Une formule parmi d’autres. Le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani a informé la direction de son parti que le nombre de portefeuilles serait réduit « d’un tiers » à l’occasion du remaniement en perspective, ce qui signifie que chaque parti, parmi les six groupes politiques qui composent la majorité, perdrait le tiers de ses postes ministériels.

El Othmani, qui a également fait savoir aux dirigeants du Parti du progrès et du socialisme (PPS) qu’il perdrait le ministère de la Santé, a révélé que le prochain gouvernement sera composé uniquement de ministres et de ministres délégués avec la suppression des secrétariats d’Etat dont certains seront, toutefois, transformés en ministères ou ministères délégués, en particulier ceux en charge de secteurs vitaux tel que celui de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, selon le site arabophone Alyaoum24.

Le chef de l’exécutif avait demandé, rappelle alyaoum24, aux dirigeants des partis politiques de la coalition gouvernementale de donner leur avis sur la structure du gouvernement et leur avait fixé rendez-vous vers la la fin du mois pour discuter des différents points de vue avant de passer à une seconde étape qui est celle de la proposition des noms des candidats aux postes ministériels.

Selon la même source, El Othmani a informé les dirigeants du PPS que leur parti pourrait perdre le ministère de la Santé, une décision qui a mécontenté le secrétaire général de cette formation, Nabil Benabdallah, lequel a rejeté sur le champ cette proposition.

C’est, d’ailleurs, dans ce sens que le bureau politique du PPS a exhorté El Othmani à « impulser un nouveau souffle démocratique à la vie politique nationale » en reconsidérant les rôles que doivent jouer les acteurs politiques sans minimiser ou affaiblir les partis politiques, une manière de dire qu’il ne faut pas recourir davantage aux technocrates dans le prochain exécutif.

+ Plus d’attention aux secteurs qui connaissent des dysfonctionnements +

Dans les milieux dirigeants de certains partis de la majorité, il est fait état de confier le ministère de la santé à un technocrate proche des cercles décisionnels, arguant qu’il s’agit d’un secteur de grande importance sociale qui a besoin d’une forte personnalité capable de le réhabiliter et de faire face à tous les lobbies, alors que d’autres estiment que cette personnalité aura en charge, en premier lieu, la libéralisation du secteur et son ouverture sur le capital national et étranger.

Le chef du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, avait déclaré, en juillet dernier, que son parti « exigera le ministère de la Santé dans le prochain gouvernement », en ce sens que ce « ministère a besoin de compétences et que notre parti est prêt à servir et à développer le secteur de la santé dans notre pays ».

Cette déclaration avait irrité le leader du PPS qui a appelé explicitement Akhannouch à « accorder plus d’attention aux secteurs dont il a la charge lesquels connaissent de nombreux dysfonctionnements tant celui de l’agriculture que celui de la pêche », dénonçant « la faible efficacité dans la gestion de ce secteur important et sensible ».

Pour sa part, la direction du Parti justice et développement (PJD) a demandé au chef du gouvernement, qui est aussi le secrétaire général du parti, à prendre en compte la force politique et électorale de sa formation en tant que première force politique en ce sens que « l’effectif de ses ministres ne doit pas être moins important en nombre et en poids au sein du nouveau gouvernement ».

Les bases des du parti avaient exprimé leur indignation de l’accaparation par le RNI de la plupart des secteurs économiques et financiers de poids, craignant que la même situation se reproduise avec la formation du nouveau gouvernement. Certains PJDistes pensent même que l’objectif est d’affaiblir le PJD et le PPS dans la perspective des élections de 2021, ajoute la même source.

Article19.ma

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