Par Ali Bouzerda


Un jour, un vieux érudit enseigna à son petit-fils une sagesse en ces termes : « Il y a un grand combat quotidien à l’intérieur de nous tous. C’est un combat entre deux loups, l’un est méchant avec son ego, son envie, sa colère, sa culpabilité et sa tristesse. Par contre, l’autre est sage, plein d’amour, de générosité, de patience, de courage et d’espoir ».

Et en toute innocence, le petit-fils lui posa la question suivante : lequel des deux loups sortira indemne de ce combat?

« Réfléchis bien… », lui répondit le vieux.

Cette métaphore rappelle en quelque sorte une situation Kafkaïenne qui dure depuis plus d’un quart de siècle entre deux pays frères à cause de l’entêtement et la méchanceté gratuite de certains dirigeants algériens dont les pendules se sont arrêtées à l’époque de la guerre froide.

La nième gaffe en date de l’un de ces dirigeants remonte au jeudi 20 février 2020, qui coïncida avec le 31ème anniversaire de la création de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) à Marrakech.

En fait, il s’agit d’un entretien exclusif du Figaro accordé par le nouveau chef de l’État algérien, Abdelmajid Tebboune. Sans sourciller, M. Tebboune accuse ce qu’il a décrit comme un « lobby » en France qui serait derrière « le rhume chronique » dans les relations franco-algériennes.

Selon le site observalgerie.com, le chef de l’Etat algérien a profité de l’occasion « pour lancer une pique au Maroc qu’il accuse de mettre des bâtons dans les roues entre les deux pays (France – Algérie).

M. Tebboune affirme qu’il y a « un autre lobby, dont toute la politique repose sur l’endiguement de l’Algérie, et qui est présent en France. C’est un lobby, aux accointances économiques et sociales, qui a peur de l’Algérie ».

Bien évidemment, le responsable algérien reste vague et ne fournit d’éléments concrets à part de la propagande pour la consommation domestique dont il a grand besoin pour consolider son pouvoir.

Par contre, il a eu un trou de mémoire concernant les tentatives du Maroc visant à relancer le dialogue pour une normalisation des relations bilatérales, l’ouverture des frontières terrestres et enfin de tourner la page du passé, notamment des décennies de Bouteflika & Co.

Tout le monde espérait qu’avec la chute de Boutef et son clan, ceux qui allaient prendre la relève ne commettraient pas les mêmes erreurs ni insulteraient l’avenir. Eh bien, non, malheureusement!

C’est vraiment curieux, chez nos voisins de l’Est, dans « le package » du tout nouveau locataire du palais de la Mouradia, sa gestion des affaires de l’État et des relations internationales, il y a une condition incontournable : « Afficher publiquement son inimitié » vis-à-vis du Royaume du Maroc.

Pourquoi? Allez-y comprendre quelque chose. D’ailleurs, avant même son élection, M. Tebboune a fait une sortie médiatique sur la chaîne al-Bilad TV où il a annoncé déjà la couleur.

Selon lui, la réouverture des frontières terrestres entre les deux pays serait conditionné par des « excuses officielles » de la part du Maroc. En 1994, il y a eu mort d’hommes lors d’un attentat terroriste à Marrakech où des jeunes français d’origine algérienne étaient impliqués. Depuis, les officiels algériens anti-normalisation ne parlent que des touristes algériens qu’on a prié de quitter illico presto le territoire marocain et dont l’ego a été apparemment « malmené », suite à cet incident sanglant…

En fait, une chose qu’on oublie souvent à Alger: la partie qui doit présenter des  » excuses publiques  » est l’Algérie de Boumedienne qui a expulsé des dizaines de milliers de Marocains, s’est appropriée leurs biens et bouleversée leurs vies. Un fait avéré, documenté et médiatisé, contrairement aux allégations concernant les quelques touristes algériens mécontents d’avoir été obligé d’interrompre leurs vacances au Maroc.

Et pour résumer, il faut reconnaître que certains décideurs algériens, civils et militaires, traînent encore avec eux le syndrome de « la victimisation », et ce, depuis la guerre des sables en 1963. « Hagrouna » (ils nous ont humiliés) disent-ils, alors qu’en vérité c’étaient les troupes algériennes qui avaient envahi les terres marocaines à Hassi Beïda. Derrière cette agression il y avait un calcul politique déstabilisateur, mais quant au Maroc, il n’a fait que défendre sa souveraineté territoriale. À Alger, depuis cette date, la vieille garde n’a toujours pas oublié y compris M. Tebboune.

Et lors de cet entretien – – lu et relu avant publication sans nul doute – – avec Le Figaro, M. Tebboune n’a pas caché sa frustration.

« Même quand l’Algérie intervient pour proposer des règlements pacifiques à des crises, ce lobby tente de s’immiscer sous prétexte qu’il est également concerné », dit-il.

Pas besoin de boule de cristal pour comprendre qu’il s’agit du dossier libyen avec une allusion aux rencontres de Skhirat où le Maroc et l’ONU ont fait un excellent travail de médiation avant l’intervention de certaines puissances étrangères… M. Tebboune qui est tout, sauf un fin médiateur, serait-il jaloux ou envieux ou les deux à la fois?

Abordant les questions économiques, là où le bât blesse, le président algérien était vraiment fâché parce que l’usine Renault à Tanger marche très bien contrairement à celle construite en Algérie.

« Nous allons par exemple arrêter l’importation de kits automobiles. L’usine Renault qui est ici n’a rien à voir avec celle qui est installée au Maroc. Comment créer des emplois alors qu’il n’y a aucune intégration, aucune sous-traitance ? », annonce-t-il.

La faute à qui M. Tebboune?

Bref, soyons positifs et non comme le grand chef de nos voisins de l’Est qui a oublié de parler lors de cette interview, même en deux mots, de l’UMA, des rêves d’unité et de prospérité qu’elle avait suscité chez toute une génération.
Au passage, rappelant à certains amnésiques qu’à cette époque l’Algérie était dirigée par un sage et un vrai maghrébin : le président Chadli Bendjedid.

Article19.ma

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