Le Roi Mohammed VI : Commandeur des Croyants

Par Dr Mohamed Chtatou

Depuis les malheureux événements du 11 septembre 2001 à New York, l’islam est devenu une cible facile pour les attaques occidentales et, par conséquent, l’islamophobie a pris une ampleur accrue et sans précédent et est même devenu une sorte de religion pour les haïsseurs de la foi islamique et des musulmans, en particulier ceux qui croient, dur comme fer et à tort, que l’islam est une force insidieuse et une croyance subliminale prêchant la haine, la destruction et la guerre.

En tant que tel, l’islam est malheureusement assimilé à la violence, à la haine, au terrorisme, à la mort, etc., sachant que les soi-disant musulmans qui ont opté pour l’extrémisme sont très suspects, haineux et totalement voués au chaos.

En effet, des groupes aussi dangereux et meurtriers tels que: al-Qaïda, l’Etat islamique et les cellules dormantes et les « loups solitaires » associées à leur idéologie, ne peuvent en aucun cas représenter 1,5 milliard de musulmans, épris de paix et de communion dans le monde. Mais, hélas, ces soi-disant musulmans inhumains et violents, dans leur comportement, ont déclenché tant de haine à l’égard de l’islam en général a tel point que Donald Trump, en tant que candidat à la présidence des États-Unis, a diffamé à volonté, à cause de leurs actes irresponsables, les musulmans et, en tant que président, a signé le Muslim Ban, interdisant aux citoyens de certains pays musulmans d’entrer aux États-Unis.

Violence infligée aux musulmans

Si, aujourd’hui, l’islam est considéré comme une religion violente, ce qui est de toute façon un stéréotype grossier, l’Occident ignore d’une manière ou d’une autre la violence qu’il a fait subir, directement ou indirectement, aux musulmans, à travers les âges, ce qui explique , à un certain degré, la rage et la haine des théoriciens de l’islam politique, de ses activistes et adeptes vis-à-vis la civilisation occidentale à effet phagocytant:

– la violence des croisades (1095-1291) ;

– la violence de la colonisation (1800-1970) ;

– La violence de la loi Balfour (1917) et la perte de la Palestine (1945-1948) ;

– la violence de l’abolition du califat ottoman (1923) ;

– La violence de la seconde guerre mondiale (1939-1945) : les musulmans ont servi de chair à canon en première ligne, pour libérer l’Europe du joug du nazisme ;

– La violence des guerres yougoslaves (1991-1999 / 2001) et le génocide bosniaque (1995) ;

– la violence de la guerre en Irak (2003-2011) ; et

– La violence de l’islamophobie (1950-temps présent).

À ce jour, il y a tant de mauvais sang entre l’islam et l’occident et il y a un besoin urgent d’un véritable dialogue interconfessionnel et interculturel fondé sur des principes clairs et sur des objectifs précis, entre les cultures judéo-chrétienne et musulmane.

Ce dialogue doit idéalement prendre le chemin suivant :

– première phase : dialogue interculturel ;

– phase deux : dialogue interreligieux ;

– phase trois : dénigrement et suppression des stéréotypes qui minent les domaines de la culture et de l’éducation ;

– phase quatre : conception d’une stratégie à long terme pour la compréhension, l’échange et la coopération ;

– phase cinq : mise en œuvre de cette stratégie ; et

– phase six : évaluation continue du projet.

Traditionnellement, le dialogue interconfessionnel rassemblait des hommes de religion et des décideurs politiques de rang inférieur, et leurs délibérations aboutissaient à des recommandations qui n’ont jamais été appliquées. Aujourd’hui, le dialogue interconfessionnel doit être dynamique et évolutif, pour pouvoir toucher les décideurs concernés ainsi que la population.

Le Maroc a, en effet, toujours été un bon exemple, à suivre, d’un islam ouvert à d’autres cultures et croyances. Un pays unique en son genre, où la tolérance fait partie du code génétique de la population et l’acceptation de l’autre dans son altérité qu’elle soit linguistique, culturelle ou religieuse, fait office de tradition vénérée et de mode de vie naturel.

Maroc, modèle du véritable islam

Aujourd’hui, le Maroc est un bon exemple de dialogue interconfessionnel : la monarchie a 13 siècles et elle est animée par le concept d’imarat al-mu’minin « Commanderie des Croyants », selon lequel le roi est le garant et le protecteur exclusif de toutes les religions, sur un pied d’égalité. Les Juifs, en effet, vivent au Maroc, en toute paix et quiétude, depuis l’an 70, date de leur arrivée dans le pays après avoir été persécuté et chassé de Palestine par les Romains.

Depuis qu’il est devenu monarque en 1999, le Roi Mohammed VI a opté pour le dialogue interreligieux et la lutte contre l’extrémisme religieux dans toutes ses formes et manifestations. Il a dûment créé l’ « Académie des Imams » pour former des hommes de religion modérés, des morchidines et des morchidates (hommes et femmes d’intermédiation religieuse) au Maroc et dans le reste du monde; préside, pendant le mois sacré du Ramadan, les Causeries Religieuses Hassaniennes (conférences religieuses données par des érudits musulmans venus du monde entier), diffusant un message de paix, de coexistence religieuse et de dialogue avec d’autres croyances et cultures. Il a également fondé en 2015 une organisation d’oulémas africains (savants religieux) appelée : (Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains) dans le but de lutter contre l’extrémisme religieux et de promouvoir le dialogue interreligieux et les enseignements de la wasatiyya (modération religieuse islamique) dans le continent africain.

L’islam au Maroc, une religion de tolérance, de dialogue et de coexistence

Le Maroc est une terre de tolérance, d’acceptation et de coexistence. Le défunt Roi Hassan II l’a décrit, en métaphore, comme un arbre dont les racines sont enfouies en Afrique, son tronc au Maghreb, ses branches latérales au Moyen-Orient et son haut feuillage en Europe.

Au carrefour de tant de cultures, de religions et de civilisations, le Maroc est devenu, au fil des siècles, un point de rencontre pour d’innombrables cultures, ethnies et modes de vie.

Ainsi, depuis plusieurs millénaires et encore aujourd’hui, le Maroc accepte des personnes de milieux et de croyances différents. Avec le temps, les Marocains ont pris la disposition d’accueillir « l’autre », quelle que soit la complexité de sa différence, ainsi que l’étranger à bras ouverts et leur offrir le thé à la menthe sucré en signe d’hospitalité et de bienvenue.

Les Marocains sont, par nature, amicaux, hospitaliers, ouverts et tolérants envers les autres. Leur qualité la plus importante est, de loin, leur capacité à accueillir d’autres expériences de vie et à les adapter à leur culture et civilisation afin d’enrichir leur vécu.

En tant que tels, ils ont interagi positivement avec les Phéniciens, les Carthaginois et les Romains, entre autres, dans des échanges bénéfiques ; on en voit encore aujourd’hui des vestiges de leurs cultures dans la langue, les coutumes et les croyances, sans parler des vestiges de villes entières telles que Volubilis, Lixus, Sala Colonia et Mogador.

Carte des comptoirs phéniciens de la Mer Méditerranée (XIIe siècle av. J.-C.)

Jusqu’à leur migration massive en Israël, à la suite de la création de cet État en 1948, les juifs sépharades vivaient dans tout le pays : dans les villages, les villes et les cités, se livrant au commerce, à la médecine, aux services bancaires et aux finances. En raison de leur grande expérience dans le commerce international, les sultans marocains les ont nommés comme agents financiers et commerciaux (toujjar sultan).

Un exemple du bon dialogue interconfessionnel au Maroc peut être observé dans la ville de Sefrou, située à trente kilomètres au sud de Fès. A Sefrou, les musulmans et les juifs vivaient côte à côte, en harmonie, pendant des siècles et pratiquaient souvent leurs rituels religieux à l’unisson, à tel point qu’il était difficile de dire ce qui était islamique et ce qui était hébraïque.

Ils ont même vénéré le même homme, que beaucoup considéraient comme un saint (salih), enterré dans une grotte dans une montagne voisine. Le site a été appelé, avec tact, Kaf al-moumen (la grotte des croyants) parce que c’était un sanctuaire religieux pour les musulmans et les juifs, et les temps de culte dans ce lieu était également divisé, autour de l’année, six mois chaque religion.

On peut dire, sans ambages, que les Amazighes / Berbères et les juifs de cette ville mythique : Sefrou et capitale de la coexistence religieuse sont, sans aucun doute, les ancêtres du substrat culturel judéo-amazigh / berbère de la tolérance marocaine actuelle.

L’exemple de Sefrou n’est pas unique; on le trouve dans d’autres endroits du pays, tels que Debdou, Azrou, Fès, Rabat, Meknès et Marrakech, entre autres. Les communautés de juifs ont vécu et pratiqué leur foi dans tous ces lieux en toute paix et harmonie. Ils étaient des Marocains, à part entière, et jouissaient, en tant que tels, de tous les droits et obligations de leurs frères monothéistes musulmans.

En ce qui concerne ces aspects de la tolérance et de la coexistence, Hind Al-Subai Al-Idrisi écrit dans Qantara:

« Le Maroc est considéré comme l’un des pays les plus stables de la région, avec une coexistence plus ou moins pacifique entre les différentes religions et cultures qui composent le tissu social marocain. En témoignage de cela, la ville de Fès, classée par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité, a organisé le 13 février 2013 un événement important : l’inauguration de la synagogue de prière de Fès, récemment rénovée.

La célébration était dirigée par le Premier ministre marocain et leader du Parti de la Justice et du Développement, Abdelilah Benkirane. Il a indiqué que « l’événement souligne l’identité du Maroc en tant que terre de paix, de tolérance et de coexistence pacifique entre les adeptes de toutes les religions divines et constitue une leçon pour le 21ème siècle, que le Maroc envoie au monde entier. » »

Pendant la seconde guerre mondiale, lorsque les Allemands ont occupé la France, le gouvernement collaborateur de Vichy a voulu persécuter les juifs marocains. Le défunt Roi Mohammed V a résisté à l’ordre et a appelé à la persécution de tous les marocains, si cela devait se produire, pour motif que les juifs ne sont pas différents de ses autres sujets, pour la sécurité desquels il était pleinement responsable en sa qualité d’Amir al-Mou’minine «Commandeur des Croyants».

Au tournant du vingtième siècle, le Maroc a été soumis au colonialisme européen et a été divisé entre la France et l’Espagne. Plus de 44 années de ce régime de protectorat ont laissé une empreinte durable et vivante sur la langue, la culture et le mode de vie des Marocains et les cultures française et espagnole font, aujourd’hui, partie intégrante du mode de vie marocain imprégné d’ouverture et de tolérance.

Carte de l’empire romain méditerranéen

Aujourd’hui, les Marocains soulignent fièrement leur identité multiple et composite: amazighe, arabe, islamique, juive, africaine, andalouse et méditerranéenne – et leur ouverture et acceptation ancestrale du multiculturalisme et de la diversité sont inscrites dans leur plus récente constitution (2011) :

« État musulman souverain, attaché à son unité nationale et à son intégrité territoriale, le Royaume du Maroc entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible. Son unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen. »

La « Commanderie des Croyants » marocaine

La monarchie marocaine, l’une des plus anciennes du monde, remonte à la dynastie Idrisside (788–974) et a toujours cherché à établir un équilibre entre les différents courants religieux, les tendances sociales multiples et les intérêts économiques diverses. La tâche a toujours été difficile, voire impossible, des fois. Cependant, il faut reconnaître que le système politique a sans aucun doute réussi à maintenir le pays uni et inclusif dans un concept appelé : tamaghrabit (sentiment fort d’appartenance à un Maroc uni et solidaire en dépit des différences ethniques et linguistiques).

– L’influence religieuse du monarque

Le monarque au Maroc est à la tête de l’état, mais surtout, il est « le Commandeur des Croyants », amir al-muo’minin, un office religieux qui lui confère un statut quasi-sacré. Les gens ordinaires critiquent, de temps à autre, ses actes politiques, ses décisions mondaines dans la gestion des affaires du pays, mais, à peine, son influence religieuse, son leadership ou ses actions. Il est intéressant de noter que son statut religieux est même reconnu dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, qui reconnaissent son titre religieux de «Commandeur des Croyants», en particulier parmi les communautés tidjanes de l’ouest du continent.

Roi Mohammed VI, avocat de la diplomatie religieuse en Afrique

Au 19ème siècle, le Maroc était de facto divisé en deux territoires politiques, mais il restait paradoxalement un pays uni. Il y avait le bled al-makhzen, terre sous le contrôle total du gouvernement central, et bled as-siba, terre de dissidence, faite généralement de montagnes habitées par les Amazighs / Berbères, qui reconnaissaient, dans le temps, l’autorité religieuse du sultan mais pas son rôle politique et, à ce titre, ils refusaient souvent de lui payer des impôts. Mais, malgré cette rébellion discrète et polie des Amazighs / Berbères contre le sultan, son influence religieuse resta intacte. La preuve en est que les habitants des montagnes firent la prière du vendredi et le sermon s’en suivant, khoutba, en son nom.

En raison de l’importance du domaine religieux, le ministère des Awqaf et des Affaires Religieuses était toujours situé dans le Mechouar (enceinte du palais) afin que le monarque puisse se rendre, à pied, au ministère chaque fois qu’il le jugerait nécessaire, pour superviser la gestion de affaires religieuses du pays, une tâche royale de haute importance.

Sous le règne du défunt Roi Hassan II (1961-1999), un monarque très religieux et conservateur, il avait pour règle de toujours commencer et terminer ses discours à la nation par des versets (sourates) du Coran et de les intercaler avec les paroles du prophète Mohammed (hadiths), chose qui donnaient à ses paroles une sorte de sacralité, même si la plupart des gens ne comprenaient pas le contenu de tels discours parce qu’ils étaient délivrés en arabe classique et non pas en darija, l’idiome arabe local.

– La frustration islamiste au Maroc

À la suite de la révolution iranienne de 1979 et de la montée de l’islam politique dans le monde musulman, les islamistes ont pris le contrôle des affaires religieuses dans la plupart des pays musulmans car les dirigeants politiques locaux avaient des idées laïques ou ne considéraient pas la religion comme une question importante. Pour donner de l’importance à leur campagne et gagner de nouveaux membres, les islamistes ont aussi investi des efforts, de l’argent et du dévouement dans les affaires sociales. La réussite des Ikhwan (Frères musulmans) en Égypte, est due généralement aux multiples aides qu’ils offraient aux pauvres, laissés pour compte, par le gouvernement égyptien de l’ère Moubarek.

Au Maroc, les islamistes ont été et sont toujours frustrés par le rôle prédominant de la monarchie conservatrice dans les affaires religieuses, hier et aujourd’hui, incarnée par l’acte d’allégeance annuelle, bey’a, présenté par les hauts fonctionnaires de l’état et les élus locaux et nationaux au « Commandeur des Croyants » le jour de son accession au trône, pour donner à son règne une bénédiction religieuse et exprimer à sa personne sacrée une forme d’obéissance religieuse, de haute importance. En conséquence, certains militants islamistes ont exprimé leur volonté de changer le cours des choses en se livrant à des actes de violence lors des attentats de Casablanca du 16 mai 2003, qui ont entraîné la mort de 47 personnes innocentes. Leur but était de déstabiliser l’état et la monarchie et de pousser les masses à rallier leur cause mais c’est le contraire qui s’est produit. La population a exprimé son allégeance à la monarchie, sans réserve, en tant que symbole intemporel de la stabilité marocaine et de l’ordre public. Cet événement dramatique a, toutefois, servi de sonnette d’alarme au Roi Mohammed VI pour revoir sa gestion du champ religieux, de fond en comble.

Mosquée Hassan II à Casablanca

Gestion dynamique du champ religieux

Dans le prolongement de cet événement dramatique, le Roi Mohammed VI a lancé le 18 mai 2005 l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), un projet de solidarité nationale visant à autonomiser les personnes dans le besoin et à réduire la pauvreté. Une action pérenne qui a frustré davantage les maîtres extrémistes religieux qui recrutent parmi les pauvres leur chair à canon islamiste et leurs futurs terroristes, comme ce qui s’est passé en 2003 à Casablance et qui a été immortalisé dans l’excellent film de Nabil Ayouch de 2012, intitulé: «Les Chevaux de Dieu ».

Cependant, la réalisation la plus importante dans la gestion progressive des questions de foi du souverain marocain est l’ouverture, le 27 mars 2015, de l’Institut Mohammed VI pour la Formation des Imams, Morchidines et Morchidates. Depuis, les Morchidines et morchidates  ont joué un rôle, de premier plan, dans la lutte contre le radicalisme religieux et l’extrémisme violent, en particulier parmi la classe des démunis.

Cet institut, désigné par la presse anglophone sous le nom de « Imam Academy », est probablement la première réaction intelligente et organisée contre le tsunami fondamentaliste et fondamental dans le domaine de la prédication et l’éducation religieuses. Jusqu’à présent, l’islam radical, à juste titre, avait le dessus dans l’éducation religieuse, ou plutôt l’endoctrinement religieux, le lavage de cerveau des jeunes, détestant quiconque s’opposait à leur idéologie nihiliste et philosophie takfiriste – surtout l’Occident, connu pour sa laïcité, son sens des droits de l’homme et sa démocratie.

Cet institut forme des étudiants marocains ainsi que des membres du clergé de pays tels que le Nigeria, le Tchad, la Guinée, la Côte d’Ivoire, la Tunisie, la Russie et la France.

L’institut des Imams propose un programme d’études sur des sujets religieux tels que l’interprétation coranique, l’exégèse, les paroles du prophète (Hadith) et ses actes (Sounnah), ainsi que la loi islamique (chari’a). Il fournit également une éducation en sciences humaines, principalement : la philosophie, la psychologie et la sociologie, des sujets notoirement méprisés par les islamistes car ils stimulent la pensée critique et la prise d’initiative individuelle.

La durée de la formation est une année complète pour les étudiants marocains et deux ans pour les autres. Les Français devront, toutefois, passer trois ans après quoi ils obtiendront un diplôme pour devenir des imams officiels dans leur propre pays.

Ilan Berman, dans un article publié dans Foreign Affairs, considère cette expérience sous un jour plutôt positif, comme une approche progressive qui peut être facilement greffée sur les établissements religieux d’autres pays du monde musulman:

« Pendant des années, le Royaume du Maroc s’est vu comme une exception aux problèmes politiques radicaux du Moyen-Orient – une désignation qui laissait entendre que son expérience était à la fois unique et difficilement traduisible pour le monde extérieur. De plus en plus, cependant, le Maroc semble être en train de devenir un modèle intellectuel à la fois disposé et capable de prendre position contre le salafisme et le djihadisme. Selon les termes d’un responsable religieux marocain, le royaume se « voit aujourd’hui comme un leader naturel » dans la bataille des idées qui se déroule dans le monde musulman, en raison de sa crédibilité religieuse et de son enseignement tolérant.

Pour les États-Unis, cela devrait être une bonne nouvelle. Washington, profondément investi dans la lutte contre l’extrémisme violent sous ses différentes formes, ferait bien de prendre note des innovations de la puissance douce du Maroc. Il serait même préférable de les exploiter dans la lutte mondiale contre le radicalisme islamique. »

Maroc, pays musulman modèle

Le Maroc est définitivement un pays arabo-musulman mais très modéré et très ouvert au et sur le reste du monde. La monarchie a été pendant 13 siècles le symbole de la stabilité en assumant à la fois un rôle temporel (monarchie exécutive) et un rôle religieux: imarat al-muo’minin (Commanderie des Croyants). Le Maroc a navigué, avec succès, dans la tourmente du Printemps arabe car en 1996, le défunt Roi Hassan II avait lancé une initiative politique très importante en faveur de la démocratie progressive et du partage du pouvoir, et son successeur a maintenu cette décentralisation progressive du pouvoir.

– Rôle positif dans le conflit israélo-arabe :

Le Maroc, en raison de ses relations millénaires avec la communauté juive locale et internationale, a développé une compréhension de la culture et de la religion juives et a ainsi participé avec succès aux négociations d’Oslo I en 1993 et d’Oslo II en 1995 entre les Palestiniens et les Israéliens, en rapprochant leurs points de vue, tant que possible. Le Maroc continue toujours à jouer le rôle de médiateur dans ce conflit en cours, mais discrètement et sans tapage médiatique.

Empire almoravide (1054-1145) avec des racines en Afrique et des branches de premier plan en Europe du Sud

– Développement de l’Afrique (coopération sud-sud) :

Depuis qu’il est devenu roi en 1999, Mohammed VI a été très actif dans le développement économique de l’Afrique. Il est tout le temps en visite dans des pays africains leur offrant aide et lançant avec eux des programmes économiques conjoints win-win (gagnant-gagnant), ce qui aidera certainement ces pays à se développer en ayant accès au capital marocain ainsi qu’au savoir-faire et à l’expertise. Aujourd’hui, Maroc Telecom, les principales banques et sociétés d’assurances, les holdings, etc. sont très présents sur toute l’Afrique. En outre, les universités marocaines et les établissements d’enseignement supérieur accueillent des milliers d’étudiants africains, dont beaucoup détiennent des bourses marocaines.

– efforts de maintien de la paix dans le monde entier :

Les Casques Bleus marocains se trouvent dans plusieurs régions du monde et surtout en Afrique sous la bannière de l’ONU pour maintenir la paix et donner de l’espoir aux populations en difficulté. L’armée marocaine est également présente dans plusieurs pays du Golfe pour aider à la sécurité et a rejoint la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite pour apporter la paix et la stabilité au Yémen, bien que depuis peu montre des réserves vis-à-vis de certaines de ces actions militaires.

– Politique de migration :

De nombreux migrants africains sont venus au Maroc au cours des trois dernières décennies, dans l’espoir d’aller à l’Eldorado européen, mais ont échoué dans leurs efforts, alors ils se sont retrouvés bloqués au Maroc sans perspectives d’avenir et sans volonté de retourner à leur pays d’origine frappés par la pauvreté et des conflits ethniques, dans certains cas. Face à cette tragédie humaine, le Maroc a volontairement accueilli les migrants et leur a délivré des permis de séjour officiels, ce qui leur permettra d’obtenir du travail pour eux-mêmes et d’éduquer leurs enfants en plus d’autres avantages sociaux pour leurs familles pauvres. À ce jour, le Maroc est le seul pays arabe à avoir une politique migratoire volontaire, claire et progressive.

Le Maroc ouvre la voie à la fraternité des hommes et au dialogue interculturel

Le Roi Mohammed VI, a non seulement réussi à protéger le Maroc du tsunami islamiste et du Printemps arabe malheureux et de ses terribles conséquences, mais il a également lancé une stratégie payante pour lutter contre l’endoctrinement religieux radical, et pour le moment Le modèle marocain peut être facilement copié dans d’autres pays du monde musulman.

Ainsi, non seulement le Maroc a survécu miraculeusement au ressac islamiste, mais il ouvre également la voie à un islam plus modéré, acceptant d’autres religions et cultures et respectueux de leurs différences. Et il était temps que les modérés musulmans fassent face et résistent à l’extrémisme de manière intelligente et ordonnée.

Ainsi, le Maroc devient volontairement la nouvelle Andalousie pour le multiculturalisme, la diversité et le dialogue interculturel, montrant la voie à la paix et à la fraternité des hommes pour le reste du monde musulman, pour construire un monde meilleur empreint d’harmonie, de communion et de solidarité. Amen.

Mosaïque marocaine (zellidj) : symbole de l’interdépendance, de la solidarité et de l’harmonie

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