La honte. Les militants marocains de défense des droits de l’homme n’en reviennent pas après qu’un pédophile koweïtien, accusé d’avoir violé une mineure de 14 ans à Marrakech, ait pu quitter le Maroc et échapper à la justice après une intervention de l’ambassade de son pays, qui a assuré son transfert au Koweït, laissant derrière lui la victime dans un état psychologique grave.

Les faits remontent au 5 décembre dernier lorsque l’accusé, A.S., 24 ans, a violé une fillette dont il avait fait connaissance via l’application Snapchat, selon le récit de la victime fait à la police judiciaire.

Pour sa part, a rapporté Hespress, l’accusé a avoué aux enquêteurs qu’il avait conduit l’enfant, J.A.C., à un appartement de la rue Nakheel où il l’a violée.

Selon la victime, le mis en cause l’avait cachée dans la malle de la voiture pour éviter les regards des agents de sécurité privés avant de la faire entrer dans son appartement et la violer sauvagement malgré ses supplications.

« J’ai rencontré Abderrahman Samran via l’application Snapchat, je l’ai rencontré une fois et il m’a emmenée avec lui à sa résidence se trouvant rue Al Nakheel, et là, il a commencé à faire des attouchements sexuels, avant de m’agresser et de me violer », a raconté la fillette.

Le 29 janvier, le mis en cause a bénéficié de la libération provisoire, sans être soumis à aucun contrôle judiciaire et sans le retrait de son passeport et ce contre le paiement d’une caution de 3 millions de centimes, ce qui l’aidera plus tard à fuir du Maroc et à échapper à la justice.

+ L’État marocain a la responsabilité de protéger ses fils et ses filles +

L’accusé, qui était poursuivi pour détournement de mineure et de viol, a pu quitter le Maroc quelques heures seulement après avoir bénéficié de la libération provisoire par le tribunal lors de l’audience du 28 janvier dernier, malgré les garanties écrites fournies par l’ambassade de l’État du Koweït à la justice marocaine.

Malgré l’abandon des poursuites par la victime, la militante marocaine des droits de l’homme, Fatima Maghnaoui, a déclaré à Hespress, que « l’État a la responsabilité de protéger ses fils et ses filles contre toutes les formes de violence, et de fournir tous les soins de santé et le soutien psychologique requis, et de poursuivre en justice les mis en cause ».

Cette affaire soulève plusieurs questions, selon Mme Maghraoui, notamment le fait que « l’accusé n’a pas nié avoir violé une mineure, alors pourquoi a-t-il pu bénéficier de la libération provisoire et que son passeport ne lui a pas été retiré? Et pourquoi les autorités marocaines ont fait preuve d’une telle imprudence pour qu’il puisse s’échapper hors du Maroc? ».

« Ce qui est grave c’est qu’il s’agit d’une normalisation de cette réalité, la réalité de porter atteinte à l’esprit et au corps des mineures plutôt que de protéger leurs droits à jouir d’une vie digne. Plus grave encore est le fait que le viol des fillettes se transforme en violation de la vie privée des victimes et de faciliter la tâche aux violeurs pour échapper à la justice ».

Pour sa part, la section de l’Union de l’action féminine à Marrakech a fermement condamné le « comportement maladif et irresponsable de ce ressortissant koweïtien pour les dommages psychologiques et physiques qu’il a causés à cette fille mineure », appelant à la révision de la loi en « incriminant le viol et en mettant en place des mesures de protection et de prise en charge des victimes du viol et des agressions sexuelles ».

Article19.ma

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