Un constat discutable. « L’absence d’une réglementation des marchés et une faible transparence » sont les principales causes de « la campagne de boycott » lancée en 2018 contre trois entreprises, y compris Afriquia, selon un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE), présenté mardi, par son présidentAhmed Reda Chami, au siège de cette institution à Rabat.

Le journal Akhbar Al-Yaoum a titré ce jeudi : « Chami attire l’attention sur le ras-le-bol populaire ». Il a en outre souligné que le rôle joué par Internet a contribué « à la réussite du boycott » et a rendu la réaction de la rue « imprévisible ».

A noter que le rapport du CESE a également relevé « les déséquilibres accumulés au fil des années et le manque de communication en temps de crise comme étant aussi à l’origine de cette nouvelle forme de protestation ».

Selon le président du CESE, « le citoyen n’a pas confiance en le cadre institutionnel pour la protection de ses droits contre tout dépassement au niveau du marché », en ce sens que « le boycott a connu une grande mobilisation à travers les réseaux sociaux, sans aucun porte-parole officiel dans l’espace public et tout en contournant les instances de médiation ».

Et de relever que les initiateurs du boycott ont exploité « deux facteurs pour mobiliser l’opinion publique: le chevauchement entre le rôle économique et politique des responsables des entreprises visées et le capital étranger », soulignant que » le mouvement a donné à la population un sentiment de pouvoir en recourant à une forme de protestation inhabituelle ».

+ Créer un observatoire des prix et des marges bénéficiaires… +

Le rapport, a par ailleurs, fait état aussi des « nombreux dommages causés aux entreprises ciblées par le boycott » ainsi que du licenciement de certains de leurs salariés temporels, rappelant que des voix s’étaient levées appelant à l’activation du Conseil de la concurrence et au boycott d’autres produits.

Le CESE a appelé à « la nécessité de réduire les obstacles à l’entrée sur le marché et à compenser les agréments par des cahiers de charge prédéfinis et soumis à un contrôle à posteriori sur des critères de performance », mettant l’accent sur la nécessité de « supprimer les agréments sauf dans des cas exceptionnels et selon des critères objectifs, dont le caractère stratégique du secteur et les implications sur la croissance et l’emploi ».

Dans le même ordre d’idées, le conseil a avancé l’idée de « créer un observatoire des prix et des marges bénéficiaires en tant que mécanisme d’aide à la décision », ajoutant qu’il suivra la part élevée ou en croissante du produit dans le panier de consommation des ménages, ainsi que du degré de monopolisation du marché concernant ledit produit ou de l’existence d’une position dominante.

Le rapport a également souligné la nécessité de renforcer « les mécanismes de communication avec les citoyens » et d’utiliser les technologies de l’information pour « mesurer le climat social ».

Article19.ma

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