Éclairage. Le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, a estimé que l’amnistie des changes, prévue au niveau du projet de la loi de finances 2020, laquelle donne une chance aux personnes qui détiennent des biens et avoirs à l’étranger non déclarés de régulariser leur situation sans encourir de sanctions, intervient au « bon moment », appelant les concernés à y répondre favorablement.

Jouahri, qui donnait, mardi une conférence de presse à l’issue de la réunion du conseil d’administration de la BAM, a également indiqué que le Maroc a signé un accord avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur l’échange automatique d’informations, qui entrera en vigueur en janvier 2021 et devra permettre aux autorités marocaines d’accéder automatiquement à toutes les informations concernant les biens de ses citoyens à l’étranger.

Il a ajouté que l’Office de change mettra en œuvre des mesures de facilitation pour les personnes concernées résidant au Maroc, soulignant que « l’essentiel est de promouvoir la transparence pour l’avenir ».

Le wali de la BAM a toutefois déploré que cette question ait été « imposée au Maroc par des pays étrangers, car ils ont eux aussi fait face à une telle situation ».

Jouahri, dont les propos ont été relayés par Hespress, a souligné que ce « processus est conforme à la stratégie nationale d’inclusion financière, car il permet le retour de la liquidité pour en alimenter les banque ».

Réagissant à certains commentaires sur Facebook, il a appelé les citoyens à déposer leur argent dans les banques et à ne pas le thésauriser en dehors des institutions bancaires.

+ Inclure les groupes marginalisés, à savoir les femmes et les jeunes, en particulier dans le monde rural +

A cet égard, il a indiqué que le taux de bancarisation au Maroc reste encore faible, car il ne dépasse pas les 35%, soulignant que c’est pour cette raison qu’ a été lancée le paiement par téléphone afin que les transactions puissent être effectuées en toute sécurité et au moindre coût pour le consommateur et que les services financiers profitent au plus grand nombre de la population.

Toutefois, il a relevé que le paiement par téléphone, entré en service depuis fin 2018, n’a pas eu un grand succès, s’interrogeant comment est-il possible que le même service a été bien accueilli au Kenya mais pas au Maroc ?

Ce mode de paiement permet d’effectuer rapidement les opérations, aussi bien pour payer que pour recevoir de l’argent, soulignant que le faible taux de bancarisation au Maroc est essentiellement dû à la faiblesse des revenus des citoyens.

Le wali de la BAM a enfin exprimé l’espoir que l’amnistie des changes contribue à renforcer la stratégie nationale d’inclusion financière, afin d’avoir un système financier qui inclura les groupes marginalisés, à savoir les femmes et les jeunes, en particulier dans le monde rural.

Dans ses réponses aux questions des journalistes, il a souligné qu’il ne s’opposait pas au dialogue social, mais plutôt aux dépenses élevées qui affectent le budget de l’État, ajoutant : « J’espère que le Maroc ne reviendrait pas à la politique d’ajustement structurel car ses effets sur le plan social sont pires que sur le plan économique ».

Jouahri a ainsi mis l’accent sur la nécessité pour le gouvernement de rationaliser les dépenses afin de ne pas rencontrer de difficultés à l’avenir, relevant que certaines dépenses ne représentent pas des priorités, sans toutefois les révéler clairement.

Article19.ma

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