Ilana Zeldin cherchait à faire bouger les choses quand elle a posé sa candidature au Centre de projets du Maroc pour son IQP (Interactive Qualifying Project) l’année dernière. La fille d’immigrants juifs russes a grandi dans une banlieue riche de Boston aux Etats-Unis et était curieuse de connaître la vie dans un pays arabo-musulman.

«Je n’avais jamais fait l’expérience d’une culture arabe et j’ai pensé que ce serait une bonne occasion de sortir de ma zone de confort», explique Zeldin, une spécialiste des systèmes d’information de gestion, citée dans un article publié par le site de « Worcester Polytechnic Institute » (WPI) .

Elle a trouvé que les différences entre le Maroc et chez-elle étaient frappantes, mais ce sont surtout les similitudes qui l’ont le plus marquée. Parmi celles-ci, il y avait la tradition du vendredi soir de se réunir en famille. La famille de Zeldin célèbre le Shabbat, le sabbat juif, en dînant ensemble en fin de semaine. Au Maroc, les familles se réunissent le vendredi soir pour partager un repas de couscous.

«Il y avait une similitude culturelle dont je ne savais même pas qu’elle existait», dit-elle. «Cela m’a appris que l’on ne devrait jamais avoir peur de créer des liens avec des personnes différentes de soi. Depuis lors, j’ai moins peur d’essayer quelque chose de nouveau. Cela a vraiment changé ma vision des choses. »

L’expérience de Zeldin est typique des étudiants IQP au Maroc, explique le co-directeur du centre de projet Tahar El-Korchi. Le WPI (Worcester Polytechnic Institute) a établi le centre des projets dans la ville d’Ifrane il y a près de deux décennies et a déménagé à son emplacement actuel dans la capitale, Rabat, en 2015.

«Les étudiants travaillent sur un projet qui est difficile au départ en plus du fait que la langue est différente, la culture est différente et la nourriture est différente», a expliqué El-Korchi. «Ce qu’ils apprennent, c’est qu’en fin de compte, tout le monde a les mêmes objectifs: une vie meilleure, un meilleur niveau de vie pour leurs enfants et pour eux-mêmes, un avenir meilleur.»

+ Ils m’ont juste amené chez eux comme ils ont accueilli ma mère +

L’équipe IQP de Zeldin, composée de cinq membres, a élaboré une stratégie de conception et d’éducation pour un parc de la biodiversité. Les étudiants ont travaillé avec l’Association Ribat Al Fath, une ONG qui promeut la vie durable et l’apprentissage environnemental tout en favorisant la culture et le patrimoine marocains. Les membres de l’équipe ont reçu des informations et ont interrogé des agriculteurs et des enseignants, entre autres, pour finalement développer une conception 3D pour le bioparc proposé, et identifier des sujets éducatifs et des méthodes pour les fournir.

Alors que le centre des projets a tendance à attirer des étudiants comme Zeldin désireux de vivre une expérience loin de leur vie quotidienne, vivre et travailler à Rabat a rapproché la major de robotique Claire Sellen de sa famille aux Etats-Unis. Elle avait été attirée au Maroc parce que sa mère y a passé six mois pour préparer son mémoire de maîtrise il y a deux décennies.
«J’ai grandi en entendant toutes ces merveilleuses histoires sur son expérience et il y a des photos du Maroc partout dans la maison», explique Sellen. «Quand j’ai découvert qu’il y avait un site au Maroc pour l’institut WPI, j’ai su que je voulais y aller.»

Sellen faisait partie d’une équipe de quatre personnes qui a converti un système de dossiers papier en une base de données informatique pour l’Association Jannat, une ONG à Rabat qui héberge des femmes sous traitement contre le cancer. Les membres de l’équipe ont travaillé avec des traducteurs pour interroger les patientes, le personnel et d’autres personnes. Ils ont créé une base de données Microsoft Access et créé un manuel d’utilisation et des didacticiels pour le personnel.

Les étudiants vivaient dans une résidence universitaire à quelques pâtés de maisons de la famille qui a accueilli la mère de Sellen dans les années 1990. Sellen a contacté cette famille et a été souvent invitée au dîner.

«Ils m’ont juste amené chez eux comme ils ont accueilli ma mère», a raconté Sellen, ajoutant qu’elle était anxieuse lorsqu’elle est arrivée au Maroc, mais qu’elle a vite retrouvé sa sérénité. «Il est vraiment important d’être ouvert et d’essayer de nouvelles choses… on nous a dit que le faire pourrait constituer des défis culturels. Ce fut vraiment une expérience merveilleuse dans l’ensemble. »

Article19.ma

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