Par Nabyl Lahlou

Pour leur octroyer leurs « cartes professionnelles »,Abdelouahab Doukkali, Younes Megri, Noamane Lahlou, trois éminents auteurs compositeurs chanteurs, ainsi que de grandscomédiens et comédiennes ont été convoqués par le ministre de la Culture au ministère de la Culture où le ministre de la Culture met rarement les pieds, préférant le spacieux et lumineux bureau au 5ème étage du ministère de la Communication où squatta, pendant cinq longues années, son prédécesseur, l’islamiste Pejidiste Mostapha Khalfi, un ennemi de l’art, en général, et du cinéma, en particulier, auconvivial bureau de la rue Ghandi, qui a vu se succéder, depuis 1970, plusieurs ministres de la Culture, dont le premier, Mohamed El Fassi, et le dernier, relevant du gouvernement Benkirane, Mohamed Amine Sbihi, un homme chaleureux, sympathique et plein de bonne volonté, mais qui n’a pu mettreun terme à la routine qui étouffait et tuait tout projet et toute proposition, susceptibles de tout chambouler, comme par exemple mettre un terme aux fonctionnaires fantômes, exclure de la fonction publique les fonctionnaires du ministère de la Culture qui ont déserté leurs postes depuis plus de vingt ans pour aller jouer dans des films, pour devenir des réalisateurs de films et de téléfilms, ou des animateurs et animatrices detélévisions, mais qui continuent de percevoir mensuellement leurs mandants.

Ni Mohamed Amine Sbihi, ni son remplaçant actuel, n’ont pu mettre une fin à cette grotesque mascarade, à cette méprise, à ce leurre.

Révolutionner la Culture, notamment le théâtre, ce n’est pas donner des subventions, allant de cent mille dirhams à deux cent mille dirhams, à une quarantaine de troupes de théâtre, amateur ou professionnel, pour qu’elles s’occupent pendant des mois à monter leurs petits spectacles, souvent pauvres etinsignifiants, mais avoir la vision et la volonté, en tant que ministre de la Culture, de donner les grands moyens aux rares créateurs marocains pour qu’ils réalisent de grandes pièces universelles afin que l’aura du grand théâtre revienne habiter les planches d’où elle a été chassée par les charlatans et les imposteurs, encouragés par des fonctionnaires, ratés et corrompus, à saboter les créateurs.

Révolutionner la Culture, c’est permettre au Théâtre National Mohammed V d’avoir pour la première fois de son existence une belle aura, une aura qu’il ne pourra acquérir et mériter qu’en cessant de fonctionner comme une maison de jeunes, comme une salle de location pour spectacles, comme un lieu, mis gratuitement à la disposition des partis politiques pour y tenir leurs congres, à la d’imposition d’associations de tous genres pour y animer leurs activités, à la disposition desinstituts culturels français pour présenter leurs créations dans la belle langue française, alors que les belles créations marocaines, dans la très belle langue arabe classique, ne sont pas les bienvenues dans les Instituts Français.

Révolutionner la Culture, ce n’est pas convoquer de grandsartistes pour leur donner des cartes professionnelles, c’est plutôt inviter ces grands artistes à réaliser de grandes œuvres musicales, théâtrales, chorégraphiques, photographiques et sculpturales, en mettant à la disposition de ces grands artistes, tous les moyens qu’ils demandent et méritent.

Article19.ma

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