Persona non grata mais… Le propriétaire allemand du mémorial de l’Holocauste, qui était en construction dans les environs de Marrakech, a décidé de ne pas respecter l’ordre qui lui a été intimé par les autorités marocaines de quitter le territoire national dans les trois jours à cause de son « séjour illégal au Maroc », affirmant qu’il y restera et demandera un nouveau visa de séjours.

« Je possède tous les documents nécessaires à l’obtention du visa d’investisseur au Maroc et je resterai ici. Je vais contester la décision de la police de ne pas me remettre ma nouvelle carte de séjours… Je suis un artiste, je ne suis pas un terroriste », a écrit le propriétaire du mémorial, Olivier Bienkowski, sur sa page Facebook.

Bienkowski a également promis de poursuivre en justice les autorités marocaines suite à leur décision de démolir le monument, ajoutant : « Nos avocats vont demander au gouvernement marocain une indemnisation de 100.000 Euros pour les installations détruites ici .. L’art n’est pas un crime et ne nécessite aucune autorisation. Une fois que l’avocat aura gagné ce procès, nous construirons à nouveau le Mémorial de l’Holocauste… ».

Il a, en outre, poursuivi sa campagne internationale de collecte de dons tout en jouant sur la corde sensible de « l’antisémitisme » et ce en appelant à des dons pour « protéger le mémorial de l’Holocauste et faire face aux menaces antisémites à notre encontre ».

De son côté, Me Isaac Charia a indiqué dans un post sur sa page Facebook qu’il a été chargé par l’organisation allemande initiatrice du projet, Pixel Helper, de défendre ses droits, expliquant qu’il a longuement discuté avec le représentant légal de cette organisation au Maroc, Oliver Bienkowski, et qu’ils ont conclu à la nécessité d’indemniser ladite ONG pour les pertes matérielles et morales subies. Il a ajouté que l’association allemande a été surprise par le comportement des autorités locales, malgré sa conviction que le Maroc, roi et peuple, a été le premier à protéger la composante juive, son histoire et sa culture dont la catastrophe de l’Holocauste fait partie sans que cela constitue une normalisation avec une entité quelconque ou une propagande politique.

+ Le soi disant mémorial n’est pas une synagogue ou un lieu de culte +

L’avocat a soutenu que l’association, contrairement à ce qui a été rapporté, était en train de créer une œuvre artistique qui dépeint le massacre de l’Holocauste dont ont été victimes les Juifs sous le régime nazi en Allemagne ainsi que le nettoyage ethnique et les tortures auxquels ils ont été exposés, durant une phase sanglante de l’histoire humaine, qui ne doit pas être oubliée pour ne pas se répéter « avant d’être surprise par les autorités locales qui ont pris d’assaut la propriété privée où se trouvait le mémorial et ont commencé à le démolir, sans chercher à comprendre le côté artistique, créatif et culturel dont le but est de faire connaître une ère tragique de l’histoire de l’humanité ».

Pour sa part, Omar Arbib, membre du bureau central de l’Association marocaine des droits de l’homme, a estimé que « le lobby sioniste intensifie la pression » sous le couvert de l’art, pour imposer la normalisation et justifier l’exploitation des enfants à des fins politiques et lucratifs, tout en trempant l’opinion publique au nom d’un prétendu humanisme.

« Le soi disant mémorial n’est pas une synagogue ou un lieu de culte pour que nous l’acceptons et considérons sa démolition comme étant immorale, contraire aux droits de l’homme et aux valeurs de tolérance et à la liberté de croyances. C’est une autre forme de normalisation et d’exploitation de nos enfants et de la pauvreté de la région, sans oublier qu’il s’agit d’une instrumentalisation politique manifeste des crimes nazis et de la couverture des autres crimes », a ajouté Arbib dans un article publié par de nombreux sites.

Et de souligner: « Nous ne sommes pas racistes et nous ne basons pas nos convictions et nos positions sur une discrimination fondée sur la race, la religion, la langue, le sexe ou le statut social, nous sommes des défenseurs de l’égalité et des libertés individuelles et de la liberté de conviction et de conscience ainsi que du droit des peuples à l’autodétermination, et nous sommes contre le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité et contre le racisme, quels que soient leurs fondements, y compris la race et la religion. Nous sommes pour la paix, la justice et la liberté, et nous ne sommes pas pour le blanchiment des crimes en cours dans l’histoire ».

« Nous ne devons pas rester sur la défensive parce que nous avons raison, le slogan de la lutte contre l’antisémitisme n’est qu’un épouvantail et une instrumentalisation politique et idéologique que le lobby sioniste entonne au niveau mondial et ses outils pour infiltrer les peuples, même dans les contrées lointaines qui n’ont rien à voir avec les crimes nazis. Et comme nous sommes contre la politique sioniste et croyons en l’égalité entre les peuples, nous faisons la distinction entre le sionisme, en tant que mouvement raciste colonialiste contre les droits des peuples, et le judaïsme, en tant que croyance religieuse dont nous ne contestons pas le droit de tout un chacun de l’embrasser et de la pratiquer », a conclu Arbib.

Article19.ma

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