Après les menaces du Maroc de rompre l’accord de libre échange avec la Turquie à cause des menaces qu’il représente pour l’économie nationale, Ankara a accepté de revoir les dispositions dudit accord selon les conditions du Maroc.

Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy a révélé, lundi, lors de la séance de questions orales à la Chambre des représentants, qu’il a reçu, il y a deux jours après après la fin des négociations, une réponse des autorités turques, qui lui ont assuré qu’elles acceptent de revoir les termes de l’accord conformément aux critères fixés par Maroc.

« La partie turque avait demandé un nouveau délai supplémentaire jusqu’au 6 février, et nous avons reçu, il y a deux jours, une réponse de leur part faisant part de leur acceptation de réexaminer l’accord comme souhaité par le Maroc », a affirmé le ministre, dont les propos ont été relayés par le site arabophone Hespress.com.

Il a ajouté que que « dans les prochains jours, un nouvel accord gagnant-gagnant sera signé entre les deux pays, car notre préoccupation, avant tout, est l’intérêt de notre pays, le Maroc ».

Alors que la plupart des parlementaires ont défendu la nécessité de revoir l’accord commercial controversé, le groupe du Parti justice et développement (PJD) s’est montré offusqué par la rigueur dont a fait preuve Elalamy face à la partie turque, ce qui a importuné le ministre RNIste.

+ Le Maroc a subi de lourdes pertes en termes de postes d’emploi en raison de l’invasion du textile turc +

Idriss Azami El Idrissi du PJD a souligné que le Maroc est perdant dans tous les accords de libre-échange et non seulement avec la Turquie, estimant que les pertes subies par l’économie nationale dans l’industrie textile sont dues à l’échec de ce secteur.

En réponse à ce dernier, le ministre a relevé que la Turquie préfère l’Algérie au Maroc pour ses investissements, notant que « les investissements de la Turquie dans notre pays sont inférieurs à 1%, tandis que chez le voisin algérien, ils atteignent 5,4 milliards de dollars ».

Il a ajouté que le déficit commercial avec la Turquie a atteint annuellement 18 milliards de dirhams, rejetant l’idée selon le secteur textile marocain ne serait pas structuré.

Le Maroc a subi de lourdes pertes en termes de postes d’emploi en raison de l’invasion du textile turc, selon le ministre qui a fait savoir qu’environ 19.000 postes ont été perdus en 2014, environ 24.000 en 2015, environ 35.000 en 2016, et environ 44.000 en 2017.

« Nous, nous défendons notre pays. Les problèmes avec les Turcs se sont accentués et le déficit de notre pays est très élevé. C’est pourquoi nous sommes intervenus, si non nous aurons un gros problème », a dit Elalamy avant d’ajouter : « voulez-vous que nous assistons en spectateur alors que les Marocains sont licenciés et notre économie est détruite ».

Le Maroc avait demandé à la Turquie la nécessité de réduire les déficits causés à l’économie marocaine en développant un échange commercial bilatéral plus équilibré, en encourageant les investissements turcs au Maroc dans les industries productives et les exportations marocaines vers la Turquie.

Article19.ma

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