Depuis le déclenchement du Hirak populaire en Algérie, il y a plus d’un an, les voix des citoyens algériens se sont levées exhortant le palais de la Mouradia à mettre fin à son hostilité envers le Royaume du Maroc et à l’ouverture des frontières entre les deux pays voisins.

La dynamique de la rue algérienne a poussé des partis politiques à appeler au dépassement des divergences entre l’Algérie et le Maroc en vue de relancer l’union régionale maghrébine, de renforcer la coopération bilatérale après l’appel du souverain marocain à mettre en place un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation pour dépasser les différends.

Les espoirs étaient grands de voir changer l’élite politique, qui a gouverné l’Algérie pendant des décennies, d’autant plus que la rue algérienne est passée du slogan « Dégage » à celui de « le peuple veut », c’est-à-dire que la seule option que le peuple voudrait est le départ des Généraux de l’armée et leur alignement sur les positions de la rue qui aspire à la liberté.

Une année s’est écoulée depuis le début des protestations populaires pour voir se poser de nouveau la question de son impact sur les relations bilatérales avec le Royaume, sauf que le « fossé profond » entre les deux pays semble persister encore et même se creuser encore davantage, notamment après les déclarations répétées du président algérien dans lesquelles il s’en est pris à Rabat.

+ Il n’y a pas eu de changement dans le système Algérien +

Dans une déclaration au site arabophone Hespress.com, Driss Lagrini, président de l’Organisation de l’action maghrébine (OAM), a indiqué que « le Hirak visait un changement de système et de mode de gouvernance plutôt qu’un changement de personnes, en ce sens que des slogans et des appels à un réel changement ont été levés en Algérie » aussi bien en ce qui concerne la politique intérieure qu’extérieure.

Il a ajouté qu’à ce jour « il n’y a pas eu de changement dans le système ou la nature de l’élite et de l’autorité dirigeante » en Algérie, relevant que le même appareil, qui détient le pouvoir de décision politique interne et externe, est toujours en place. Et de souligner: « c’est naturel que se poursuive encore le même discours sur les relations avec le Maroc, surtout concernant la question du Sahara marocain ».

Le directeur du Centre des études internationales sur la gestion des crises a expliqué que « le décideur politique algérien s’est habitué à utiliser ce dossier dans le cadre de ce que l’on pourrait appeler la gestion de la crise », soulignant que « l’acteur politique algérien a tendance à recourir à la fabrication de fausses crises extérieures », notamment avec le Maroc pour couvrir ses vraies priorités.

« L’ancienne méthode est à ce jour utilisée. C’est ce que l’on relève dans les sorties successives du président algérien et de certains responsables sur les questions de l’intégrité territoriale du Maroc et de l’ouverture des frontières », a affirmé l’enseignant-chercheur spécialisé en relations internationales, indiquant qu’il y a une prise de conscience au sein du Hirak algérien de la nécessité d’édifier l’Union du Maghreb et de renforcer les liens avec le Maroc.

Lagrini a, enfin, souligné qu’en Algérie « sont apparues des élites, qui reflètent les positions de la société civile, des intellectuels et des politiciens et qui appellent en premier lieu au renforcement des relations maroco-algériennes et à la réduction des coûts politiques, diplomatiques, financiers et militaires généré par le soutien algérien illimité au Polisario », estimant que si ces élites parviennent au pouvoir en Algérie elles apporteront des changements dans le sens d’un renforcement des relations bilatérales.

In fine, le statu quo ante jusqu’à nouvel ordre…

Article19.ma

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