Flash-back. A l’origine de ce qui allait devenir l’emblème du Parti démocrate américain un caricaturiste républicain du 19ème siècle du nom de Thomas Nast, qui est considéré, jusqu’à nos jours, comme un des pères de la caricature.

Mais Nas était aussi très engagé aux côtés des républicains au point qu’Abraham Lincoln l’a qualifié lors de sa campagne électorale de son « meilleur lieutenant recruteur » (Il était aussi surnommé « le faiseur de président »).

La caricature la plus célèbre de Thomas Nast a paru il y a 150 ans, le 15 janvier 1870, dans l’hebdomadaire « Harper’s Weekly », un des magazines les plus populaires de l’époque aux États-Unis, avec un tirage de 120 000 exemplaires environ.

« A Live Jackass Kicking a Dead Lion (un âne (abruti) vivant frappant un lion mort) », tel était le titre de cette caricature en détournant le proverbe « Un âne vivant vaut mieux qu’un lion mort ». L’âne – les oreilles en arrière, les pattes postérieures sur le point de porter un coup traître – est étiqueté « Copperhead Papers », en référence aux journaux sympathisants d’une faction de démocrates anti-guerre connue sous le nom de « Copperheads » (un serpent venimeux).

+ Tout démocrate hostile à ce héros républicain (Lincoln) est malveillant et traître, bref un âne au sens de crétin +

Le lion – noble dans sa mort- est « Hon. E.M. Stanton », l’ancien secrétaire à la guerre de Lincoln et un grand républicain. Perché sur un rocher, un aigle américain regarde la scène, et en arrière-plan des drapeaux en allusion à la récente guerre et au travail nécessaire pour redresser la nation. Le message de cette caricature est claire: tout démocrate hostile à ce héros républicain est malveillant et traître, bref un âne au sens de crétin.

Par la suite, en 1828, lorsque le démocrate Andrew Jackson s’est présenté aux élections, ses rivaux lui ont donné le surnom d’âne. Mais Jackson a adopté ce qualificatif et l’a utilisé dans sa propre campagne en proclamant que l’âne était un symbole de loyauté, de détermination et de l’homme ordinaire.

En 1837, l’âne a été adopté comme emblème du parti dans son ensemble. « Le balaam moderne et son âne » était la nouvelle interprétation picturale d’Henry Robinson d’une histoire de l’Ancien Testament. Jackson est jeté comme Balaam sur un âne – le Parti démocrate – lui donnant un coup violent parce qu’il refuse de faire ce qu’il lui demande. Il utilisera l’âne encore et encore pour représenter les démocrates.

Quant à l’éléphant républicain, il a fait ses débuts dans une caricature peu flatteuse le 7 novembre 1874, dans « The Third-Term Panic (La panique du 3ème mandat) ». Dans cette caricature, un âne dans le « N.Y. Herald », un journal démocrate, a revêtu une peau de lion en espérant effrayer les autres bêtes politiques avec des histoires sur l’intention d’Ulysses Grant de briguer un troisième mandat. La caricature montre un éléphant tellement terrifié qu’il est en train de piétiner des planches – étiquetées « lois intérieures » et ‘Réforme »- avant de tomber dans un abîme.

Article19.ma

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