Un pavé dans la mare. Après un long silence, le socialiste et ancien ministre de la culture, Mohamed Achaari a fait une sortie médiatique qui n’est pas passée inaperçue cette semaine. En deux mots, il a expliqué que le Maroc traverse « une période de léthargie politique », comme en témoigne « l’échec » de la transition démocratique et afin d’atteindre « la rive de la démocratie véritable ».

Achaari, qui était l’invité mardi du Forum de la MAP, tenu sur le thème « la presse est-elle actuellement un facteur de progrès au Maroc? », a relevé que l’espoir de transition vers la démocratie, attendu de la Constitution de 2011, ne s’est pas concrétisé de la manière souhaitée, soulignant qu’à deux ans presque des élections législatives, il règne une impression qu’on est dans l’impasse politique et qu’il manque des projets offrant des choix divers aux électeurs.

« Nous sommes à la veille d’élections générales et les textes n’ont pas été changés et il n’y a pas de projets et des propositions en concurrence, qui répondent aux aspirations des gens. Et tous les pronostics qui circulent sont axés sur la recette magique pour mettre fin à l’ère des islamistes », a dit Achaari, dont les propos ont été rapportés par nombreux journaux électroniques au Maroc.

Selon le site arabophone Hespress, l’ancien ministre a souligné que la persistance de la léthargie politique au Maroc et le recul du rôle des partis « reportent plus tard encore le projet de transition démocratique », ajoutant que la situation politique actuelle est caractérisé par « l’incertitude, l’impasse et la répétition des expériences ».

+ Absence d’un espace pour la presse pour qu’elle puisse jouer son rôle critique +

Il a, en outre, relevé que l’immobilisme politique et l’incapacité à faire avancer les réformes entravent le développement de la presse marocaine, estimant qu’une « presse libre ne peut voir le jour que dans la cadre d’un système politique démocratique ».

L’ancien chroniqueur du quotidien Al Ittihad Al Ichtiraki a ajouté qu’en l’absence d’un espace pour la presse pour qu’elle puisse jouer son rôle critique et la persistance de la situation actuelle du pays font de la presse « un miroir déformant la situation politique, un acteur jouant le rôle de l’opposition et un laboratoire pour la création de créatures politiques étranges ».

Achaari a identifié trois facteurs qui entravent le développement de la presse au Maroc: la léthargie politique, l’échec de la réforme de la presse et de la presse publique, ajoutant, toutefois, que « nous ne pouvons pas dire que la situation est sombre. Le Maroc a réalisé des progrès dans ce domaine. Nous ne nions pas l’existence d’un espace de liberté, mais la presse n’a pas connu les changements qualitatifs souhaités ».

+ Un sentiment de frustration dans le milieu journalistique +

L’ancien président de l’Union des écrivains marocains a également critiqué la division dans les rangs des journalistes, entre une presse critique et une autre qui l’attaque.

« Les journalistes tuent les journalistes, ceci menace la presse, même les régimes répressifs n’ont plus la même efficacité que les journalistes qui tuent les journalistes. C’est quelque chose de douloureux qu’encouragent des mécanismes existants (de soutiens), en ce sens qu’il existe une presse dont les objectifs sont connus ainsi que ceux qui la financent et en sont les propriétaires », a-t-il affirmé.

L’ancien ministre a, enfin, souligné la nécessité de relancer la réforme du secteur de la presse au Maroc dans le but de créer un climat positif pour la presse, relevant qu’il y a  » et un manque de projets ambitieux de création d’entreprises solides et convaincantes » dans ce secteur car les journalistes sont convaincus que « la situation n’est pas encourageante pour entreprendre une telle aventure ».

Article19.ma

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