Au Maroc, un quart de nos jeunes veulent quitter le pays, et ce, pour des “raisons économiques“ en premier lieu. Le Haut Commissariat au Plan (HCP) a réalisé, en 2018-2019, l’Enquête Nationale sur la Migration Internationale qui a ciblé un échantillon de 15.076 ménages répartis en 8.144 ménages de migrants actuels, 4.072 ménages de migrants de retour et 2.860 ménages de non migrants.

Le résultat de cette enquête vient d’être rendu public, ce jeudi 2 janvier, dont Article19.ma a obtenu une copie.

Voici les grandes lignes de cette enquête

Forte propension à l’émigration parmi les jeunes

Près du quart (23,3%) des non migrants ont l’intention d’émigrer. L’intention d’émigrer ne varie pas selon le type de ménages. Elle est de 23,3% parmi les non migrants issus des ménages n’ayant aucun migrant (ménage non migrant) et de 23,8% parmi ceux issus des ménages ayant au moins un migrant (ménage migrant).

Cependant, l’intention d’émigrer varie de manière significative selon le sexe, l’âge et le niveau d’instruction. Elle est le fait de 28,6% des hommes contre 17,7% des femmes et de 40,3% pour les personnes âgées de 15 à 29 ans contre 10,3% pour les 45-59 ans.

Elle est également le fait de 25% de ceux ayant le niveau d’études secondaires ou supérieures contre 12,4% pour ceuxn’ayant aucun niveau d’instruction. En outre, 4 non migrants ayant suivi une formation professionnelle sur 10 (40,6%) ont l’intention d’émigrer.

Pour rappel, au sens de l’enquête du HCP, le non migrant est défini comme étant toute personne membre du ménage, âgée de 15 à 59 ans qui n’a jamais résidé à l’étranger ou qui y a résidé pour une durée inférieure à 3 mois. L’enquête a couvert un échantillon de 5.765 individus non migrant.

La région de l’Oriental vient en tête des intentions d’émigrer

41,1% des non migrants de la région de l’Oriental souhaitent émigrer à l’étranger, suivis de ceux de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (30,8%), de Marrakech-Safi (26,7%) et de Drâa-Tafilalet (26,2%). Les autres régions enregistrent des proportions inférieures à la moyenne nationale (23,3%). La région de Souss-Massa enregistre la proportion la plus faible (10,5%).

La moitié des non migrants chômeurs ont l’intention d’émigrer

L’intention d’émigrer est relativement plus élevée parmi les non migrants chômeurs (50,9%). Les actifs occupés expriment également, de leur côté, une intention d’émigrer avec une proportion de 21,9%.

Les raisons économiques sont le principal motif de l’intention d’émigration

Avec 70%, les raisons économiques constituent le principal motif avancé par ceux ayant l’intention d’émigrer suivies des raisons sociales (24,4%). Les raisons économiques sont plus élevées parmi les ménages sans migrants (70,2%) que parmi les ménages avec migrants (64,6%). A l’opposé, les raisons sociales sont plus élevées parmi les ménages avec migrants (31,3%) que parmi ceux sans migrants (24,2%).

Les raisons d’émigrer diffèrent selon le sexe. Si pour les hommes, les motifs sont strictement d’ordre économique avec 79,7%, elles sont, pour les femmes, à la fois d’ordre économique (53,8%) et social (38,1%).

L’Europe reste la région de destination préférée des personnes ayant l’intention d’émigrer

L’Europe arrive en tête des destinations des personnes interrogées avec 80% des choix exprimés. Viennent ensuite,les pays de l’Amérique du Nord avec 8,8% et les pays arabes (2,8%).

+ Ménages et migration internationale +

Près d’un ménage sur dix est concerné par la migration

Sur une population de 8,1 millions de ménages en 2018, 8,4% sont touchés par la migration, c’est-à-dire, ont soit un membre émigré soit de retour d’émigration, ou les deux à la fois.

La femme chef de ménage est plus présente dans les ménages de migrants

L’accès des femmes au statut de chef de ménage reste tributaire de la présence dans le ménage de l’un ou des deux phénomènes de migration. En effet, si pour les ménages non migrant, 14,7% sont dirigés par une femme, cette proportion atteint 33,5% pour les ménages de migrants actuels.

Forte présence des chefs de ménage aux âges avancés dans les ménages migrants

L’âge moyen des chefs des ménages de non migrants est relativement inférieur à celui des chefs de ménages migrants, respectivement 51,3 ans et 62 ans. En outre, 58,4% des chefs de ménages migrants sont âgés de 60 ans et plus contre 27,1% parmi les ménages de non migrants.

Pour les chefs de ménages migrants, moins d’hommes actifs occupés et plus de femmes au foyer

La proportion des chefs de ménage hommes actifs occupés estde 77,4% pour les ménages non migrants contre 44,5% pour les ménages migrants. Celle des femmes au foyer chef deménage est de 49,6% parmi les non migrants contre 70,4%parmi les migrants.

Les ménages migrants se perçoivent moins défavorisés

Seulement 13,7% des ménages migrants se considèrent appartenir à la classe pauvre contre 36,6% pour les ménagesnon migrants. Parallèlement, les ménages migrants sont plusnombreux à se considérer parmi la classe moyenne (52,2%) contre 31,7% chez les ménages non migrants. La part des ménages migrants qui s’estiment appartenir aux classes sociales supérieures (entre classe moyenne et classe aisée ; classe aisée) atteint 9,1% contre 6,1% pour les ménages non-migrants.

Article19.ma

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