Pessimiste ou plutôt pragmatisme? L’anthropologue marocain, Abdallah Hammoudi, dans une analyse de la situation socio-économique actuelle, estime que le Maroc vit « une nouvelle période d’autoritarisme » reposant essentiellement sur le recours aux tribunaux pour le contrôle des projets économiques et des médias.

Professeur à l’université américaine de Princeton, Hammoudi affirme que le ministère public serait maintenant chargé de « mettre les gens en prison » et que l’Etat peut faire recours à « l’arme fiscale » pour contrôler les autres acteurs que la justice ne peut inquiéter.

Invité à un débat organisé à Agadir par l’Université Ibn Zohr, Hammoudi a expliqué que « l’autoritarisme ne signifie pas l’absence de pluralisme politique ou l’accaparement du pouvoir, mais c’est forcer les partenaires politiques, quels qu’ils soient des partis ou des syndicats, à réduire l’espace du débat public et à négocier dans l’ombre en vue de consensus » en l’absence de toute transparence, selon le site arabophone Hespress.

Pour lui, « la transition démocratique s’est arrêtée et la nouvelle ère doit être effectuée à partir de l’intérieur du nouvel autoritarisme dominant ».

Hammoudi consid que « la monarchie utilise des choses qu’aucun sultan n’avait rêvé d’avoir avant, comme les avions, les écoles et les casernes en plus des connaissances et informations qui ont été accumulées sur les tribus et autres ».

L’anthropologue a, par ailleurs, critiqué « l’institution judiciaire, qui mêle l’ancien et le nouvel autoritarisme », appelant à « suivre ses excès et à ne pas se contenter de contrôler le parlement, les élections et autres » avant de s’interroger: « comment certains commentateurs dans les différents médias éprouvent-ils de la nostalgie envers l’ère du roi Hassan II ».

Hammoudi a soutenu que « le nouvel autoritarisme repose sur de nombreux mécanismes, dont la communication, en ce sens qu’ont été changées les anciennes images du roi Hassan II lesquelles ont été remplacées par des nouvelles (symboliques) mettant en avant plutôt les aspects artistiques et esthétiques », notant que « l’autoritarisme est en progression constante, mais avec de nouveaux aspects »…

Selon l’anthropologue : « La vraie démocratie est un espace qui peut accueillir tout le monde et dont l’accès est représenté dans les phénomènes de coordination ayant accompagné le mouvement du 20 février, des coordinations qui n’existaient pas avant cette date ». Il a appelé à ce qu’il considère l’approfondissement de la recherche à ce sujet d’autant qu’elles constituent une manière de fuire les partis et l’autoritarisme.

Par ailleurs, Hammoudi a souligné que l’Arabe est une langue ouverte à tous mais qui ne doit pas éliminer les autres, soulignant que de nombreux Soussis ont écrit en cette langue dont le grand penseur Mokhtar Soussi qui n’avait aucun complexe en tant qu’Amazigh à aimer l’Arabe dont il avait goûté la douceur.

Article19.ma

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