Par Ali Bouzerda

Après la réconciliation, en décembre 2019, entre Hakim Benchamach, le secrétaire général du PAM et son adversaire au sein du parti, Me Abdellatif Ouahbi, nombreux militants avaient poussé un « ouf » de soulagement car ils pensaient que la hache de guerre a été enfin enterrée.

Erreur, cela n’a duré que le temps de l’éclosion des fleurs des amandiers. D’ailleurs, ceux qui connaissent l’ancien lieutenant d’Ilyas El Omari – – descendus tous les deux droit des montagnes du Rif vers la plaine à la recherche de la gloire et du pouvoir – – sont catégoriques: Benchamach ne passera pas l’éponge. Et tant qu’il est au volant du Tracteur,il n’y aura pas de paix avec Ouahbi et les Refuzniks au sein du PAM… advienne que pourra.

Et pourquoi ?

Au cœur de cette « guerre des mots », car il y a bel et bien une, et ce, depuis quelques jours déjà qui descend en flammes « le trublion » de Ouahbi.

Et pour cause, ce dernier n’a jamais caché son souhait légitime de devenir le patron du PAM après le départ de Benchamach. D’ailleurs, en juin 2018, Benchamach n’aurait jamais pu accéder au secrétariat général du PAM sans l’aide de Ouahbi. Benchamach avait besoin de « 400 voix » pour passer haut la main face au « Niet » d’Ilyas El Omari qui n’a pas accepté d’être débarqué pour être remplacé par son lieutenant qui lui doit « une fière chandelle ». Un secret de Polichinelle…

Les temps ont changé mais pas les hommes. Et au lieu de passer le témoin de manière démocratique, Benchamach fait une sortie médiatique, texte à l’appui, pour dénoncer Ouahbi et ses déclarations à la presse sur « l’Islam politique » et « les relations avec Benkirane »… en ajoutant bien évidemment du piment à sa sauce littéraire qu’il a mijoté pendant 5 jours et que personne ne comprend d’ailleurs.

En fait, tout est dans le non-dit, et le non-dit dans ce cas de figure se résume en ces termes simples : « Ouahbi ne doit en aucun cas accéder à la présidence du PAM » car il serait « atypique » et « électron libre » aux yeux du « Mouaalim » (enseignant de village).

Benchamach se comporte comme l’un de nos nouveaux ministres qui en quittant la faculté pour s’occuper de la chose politique ont gardé « un réflexe accentué d’autorité » dont ils n’arrivent pas à se débarrasser. Ils confondent collègues et étudiants et refusent d’écouter les conseillers pensant dur comme fer qu’ils détiennent la science infuse et que personne ne doit les contredire, sinon c’est l’épée de Damoclès.

Dans cet ordre d’idées, n’est-ce pas Benchamach qui a envoyé quatre journalistes devant le tribunal pour une information véridique par dessus tout. La justice a eu la main lourde, il doit en être probablement « très fier » pour son ego et pour l’image du PAM.

A-t-il écouté quelqu’un avant de poursuivre les jeunes reporters ? Et a-t-il écouté quelqu’un quand il a commencé en 2019 à virer les protestataires au sein du PAM? S’est-il excusé de la paralysie des instances du parti et de la nouvelle image du parti sur la scène nationale, première force d’opposition « يا حسرة »?

In fine, ne reste-t-il à Benchamach que d’ériger l’autodafé de l’Inquisition après avoir montré du doigt son adversaire de toujours?

A rappeler, qu’on l’aime ou pas, l’avocat Ouahbi est tout d’abord un homme de dialogue, un orateur pertinent, un politicien aguerri et un défenseur compétent et loyal des valeurs sacrées de la Nation. C’est la véritable « dynamo » du PAM en ce moment, et il n’y en a pas « deux » malheureusement pour les corbeaux.

L’ironie de l’histoire, c’est qu’au lieu de jouer le rôle de fédérateur afin de restructurer le PAM et de sauvegarder ce qui reste à protéger dans les zones d’influence d’autrefois, notre « sage rifain » est confus et du coup préfère « descendre » ses frères pour garder la mainmise sur le Tracteur, au moment où le RNI et le PJD ratissent large y compris sur les territoires du PAM et préparent tranquillement leur troupes aux échéances 2021.

Est-ce un manque de clairvoyance ou plutôt une malédiction?

Article19.ma

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