Au Maroc, c’est un procès très médiatisé. Il s’agit en fait du procès de Hajar Raissouni, la journaliste du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum qui a débuté, ce lundi à Rabat, sous une vague de protestations des militants de l’AMDH, journalistes et membres de la société civile en signe de solidarité. En détention depuis le 31 août, la journaliste est poursuivie pour « avortement illégal » et « débauche » (relations sexuelle hors mariage).

« Hourrya faouria… », « liberté immédiate à Hajar Raissouni! » ont scandé des dizaines de protestataires debout depuis midi devant le portail de la Cour de première instance de Rabat.

Vers 14h45 (heure locale), la Cour a décidé de reporter le procès à lundi 16 septembre 2019. Toutefois, le débat s’est poursuivi avec l’intervention des avocats de la défense qui ont plaidé pour « la liberté » de Hajar Raissouni, sinon elle risque de rester en détention jusqu’à la prochaine audience.

Me Anderrahim Jamaï, du barreau de Casablanca a de son côté axé sa plaidoirie sur « les pouvoirs tentaculaires » du Parquet qui a ont permis l’interpellation et la mise sous les verrous de la jeune journaliste, portant ainsi « une flagrante atteinte » à la vie privée et à l’intégrité physique de l’accusée.

Il est à noter que la journaliste marocaine, âgée de 28 ans, risque jusqu’à deux ans de prison aux termes du Code pénal qui sanctionne les relations sexuelles hors mariage et l’avortement quand la vie de la mère n’est pas en danger.

Cette controversée affaire a suscité de vives réactions et relancé par ailleurs le débat impliquant des intellectuels de tous les horizons autour de la question de l’avortement et des libertés individuelles au au Maroc.

Hajar Raissouni et 4 autres personnes y compris son fiancé et un gynécologue, sont placés en détention à la prison Laarjat, près de Salé, après leur arrestation fin août à la sortie d’un cabinet médical à Agdal.

Un vague d’indignation s’est déclenché dans les médias et sur les réseaux sociaux, autour du droit des femmes à disposer de leur corps, du respect de la vie privée, de la liberté des mœurs ou de la presse.

Des mouvements féministes et des ONG de défense des droits de l’homme comme Amnesty International et Human Rights Watch ont appelé à libérer la journaliste au nom du respect des libertés individuelles.

Article19.ma

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