Un livre qui mérite une attention particulière. « Marruecos, el extraño vecino » (Le Maroc, l’étrange voisin) est le nouveau livre témoignage de Javier Otazu, journaliste Espagnol et actuellement chef de bureau de l’agence EFE au Maroc.

Le livre qui décrit le Maroc à travers un regard « neutre » et « sans parti pris », mais toutefois « non désintéressé », a été publié en langue espagnole pour « un public espagnol », précise Javier Otazu dans une déclaration à Article19.ma et il sera présenté au public marocain, le 29 octobre 2019, à l’Institut Cervantes de Rabat.

Le correspondant de l’agence EFE qui a vécu et exercé pendant 15 ans au Maroc, ne prétend nullement cerner tous les aspects socio-politiques du Maroc moderne mais juste relater « des faits, et rien que des faits », comme ils les a vus et vécus à différentes époques, notamment sous le règne du roi Hassan II, explique-t-il.

« Il n’y a pas de scoop ni de scandales ni de secrets d’État… je raconte la vie de tous les jours au sein de la société Marocaine…des moments de l’histoire de ce grand pays Maghrébin, et ce, en toute indépendance et humilité », avertit-il sur un ton rassurant.

Bien évidemment, Javier Otazu porte un regard critique sur les choses, le regard plein de curiosité du reporter sur le terrain. Ainsi, il parle dans ce livre de politique comme la question du Sahara, de la monarchie, de religion, de la jeunesse, de sexualité, de l’administration et des élites politiques…

+ Malgré tout, le Maroc avance bien +

Au Maroc, il y a deux réalités, relève-il, celle des « élites occidentalisées » avec des enfants bien placés dans des écoles européennes et anglo-saxonnes…et les autres qui triment pour joindre les deux bouts à la fin du mois, bien attachés à leurs références arabes et islamiques.

« Cette cohabitation entre deux modes de vie et de pensée provoque souvent des situations très complexes… », note-t-il, avant d’ajouter que les contrastes sont loin d’être « dilués dans le temps », ils sont devenus plutôt « conflictuels ».

Toutefois, le Maroc est une société qui malgré ses contradictions et ses lenteurs, « avance bien » comparée aux autres sociétés du Monde arabe, souligne-t-il.

« Il y a beaucoup de débats au sein de la société civile Marocaine…nombreux problèmes ne sont toujours pas résolus, mais les jeunes ne se taisent pas et continuent à débattre », indique cet observateur averti.

Javier Otazu a par ailleurs évoqué le Printemps arabe et son impact foudroyant sur des pays comme la Syrie, l’Égypte et la Libye. Et il est arrivé à la conclusion que le Maroc avait bien géré la situation et avait évité le chaos où se sont engouffrés les Djihadistes, déstabilisant ainsi nombreux pays arabes.

« Cela explique que le radicalisme islamique n’ait pas prospéré dans ce pays Maghrébin : Les djihadistes, dont certains sont allés combattre en Syrie, n’ont pas de soutien au Maroc… ils n’ont pas d’infrastructure pour agir, ni de soutien social. Ce sont des citoyens qui vivent dans des zones marginales et qui souvent ne représentent qu’eux-mêmes. D’une manière générale, la société marocaine est plus modérée qu’il n’y paraît », affirme-t-il.

+ « No hay moros en la costa » (pas de maures sur la côte… tout va bien) +

Javier Otazu est convaincu que les relations politiques hispano-marocaines traversent une véritable « lune de miel » depuis des années. Il n’y a pas de conflits politiques graves entre les deux pays et les malentendus qui surgissent soudainement sont vite résolus avec ce que les diplomates appellent le « matelas d’intérêts » que l’Espagne a au Maroc.

Mais il n’en va pas de même au niveau social. En Espagne, le Maroc est « une grande inconnue » et où circule un certain nombre de clichés, de stéréotypes et fausses idées répandues ici et là et qui révèlent en fait de « la méconnaissance » que les voisins du nord ont des Marocains”, rappelle Javier Otazu.

À cet égard, il y a beaucoup à faire pour faire tomber les clichés et chasser les mauvaises idées qui décrivent le Maroc, comme étant un « voisin qui dérange », un pays dont viennent seulement des problèmes : les migrants, les djihadistes, le terrorisme, la menace sur Ceuta et Melilla etc…, rappelle-t-il.

Un besoin de pédagogie politique s’impose surtout si on prend en considération le fait qu’en Espagne vivent plus d’un million de Marocains et que des dizaines de milliers d’Espagnols se rendent dans le pays voisin chaque année, et qu’il y a pas mal d’entre eux qui y travaillent depuis des années déjà, ajoute l’auteur de ce livre édité chez Catarata, en 206 pages et vendu à un prix symbolique de 17 euros.

Article19.ma

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