Levée de boucliers. L’instance de suivi des recommandations du forum national sur les graves violations des droits de l’homme, un collectif regroupant plusieurs associations, organisera, dimanche prochain à Rabat, une marche en signe de protestation contre « la situation des droits de l’homme et la réalité de la démocratie au Maroc ».

Cette marche nationale, selon un communiqué de l’instance relayé par le site araHespress, a pour objectif de « préserver les acquis et d’empêcher tout retour en arrière dans le domaine des droits de l’homme et toute remise en cause des dispositions constitutionnelles relatives aux droits et libertés, ainsi que la rupture du dialogue avec les organisations de défense des droits de l’homme et la société civile visant à réduire leur rôle de médiation et de gestion des crises ».

L’instance entend également, à travers cette action, voir réaliser « toutes les recommandations de l’Instance équité et la réconciliation (IER) et la mise en oeuvre de l’ensemble des recommandations et décisions relatives au règlement du dossier des violations graves des droits de l’homme », appelant à traduire dans les faits « la démocratie participative dans l’élaboration des politiques publiques concernant le domaine des droits de l’homme ».

L’instance de suivi des recommandations du forum national sur les graves violations des droits de l’homme regroupe l’Organisation marocaine des droits de l’homme, le Forum marocain pour la vérité et l’équité, l’Association marocaine des droits de l’homme, l’Association Adalah, l’Instance marocaine des droits de l’homme, la Ligue marocaine pour la défense des droits de l’homme et le Forum alternatives au Maroc.

+ Led droits de l’homme ne sont plus une priorité sur l’agenda international +

A ce propos, Boubker Largo, président de l’Organisation marocaine des droits de l’homme (OMDH), a indiqué à Hespress que « la marche de protestation sera axée sur les droits de l’homme et la démocratie dans son ensemble, car elle jettera la lumière sur les lois qui devraient être révisées, en particulier celles qui concernent la création des associations et la loi relative aux manifestations et aux rassemblements publics ainsi que l’immigration et le Conseil de la jeunesse, en plus d’autres lois organiques ».

Largo a ajouté que « les différentes lois susmentionnées devaient voir le jour lors du premier mandat du gouvernement » après la constitution de 2011. Et d’affirmer: « Nous protestons également contre les problèmes liés à la mémoire, en raison de l’absence de réponses définitives sur les dossiers en suspens, tels que ceux relatifs aux cas de Mehdi Ben Barka et de Manouzi, entre autres ».

« Les familles ont reçu des décisions d’arbitrage stipulant la restitution des restes des victimes (des graves violations des droits de l’homme de l’époque dite des années de plomb), mais cette décision n’a pas à ce jour été mise en oeuvre malgré les recommandations de l’IER, sans parler d’autres questions de couverture sanitaire, d’insertion et de règlement de la situation financière et administrative des victimes », a-t-il expliqué.

Concernant la façon dont les autorités publiques traitent les mouvements de protestation populaires dans diverses régions du Maroc, le président de l’OMDH a indiqué que « la plupart des manifestations se déroulent généralement dans le calme, mais les autorités interfèrent parfois en justifiant leurs interventions par l’entrave à la circulation ou par l’absence d’autorisation pour manifester, mais l’espace public connaît des sit-ins quotidiens ».

« Nous sommes affectés par ce qui se passe dans le monde parce que les droits de l’homme ne sont plus une priorité sur l’agenda international, ce qui se reflète négativement sur le Maroc », a conclu Largo notant la non mise en oeuvre des mesures contenues dans le Plan national pour la démocratie et les droits de l’homme, sachant qu’il s’agit d’engagements du gouvernement.

Article19.ma

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