Le décor a été planté les 7, 8 et 9 février à El Jadida en présence de 3500 congressistes. Trois journées houleuses pour désigner le secrétaire général, Abdellatif Ouahbi, la présidente du Conseil national, Fatima Zahra Mansouri et les 500 membres de ce Conseil, considéré comme le parlement du Parti Authenticité et Modernité (PAM).

En bref, malgré des tentatives de déstabilisation des 4ème assises du parti, Abdellatif Ouahbi a réussi à mener le bateau à bon port sans trop de casse. Par ailleurs, il a tenu le pari de tourner, une fois pour toute, la page du secrétaire général sortant, Hakim Benchamach et de sa gestion jugée « catastrophique » du PAM.

Tout ça fait partie dorénavant du passé. Maintenant les militants du PAM commencent à scruter l’horizon en aspirant à un avenir meilleur et rêvant d’une démocratie interne qui permettra à chacun d’évoluer et de se faire une place au soleil sans passe-droits ni clientélisme.

Lors de ses précédentes sorties médiatiques, Ouahbi a fait de nombreuses promesses, notamment « la rupture » avec les méthodes du passé de certains de ses prédécesseurs qui ont concentré le pouvoir entre leurs mains et marginalisé leurs opposants.

En fait, la tâche est difficile à plusieurs niveaux. Sur le plan interne, il est urgent de rétablir la confiance et de démocratiser le débat afin de redémarrer le tracteur après des mois et des mois de paralysie due principalement à des disputes et malentendus.

Sur le plan externe, il faut tenter de récupérer le temps perdu notamment sur le plan régional où le PJD et le RNI ont déjà pris une longueur d’avance et semé leurs graines en attendant les récoltes lors de l’automne 2021.

Et dans cet ordre d’idées, Ouahbi et ses camarades doivent dépasser rapidement leurs « divergences » et « problèmes d’ego » et de s’inscrire dans la dynamique en cours de la Commission du modèle de développement de M. Benmoussa car la mise en œuvre sur le terrain de ses recommandations concernera en premier lieu les partis politiques y compris le PAM.

A noter, quoi qu’on en dise, Ouahbi défend un discours fédérateur contrairement à ses détracteurs. Il ne cache pas sa volonté d’aller de l’avant pour repositionner le PAM sur l’échiquier politique, abstraction faite de la rhétorique « pro-Makhzen » ou « loin du Makhzen ».

En 2020, le PAM n’est plus face à un leader islamiste vindicatif comme Benkirane qui l’accusait de tous les maux de la terre, en recourant à la métaphore des « crocodiles » et « aafarites » (démons) pour le décrédibiliser aux yeux des électeurs.

« Le PAM est un parti politique comme tous les autres partis sur la scène nationale… il demeure ouvert au dialogue avec tous y compris le PJD », ne cesse de répéter Ouahbi.

Une chose est sûre, Ouahbi reste confiant et semble même trop optimiste en tablant sur pas moins de 120 sièges lors des prochaines législatives au lieu d’une centaine actuellement.

La question qui se pose à priori, Ouahbi réussira-t-il cette fois-ci le pari de rassembler tous les PAMistes autour d’un projet commun afin de relever le défi ?

Pour rappel, dans le message royal à Ouahbi, suite à son élection dimanche à la tête du PAM, le Souverain a souligné l’importance de « consentir tous les efforts nécessaires en vue de renforcer la présence responsable du PAM sur la scène partisane et de consolider sa contribution, à l’instar des autres partis nationaux sérieux et des forces vives de la nation », afin de participer activement à relever les défis de la nouvelle étape dont le Maroc s’apprête à y entrer avec détermination, et ce, sur la base des principes de responsabilité, tout en veillant à maintenir la primauté des intérêts suprêmes du pays et des citoyens ».

Le message est on ne peut plus clair.

Article19.ma

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