Invisibles il y a à peine dix ans sur le radar de la finance africaine, les établissements bancaires marocains commencent à tirer les bénéfices de leurs investissements en Afrique, écrit l’hebdomadaire « Jeune Afrique » dans sa dernière livraison. Sous le titre « Les banques marocaines à la fête », le magazine indique que les grands établissements bancaires du Royaume Attijariwafa Bank, BMCE Bank ou encore la Banque centrale populaire (BCP) sont désormais donnés en modèle au sud du Sahara, rappelant que via des acquisitions tous azimuts enclenchées dès 2005, ils ont pu se tailler une position de leader dans le paysage bancaire subsaharien. Citant une étude réalisée récemment par le cabinet de conseil en stratégie « Nouvelles Donnes », intitulée « Banking Survey Emerging Markets », la publication note qu’en Afrique de l’ouest, les trois premiers établissements marocains ont damné le pion aux banques françaises. « Attijariwafa Bank, BMCE Bank et la BCP détiennent près du tiers des agences de la zone, quand BNP Paribas et Société Générale en possèdent à peu près 15 pc », précise le magazine, expliquant que les banques marocaines ont su surtout profiter de la croissance offerte par les marchés africains au fort potentiel. Pour l’auteur de l’article, les résultats des banques marocaines sont à ce titre « édifiants ». Il relève, à cet égard, que les performances du groupe BMCE Bank n’ont jamais été bonnes qu’aujourd’hui, avec un bénéfice record de 2 milliards de dirhams en 2014, une prouesse rendue possible grâce à la bonne tenue des activités au Maroc, mais aussi à la dynamique des filiales en Afrique subsaharienne. Citée par le magazine, la direction du groupe précise que l’Afrique subsaharienne représente plus du quart des résultats consolidés de l’établissement bancaire, avec une contribution qui augmente de 19 pc en moyenne par an depuis 2011. Le groupe BCP n’est pas en reste. Son véritable élan au sud du Sahara a été pris en 2012, à travers le partenariat capitalistique scellé avec l’Ivoirien Atlantique Financial Group, rappelle l’hebdomadaire, notant que ce partenariat, qui a donné naissance à un holding commun (Atlantic Business Group), a permis à la banque marocaine, qui détient 65 pc du capital, de faire son entrée, en un seul coup dans sept pays de l’Union Economique et Monétaire ouest-africaine (UEMOA), à savoir le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Bénin et le Togo. Le magazine note en outre que le premier groupe marocain Attijariwafa Bank, qui était absent du continent africain avant 2005, a engrangé en 2014 pas moins de 5,18 milliards de dirhams de produit net bancaire, via ses activités africaines. Ces revenus en progression de 8,3 pc par rapport à 2013, représentent désormais plus de 26 pc des revenus consolidés du groupe, relève la publication, notant que cette contribution aurait pu être meilleure si elle n’avait pas été gênée par la mauvaise conjoncture dans certains marchés bancaires africains, marquée par une forte augmentation du taux de contentieux.
Article19.ma

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