Une démarche qui risque de fâcher… Et pour cause, L’Assemblée mondiale amazighe (AMA) s’est adressé aux missions européennes à Rabat et au représentant de la Banque mondiale les appelant « à prendre en considération » le caractère officiel de la langue amazighe au Maroc « au même titre » que l’arabe.

Dans un courrier, le président de l’AMA, Rachid Raha, a présenté un dossier sur les droits des Amazighs notamment en matière d’éducation, de médias, de culture et d’autres aspects de la vie en général, comme stipulé dans la loi organique relative à l’activation du caractère officiel de la langue amazighe, appelant les représentations diplomatiques d’Allemagne, de France, d’Espagne, d’Italie, de Belgique, des Pays-Bas, du Danemark et du Royaume de Norvège « à tenir compte de cet aspect dans leurs activités culturelles et sociales », à lui accorder une plus grande importance et à l’enseigner dans les écoles et instituts européens existants au Maroc.

Selon un communiqué, dont une copie est parvenue à Article19.ma, le président de l’AMA a appelé les ambassadeurs des pays européens concernés à intégrer la langue amazighe dans les partenariats et les accords avec le Maroc et, particulièrement, l’enseignement de l’amazighe aux enfants de la communauté marocaine résidant dans ces pays, en plus des programmes d’alphabétisation des adultes à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc.

Dans sa lettre, Rachid Raha a appelé les ambassadeurs des pays européens à signaler en amazighe les sièges des ambassades, des consulats et les autres instituts européens en langue amazighe sur leurs façades de manière similaire à l’arabe.

De même, le président de l’AMA a envoyé une deuxième lettre au représentant de la Banque mondiale à Rabat relative aux 500 millions de dollars de prêts destinés aux programmes pédagogique et au secteur de l’éducation préscolaire au Maroc.

+ L’enseignement du tamazight nécessite 5000 cadres éducatif +

Raha a indiqué que le sort de ces programmes ne sera pas différent de celui des autres programmes qui l’ont précédé, rappelant notamment l’échec du programme d’urgence en ce sens qu’il a été constaté que les enfants marocains âgés de 6 ans lorsqu’ils arrivent à l’école primaire ils ne maîtrisent pas les compétences de communication dans les langues de leur environnement social.

Il a également estimé que les échecs que l’école marocaine a connus tout au long de son histoire sont principalement dus au fait que l’enseignement n’est pas basé sur la langue maternelle, y compris l’amazighe.

Pour l’AMA, ce programme pourrait aggraver encore la crise de l’identité marocaine et que soutenir ce programme porte atteinte aux articles 7 et 8 de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, qui a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1989.

Dans sa lettre, Raha a exprimé la crainte que le résultat serait contre-productif et contribuerait davantage à la propagation des idées salafistes auprès des enfants, rappelant le rapport des Nations Unies de juin 2019, à la suite de la visite du rapporteur spécial sur la discrimination raciale et la xénophobie, qui a reconnu l’existence d’une ségrégation à l’encontre de l’amazighe au Maroc.

Le président de l’AMA a, en outre, rappelé que la loi de finances 2020 ne prévoit que 180 nouveaux postes sur les 1500 alloués au ministère de l’Education nationale alors que l’enseignement du tamazight nécessite 5000 cadres éducatifs au niveau préprimaire, et 100.000 enseignants pour un véritable enseignement de l’amazighe.

Selon l’AMA, seulement 13% des élèves du primaire reçoivent des cours en amazigh.

Article19.ma

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