Nouvelle approche coloniale? Les États-Unis ne doivent plus se contenter d’intervenir uniquement pour combattre le terrorisme et ramener la sécurité dans certains pays comme l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, la Libye et le Yémen mais plutôt pour « éliminer les causes » derrières les défaillances que connaissent ces États, selon Anthony H. Cordesman du CSIS.

« Les Etats-Unis ne peuvent gagner dans aucun de ces pays en menant une demi-guerre – en se concentrant sur l’ennemi direct plutôt que sur les défaillances du pays concerné qu’ils tentent d’aider et en mettant l’accent sur le secteur de la sécurité plutôt que sur le civil », souligne une étude du Centre américain des études stratégiques et internationales (CSIS).

Dans cette étude, Anthony H. Cordesman du CSIS, estime que les problèmes structurels que connaissent ces pays sont de nature à provoquer une explosion de « nouveaux conflits civils » et de l’extrémisme dans la région du Moyen Orient et d’Afrique du Nord (MENA), en Asie du Sud et en Asie centrale.

+ Ces problèmes sont si graves qu’ils risquent de conduire à l’extrémisme +

Selon lui, il y aura des « forces déstabilisatrices puissantes et durables, quel que soit le succès remporté par les États-Unis, ses partenaires et le pays concerné en termes de défaite des mouvements terroristes et des rebellions ».

« L’Afghanistan, l’Iraq, la Syrie, la Libye et le Yémen – et bon nombre de leurs voisins ont une gouvernance extrêmement médiocre et des niveaux de corruption élevés, mais ils subissent aussi une pression intense due à l’accroissement de la population, à l’urbanisation et aux changements sociaux qui vont bien au-delà de leurs problèmes actuels avec les groupes extrémistes », souligne-t-il relevant que « ces problèmes sont si graves qu’ils risquent de conduire à l’extrémisme et à des conflits civils pendant au moins la prochaine décennie ».

Ces problèmes sont « si graves qu’aucune tentative de faire face aux menaces extrémistes majeures ne peut aboutir si elle se concentre uniquement sur les aspects sécuritaires et militaires », insiste-t-il indiquant qu’il en va de même pour tous les efforts axés sur les négociations de paix et l’aide au redressement à court terme.

Pour l’auteur de cette étude, « ignorer les forces qui créent des Etats défaillants rendra non seulement impossible tout effort de résolution de conflit, mais garantira la montée ou la résurgence du terrorisme et des conflits civils ».

C’est « pourquoi les efforts militaires américains en Irak, en Syrie, en Afghanistan, en Libye et au Yémen, trop centrés sur la sécurité, la lutte antiterroriste et la contre-rébellion, ne mèneront pas à de véritables victoires en termes de résolution des conflits ou à des résultats durables et à la stabilité ».

En d’autres termes, faut-il s’attendre dans un avenir proche à des interventions directes de Washington dans les affaires des États défaillants » pour rétablir l’ordre dans le cadre d’une nouvelle mission « civilisatrice » ?

Back to the future…

Article19.ma

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