Nous votons souvent pour des personnes ayant des compétences politiques pour gérer les affaires générales de la vie et nous défendre. Mais rapidement, ces personnes élues rentrent en conflits avec leurs propres électeurs et deviennent des ennemis pour les uns comme pour les autres.

 Les électeurs se sentent ainsi trahis par leurs élus qui n’accomplissent pas leurs promesses, et les élus se sentent persécutés par leurs propres électeurs. 

C’est le même scénario qui se répète avec chaque gouvernement et partout dans le monde. Une étrange coutume !

Selon mon analyse, il y’a eu erreur au moment des élections. Les électeurs sont les seuls responsables de cette étrange coutume car ils n’ont pas pris leur responsabilité d’élire sérieusement et comme un devoir sacré de citoyen engageant sa responsabilité directe dans la formation gouvernementale. Ainsi, ils n’ont pas cherché studieusement les compétences psychologiques des candidats avant de les élire.

Quelles sont alors ces compétences psychologiques requises chez les gouvernants :

1- L’équilibre psychologique « Pourquoi je veux arriver au pouvoir ? »

Généralement, les politiciens sont instables psychologiquement et ont un égo surdimensionné. Se sentir capable d’être responsable du bien-être des citoyens est une tâche très lourde et qui terrorise toute personne bien équilibrée psychologiquement, juste et équitante. Toute personne douée de raison décline devant toute proposition d’être responsable des citoyens car il est impossible d’accomplir cette tâche avec justice. Or, les politiciens, sans avoir à leur proposer cette responsabilité, sont déjà avides de gouverner les citoyens. N’est-ce pas là une recherche d’assouvir leurs propres désirset leurs egos ?

Un test psychologique est incontournable et inévitable pour chaque candidat aux élections ! Une commission étrangère de spécialistes doit accomplir ce test.

2- La consultation collégiale

Il s’agit là de la capacité à reconnaitre son imperfection et son insuffisance à résoudre les problématiques sociales et économiques, à consulter de façon collégiale avec toutes les formations politiques et associatives. Un candidat prétendantposséder toutes les solutions est un menteur par excellence. 

Reconnaitre ses limites est la capacité à se remettre en question et à reconnaitre ses erreurs.

3- L’empathie

Est la capacité de ressentir la souffrance des citoyens, de se mettre à leur place et de comprendre ce qu’ils endurent, d’évaluer leurs besoins et de faire tout ce qui est possible pour les soutenir et les aider sans relâche et sans repos.

4- L’écoute

Est la capacité d’écouter les doléances des citoyens avec sincérité dans le seul but de bien comprendre leurs difficultés et leurs besoins. 

L’écoute est l’outil le plus efficace d’une communication constructive.

5- Le détachement dans le service des citoyens

Est la capacité d’intérioriser sa fonction d’élu, c’est-à-dire conscient et prêt d’être au service des citoyens d’une façon détachée de son ego et de tout intérêt matériel. 

Pour mesurer cette qualité de détachement dans le service, l’élu ne doit recevoir aucune rémunération en dehors de ses besoins basiques comme un déplacement par exemple.

6- Le désir du bien de la nation

L’élu désirant participer au changement de la société n’a aucune autre préoccupation que celle de servir les citoyens. C’est une personne du terrain et qui refuse de  s’asseoirderrière un bureau. Evidemment, ce désir se doit d’être viscéral et sincère.

Je me demande comment l’élu peut-il rentrer chez lui, dans un confort impressionnant, manger à sa faim, bien au chaudl’hiver, bien rafraichi l’été, et arriver à effacer de sa mémoireles pauvres et les mendiants qu’il a croisé en rentrant chez lui dans une voiture de luxe Est-ce ça le désir du bien-être de la nation ?

Le bien-être de l’élu se mesure proportionnellement au bien-être des citoyens.

7- L’humilité

Est la capacité à maitriser son ego et à ne jamais se sentir supérieur aux citoyens en se considérant comme leur chef. 

Être humble est un état de détachement total de son ego mais aussi des intérêts personnels. L’humilité est la capacité à éprouver sa joie dans celle des citoyens. C’est le partage !

8- La bienveillance

Etre bienveillant est la capacité de ne blesser personne ni d’être responsable de la souffrance des autres. 

Un élu bienveillant est celui qui ne peut pas fermer les yeux tant qu’il y’a des citoyens qui souffrent, qui dorment sans toit, qui n’ont rien à manger et qui ne peuvent pas être soignés.

Par Docteur Jaouad MABROUKI, 

Expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.