Accueil A la Une Benchamach et le PAM se sont-ils perdus dans la traduction ?

Benchamach et le PAM se sont-ils perdus dans la traduction ?

Par Ali Bouzerda

« Lost in Translation » (perdu dans la traduction), disent les anglo-saxons, mais cela n’a rien avoir avec le film de Sofia Coppola, la fille du célèbre metteur en scène Américain Francis Ford Coppola. Il s’agit plutôt d’une toute autre histoire liée à la réalité marocaine celle du parti du Tracteur à savoir le PAM et son controversé leader.

Jusque là, nombreux étaient convaincus que ce parti d’opposition fort de plus d’une centaine de députés était, malgré les malentendus, sur le chemin de la réconciliation afin de rassembler ses troupes pour tenir son 4ème congrès dans la sérénité et de préparer dans la foulée une feuille de route pour les échéances électorales de 2021.

Erreur. Le parti s’enfonce une nouvelle fois dans la crise à cause de « la disparition » d’un document écrit attestant que le secrétaire générale, Hakim Benchamach est bel bien le chef légitime de cette formation politique, que son prédécesseur, Ilyas El Omari, pensait utiliser comme tremplin pour prendre d’assaut la Primature. Mais le « mauvais sort » a voulu que ce soit les barbus du PJD qui investissent la citadelle de Bab Soufara après les élections de 2016 et non les libéraux « démocrates » du PAM. La suite tout le monde la connaît…

De quel document s’agit-il en fait?

Pour ne pas se perdre dans « la traduction », rappelons que dans son bras-de-fer avec les Refuzniks de son parti, notamment Abdellatif Ouahbi, l’avocat et dynamo du parti, Benchamach a intenté un procès en justice pour les neutraliser et s’accaparer la direction du Tracteur.

Sauf qu’à la guerre comme à la guerre, il faut être bien préparé pour décrocher la victoire. Et en arabisant « unidimensionnel », pas celui dont parlait bien évidemment Herbert Marcuse en 1964 – – abstraction faite du comportement bureaucratique et répressif – -, Benchamach se fie encore à la culture orale et a oublié que devant la justice ce sont des preuves écrites (hard copy) qui font le poids aux yeux des juges face aux arguments contradictoires.

En ce début d’octobre, devant la Cour de première instance de Rabat, la plainte de Benchamach relative à l’annulation de l’élection de Samir Koudar comme président de la commission préparatoire du 4ème congrès du PAM (prévu la mi-décembre 2019), a peu de chance d’être acceptée car le leader du PAM n’a présenté aucun document écrit prouvant qu’il était effectivement le chef légitime du PAM, à part des vidéos de certaines réunions du parti et vidéos de bulletins d’info télévisés.

In fine, la Cour s’est trouvée devant un cas inédit d’un leader « virtuel », pour ne dire en papier car il n’a pas de « papiers », disent les mauvaises langues.

Pourquoi et comment s’est-il trouvé dans cette situation ? Il faut demander à « l’avocat du diable » pour obtenir des éclaircissements. Pour l’instant, tout le monde attend le verdict du 9 octobre qui de toute évidence risque de décevoir Benchamach.

Pour rappel, avant 2007, Benchamach était un simple enseignant « inconnu au bataillon », disent ses adversaires. C’est l’ancien manitou rifain du PAM, Ilyas El Omari qui « l’a mis en selle » et « bien veillé à sa carrière parlementaire et politique », ajoutent les mêmes sources.

Dans cette histoire de « gloire » et de « décadence », deux politiciens venus à Rabat des fins fonds du Rif pour se retrouver comme par hasard à la tête du PAM, il y a « un flou » peu artistique qui prête à diverses interprétations sur le pouvoir réel de l’un et de l’autre.

Une chose est sure le « maître » et son « disciple » sont en chute libre et leurs adversaires de tous bords se déchaînent en ce moment, car leur gestion personnalisée et conflictuelle du PAM leur a été fatale. Par ailleurs, la crise de leadership que traverse le parti depuis fin 2018, a donné une chance inespérée aux islamistes du PJD qui ont profité de l’occasion pour ratisser large et préparer tranquillement le terrain pour les prochaines élections locales et générales.

Aveuglé par le sentiment de vengeance de ses détracteurs, Benchamach est-il conscient des conséquences désastreuses de son entêtement au moment où le RNI, entre autres, fait « les yeux doux » aux députés PAMistes à la recherche d’horizons cléments, stables et rentables?

« Après moi, le déluge… », doit-il dire en son for intérieur, prétendent ses opposants.

Une chose est sure, les signes précurseurs de la fin d’une époque et de ses hommes sont a déjà là et on n’a pas besoin d’Oracle pour prédire le futur, et cette vérité, le maître et le disciple ne leur échappe pas.

Quand au PAM, pour le moment c’est un navire ivre et Dieu seul sait si un véritable timonier surgira bientôt du brouillard pour le sauver du naufrage?

Article19.ma

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