Quand l’avocat parle, il ne fait pas dans la dentelle. Et c’est le cas de Me Abdellatif Ouahbi, candidat à la succession de Hakim Benchamach à la tête du Parti authenticité et modernité (PAM) et qui fera face en février à son adversaire le vétéran, politicien et médecin, Mohamed Cheikh Biadillah.

Me Ouahbi qui s’exprimait avec élégance, a affirmé qu’il n’avait « pas de problèmes » avec l’ancien manitou du PAM, Ilyas El Omari et que ce dernier peut participer aux élections du 7 février 2020 « comme n’importe quel militant au sein du PAM ».

Me Ouahbi, qui a donné, jeudi une conférence de presse au siège du PAM à Rabat, a insisté sur le fait que le « Maroc a besoin d’un parti moderniste et démocrate » qui diffère des formations politiques conservatrices.

« Le PAM reviendra de loin, d’un parti d’État et des instructions à un parti né d’une idée noble, celle de la démocratie et de l’intégration du Royaume dans le XXIème siècle ».

+ Les partis islamistes au Maroc : des épouvantails +

En ce qui concerne l’Islam politique au Maroc, Me Ouahbi considère que « les formations islamistes ne sont que des épouvantails pour faire peur aux gens ». Dans cet ordre d’idées, il a attiré l’attention de son auditoire sur le fait que l’institution de la Commanderie des croyants et le ministère des Habous et affaires islamiques relèvent de l’Islam politique ».

« Je ne vois pas d’un mauvais œil les formations islamistes car tous les partis islamistes (au Maroc) se réfèrent à l’Islam dans leur littérature. La différence sera inquiétante si ces partis ne respectaient pas les valeurs fondamentales de la Monarchie ».

Abordant le délicat sujet des libertés et leur dégradation au Maroc ces derniers temps, Me Ouahbi a réitéré son appel à une grâce royale pour tous les détenus de Hirak du Rif, soutenant: « Lorsque je serai secrétaire général (du PAM) je demanderai à Sa Majesté le Roi de gracier ces détenus. »

Concernant les relations du PAM avec les autres forces politiques, il a appelé le Rassemblement national des indépendants (RNI) à prendre ses distances avec le PAM.

« Nous avons demandé au RNI de nous laisser tranquille dans le cadre d’un respect mutuel… Le parti avec lequel nous avions des difficultés, c’était le Parti justice et développement (PJD), mais il nous a laissé tranquille », a bien expliqué Me Ouahbi.

Dans une déclaration à Article19.ma, il a tenu à noter qu’il « n’y avait pas de lignes rouges quant à une probable alliance avec le PJD à l’avenir »

Il aspire à ce que le PAM soit « un parti ordinaire qui respecte toutes les formations et cherche à se positionner parmi les premiers », excluant du coup « l’étiquette makhzanienne » que certains veulent lui faire coller.

A noter, les mauvaises langues disent que Biadillah et l’actuel chef du Tracteur, Hakim Benchamach, ont brillé par leur absence lors de cette conférence.

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.