Retour à la case de départ. La controverse politique sur les indemnités et les allocations de retraite faramineuses versées aux anciens ministres refait de nouveau surface après que le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani ait révélé que les ministres déléguées femmes qui faisaient partie de l’exécutif avant le remaniement n’avaient accompli aucun travail.

A noter que le salaire minimum au Maroc ne dépasse pas les 300 dollars par mois (comparé au standard international), soit l’équivalent de près de 3000 Dirhams.

Le dahir 1-74- 331 stipule que les ministres bénéficient d’une indemnité mensuelle forfaitaire de 6 millions de centimes et de 5 millions de centimes pour les secrétaires d’Etat. Cette indemnité comprend 26.000 dh de salaire forfaitaire pour les ministres et 20.000 dh pour les secrétaires d’Etat, en plus d’indemnités de représentation (14.000 dh pour les ministres et 10.000 dh pour les secrétaires d’Etat), de logement (15.000 dh) et de frais d’ameublement et autres (5.000 dh).

Selon l’article VII dudit Dahir, les membres du gouvernement reçoivent, en plus, une indemnité spéciale au terme de leurs fonctions équivalant à un traitement de dix mois, ce qui signifie que l’indemnité de fin de service d’un ministre est d’environ 60 millions et celle d’un secrétaire d’Etat d’environ 50 millions de centimètres.

Hicham Sabiri, député du Parti authenticité et modernité (PAM), a appelé El Othmani à dévoiler les mesures que le gouvernement compte prendre afin d’alléger le fardeau du budget de l’Etat pour ce qui est des retraites des anciens membres du gouvernement, selon le site arabophone Hespress.

Dans une question à El Othmani, le député de l’opposition a relevé que « les membres du gouvernement à la la fin de leurs fonctions, indépendamment de la durée de leurs mandats, bénéficient de pensions et d’indemnités de cessation de service, sans qu’ils aient eu à supporter des prélèvements comme il est d’usage dans les régimes de retraite. »

Sabiri a ainsi estimé que les retraites des ministres constituent une « rente politique » et un privilège dont bénéficient les anciens responsables gouvernementaux, soulignant que « les ministres sortants avaient failli à leurs missions ce qui a poussé le roi à appeler à un remaniement et par conséquent ils ne doivent pas bénéficier d’indemnités et d’allocations de retraite surtout qu’ils ont travaillé pendant une courte période ».

Dans une déclaration à Hespress, le député a appelé à la suppression de la retraite des ministres et des parlementaires, ajoutant que que son groupe envisage de présenter un projet de loi en ce sens.

Il a expliqué que « le projet de loi sur la suppression de la retraite des députés a été enterré et retiré du parlement après l’opposition du PAM à la question du maintien de la retraite des parlementaires ».

+ Le PJD a fondé sa rhétorique sur la lutte contre la corruption et la rente +

Saad Eddine El Othmani avait reconnu la difficulté de supprimer la retraite des ministres, affirmant que la question ne relève pas de ses compétences alors que Sabiri estime que le chef du gouvernement dispose des pouvoirs pour proposer au parlement un projet de texte en ce sens.

Pour le député du PAM, « le gouvernement du PJD, aussi bien le premier que l’actuel, a fondé sa rhétorique sur la lutte contre la corruption et la rente ». « Nous nous souvenons comment il (le gouvernement) a plaidé avec des discours creux sur les carrières, les agréments et les biens fonciers publics et comment aujourd’hui il refuse de supprimer la rente politique des ministres et des parlementaires ».

Le PJD, qui dirige le gouvernement, « n’a pas la volonté politique d’éradiquer la corruption », a encore soutenu Sabiri, qualifiant les slogans des PJDistes comme de « simplement campagnes électorales visant à tromper les citoyens ».

La controverse sur la rémunération des ministres s’est accentuée après que le chef du gouvernement ait déclaré qu’un « certain nombre de femmes au gouvernement, en majorité des secrétaires d’État, étaient en grande partie sans délégation, sans prérogatives ni travail », ajoutant qu’aujourd’hui, « les femmes nommées ministres pourraient exercer leurs pleins mandats et montrer leur potentiel ».

Article19.ma

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