Une affaire qui a fait coulé beaucoup d’encre. Le tribunal de première instance d’Ain Sebaa a achevé l’examen du dossier du « Semsar judiciaire » (courtier) à l’issue d’une audience marathonienne au cours de laquelle l’accusé principal a affirmé qu’il était sur le point de rendre l’argent à la famille de la mère incarcérée mais que l’un des membres de la famille de cette dernière l’a surpris par la diffusion d’une vidéo qui a révélé l’affaire et éclaboussé la magistrature au Maroc.

Les accusés ont confirmé, lors de l’audience jeudi, les détails de l’affaire de la vidéo et maintenu les déclarations qu’ils ont faites à la police judiciaire, à l’exception du principal accusé qui est revenu sur certains de ses aveux prétendant qu’il avait été contraint par les enquêteurs de signer le PV. Toutefois, la fille de la détenue que la vidéo montrait en train de négocier avec lui l’a démenti ainsi que le juge qui lui a rappelé que tous les Marocains ont vu la vidéo et compris de quoi il s’agissait.

L’accusé principal, Adil R., a nié avoir joué l’intermédiaire de la femme incarcérée pour obtenir une peine allégée, soutenant qu’il voulait l’aider à obtenir sa libération et que la somme qu’il a reçue de sa fille c’était pour lui trouver un avocat. Il a ajouté qu’après sa condamnation à une année de prison sa fille l’a appelé et qu’il lui a rendu les 15.000 dirhams et lui a promis de lui remettre les 35 000 dirhams restant plus tard avant d’être surpris par la diffusion de la vidéo qui a déclenché l’affaire.

+ Pas une simple histoire d’escroquerie mais d’une affaire qui porte préjudice à la justice +

Il a, en outre, tenté de défendre le policier, responsable du poste de police du tribunal de première instance de Casablanca, expliquant qu’il avait fait sa connaissance pendant son incarcération et qu’il n’avait rien à voir avec cette affaire. Il a ajouté que l’autre agent de police ne lui avait pas demandé de faire profil bas après la diffusion de la vidéo, mais qu’il lui avait conseillé de poursuivre pour diffamation en justice la fille qui avait posté la vidéo.

Il a, par ailleurs, fait savoir qu’il avait reçu un appel d’un membre de la famille de Touraya B., incarcéré pour avoir escroqué deux femmes pour l’émigration vers des pays du Golfe, qui lui a demandé de l’aider à trouver un avocat, ajoutant qu’on lui a ainsi remis le numéro de sa fille qui l’a rencontrée à cet effet dans un café. Il a souligné qu’il n’a pas reçu de pots-de-vin mais les honoraires de l’avocat et la caution, qui s’élèvent à 15.000 dirhams.

A noter que ce « courtier judiciaire » a rencontré la fille de la femme détenue et deux hommes, dont le beau-frère de sa soeur dans une voiture près du tribunal, rencontre qui a été filmée pendant qu’il tentait de contacter l’avocat pour l’aider. Toutefois, le juge lui a rappelé que tout le monde a vu la vidéo et compris de quoi il s’agit.

+ Le verdict attendu ce mardi +

Pour sa part, Soraya R., la détenue, a indiqué que le policier qui lui a prêté son téléphone n’était pas au courant de l’objet de sa conversation, soutenant que l’accusé principal lui a demandé 45.000 dirhams pour obtenir sa relaxe sur décision de justice, ce qui l’a poussé à convaincre sa fille pour le filmer en train de négocier.

De son côté, l’accusé « , Hamid J., a nié toute implication dans cette affaire, indiquant que ce qui le lie au principal mis en cause était une affaire d’héritage dans laquelle il l’avait aidé à gagner devant la justice, maintenant les mêmes déclarations qu’il avait faites à la police judiciaire.

Quant au policier, qui était affecté au tribunal de première instance, il a fait savoir qu’il a reçu l’appel téléphonique du principal mis en cause en croyant que c’était un proche de la femme détenue et qu’il n’était pas au courant du sujet de sa conversation.

L’autre agent, Redouane D., a nié qu’il avait demandé au principal accusé de faire profil bas, soutenant qu’il lui avait conseillé de déposer plainte pour diffamation contre la fille qui avait publié la vidéo.

Le représentant du ministère public a demandé de condamner à des peines sévères les quatre mis en cause, estimant qu’il ne s’agit pas seulement d’une affaire d’escroquerie mais d’une affaire qui porte préjudice à la justice dans son ensemble. Il a également rappelé que le mis en cause a déjà été condamné dans des affaires similaires dans lesquelles il avait prétendu être procureur du roi.

Après les plaidoyers des avocats de la défense des quatre accusés et de l’accusation ainsi que les derniers mots des quatre mis en cause, le tribunal a mis sa décision en délibéré à mardi prochain.

Article19.ma

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