raison d’État » qui lui donne le droit d’utiliser la force légitime pour l’intérêt de la société.

L’engagement des citoyens envers la décision de l’État est une renonciation sage et volontaire à leur liberté de circulation, mais ce n’est pas une renonciation définitive.

Elle est limitée à la persistance de la situation problématique, et l’État devrait entreprendre des campagnes de sensibilisation intensives dans ce sens. Car, c’est une erreur que de demander aux gens de rester chez eux sans leur expliquer que cette mesure ne porte pas atteinte à leur droit fondamental de mouvement et qu’il s’agit d’une mesure temporaire imposée par la force majeure, et sans leur offrir les conditions d’une vie digne, notamment pour les familles nécessiteuses.

D’autre part, l’autorité doit traiter les citoyens « désobéissants » avec la logique de la loi, qui est l’arrestation et le procès conformément au texte approuvé par le Parlement. Mais il n’est pas du droit des agents de la sûreté de dépasser ces limites, car les coups, les abus et la violence injustifiée constituent une violation de la loi et des droits des citoyens fautifs à l’encontre desquels la loi prévoit des peines de prison et des amendes dans le cadre des procédures en vigueur et non pas leur humiliation et leur maltraitance.

Je n’ai rien trouvé à ce propos de plus pertinent ou de plus clair que le discours que Mme Merkel (Chancelière d’Allemagne) a adressé au peuple allemand dans les termes éloquents suivants:

« Je sais à quel point les mesures de confinement décidées par les gouvernement sont difficiles pour nos vies et notre image démocratique. Ce sont des restrictions que nous n’avons jamais vues auparavant en Allemagne. Permettez-moi de vous assurer que pour quelqu’un comme moi, qui s’est battu pour obtenir les droits et la liberté de circulation et de voyage, que je n’accepterais pas ces restrictions si ce n’était à cause de leur importance et de leur plus grande nécessité. Il n’est pas possible d’imposer de telles restrictions aussi facilement dans un pays démocratique.

Ces restrictions ne seront adoptées que temporairement, mais on ne peut pas s’en passer maintenant pour sauver des vies. Nous sommes un pays démocratique qui ne vit pas par la contrainte, mais par la connaissance et la participation. Ceci est une mission historique qui ne peut être accomplie qu’ensemble. Nous pouvons accepter les restrictions actuelles et la solidarité les uns avec les autres.

Cette situation est sérieuse et ouverte, ce qui signifie que nous compterons principalement sur la façon avec laquelle chaque personne s’engagera à suivre les consignes et à les appliquer. Nous devons prouver que nous agissons avec amour et raison afin de sauver des vies. »

Article19.ma

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