Un éclairage qui n’engage que son auteur. Aujourd’hui seulement, nous avons compris pourquoi le Parti justice et développement (PJD) est très attaché à occuper le poste du ministère chargé des relations avec le parlement.

Dans tous les pourparlers pour la formation des gouvernements, depuis l’adoption de la constitution de 2011 jusqu’à maintenant, il a tenu à ce ministère. Nous avons vu cela avec Choubani en janvier 2012, avec El Omari en mai 2015, avec El Khalfi en avril 2017,et avec Ramid en octobre 2019.

Le PJD s’accapare ce ministère non pas pour améliorer les textes législatifs ou veiller à l’adoption de textes au profit de l’intérêt général du peuple marocain, non. Mais pour freiner les textes qui ne répondent pas à ses propres intérêts. Quand il y a une proposition de la chambre des représentants bénéfique au peuple marocain, il la freine et quand il y a un texte qui répond aux objectifs du parti il le laisse passer.

Si nous faisons le bilan depuis la constitution de 2011, nous découvrons que des tonnes de textes de loi ont été gelés et stockés à la chambre des députés. Rien que lors de cette présente législature, 168 lois ont été adoptées dont seulement 8 propositions émanent de la chambre des représentants et tous les autres ont été proposées par le gouvernement. C’est le monde à l’envers, on ne sait plus qui légifère, est-ce le parlement qui légifère ou bien le gouvernement qui légifère et exécute ? Car ces 8 propositions qui émanent de la chambre des représentants, elles ne représentent que 4,7% du total.

C’est à dire si on divise ces 8 propositions sur 3 ans nous obtenons 2,6% par an. C’est à dire encore que chaque proposition adoptée par la chambre des représentants nous coûte, en tant que marocains, environ 29 milliards de centimes, sachant que le budget des deux chambres s’élève à environ 80 milliards de centimes.

+ Cette manoeuvre par le biais du ministère chargé des relations avec le parlement ne date pas d’aujourd’hui +

La liste de ces textes de loi est longue. Il y a environ 104 textes de loi émanant de la chambre des représentants mais que gèle le gouvernement qui ne voudrait pas les faire passer car elles ne servent pas les intérêts des frérots et du PJD.

Et dans le même ordre d’idées, « on peut donner des exemples », affirme Ariri qui occupe le poste de Directeur du journal casablancais « Al Watan ».

Et d’ajouter : « Il y a la loi sur l’ajout d’une heure dont le peuple marocain demande la suppression et que le gouvernement refuse de faire passer. Il y a la loi sur le cumul des salaires, c’est à dire comment vous, comme élu, vous bénéficier d’une indemnité en tant qu’élu local, puis comme élu régional et encore comme parlementaire? Il y a une loi gelée au parlement qui l’interdit mais le gouvernement ne veut pas le faire passer car il n’est pas dans leur intérêt. Car, la majorité des élus locaux appartiennent au PJD, la majorité des parlementaires appartiennent au PJD ainsi que la majorité des élus dans les régions et le gouvernement est dominé par le PJD. Donc cette loi n’est pas dans l’intérêt et la rente dont bénéficie le PJD. »

Il y a une autre loi, celle portant sur le congé maternité. Nous savons qu’il s’agit d’une revendication des syndicats et des femmes salariées pour faire passer la durée de ce congé de 14 à 16 semaines. Le gouvernement ne veut pas cette loi parce qu’elle ne sert pas son intérêt car les PJDistes n’ont pas une présence syndicale.

Il y a des lois sur l’anarchie des salles de fêtes, des ambulances, des terrains appartenant à l’état qui, au lieu des les placer sous la tutelle d’une agence, sont laissés dans l’anarchie par le gouvernement pour pouvoir faire ce qui lui plaît, la liste est encore longue et quiconque pourrait découvrir la liste de ces lois gelées sur le site de la chambre des représentants.

+ Depuis 2011, il n’a jamais été appliqué… +

Cette manoeuvre par le biais du ministère chargé des relations avec le parlement ne date pas d’aujourd’hui mais il s’agit d’une pratique enracinée dans les gènes du PJD. Il ne faut pas oublier ce que faisait Benkirane quand il était chef du gouvernement, il méprisait l’institution législative.

Au lieu de chercher à relever le niveau législatif il ternissait encore plus l’image de l’institution législative auprès des citoyens pour que les gens soient dégoûtés de la politique et de l’institution parlementaire et ainsi le jour du scrutin personne ne votera pour les partis et seulement une poignée des sympathisants du PJD votera et donc permettre à ce parti de prendre en main les rouages de l’état, de l’administration et des centres de décision.

Il faut mettre fin à tout cela, les parlementaires disposent de l’article 82 de la constitution qui stipule la tenue, au moins une fois par mois, d’une séance réservée à l’examen des propositions de loi. A ce jour cet article est mort né. Depuis 2011, il n’a jamais été appliqué. Il ne faut pas attendre le gouvernement pour améliorer la législation, la chambre des représentants doit mettre en œuvre cette loi.

Article19.ma

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