"Pauvre contribuable, remercie l'Empire!" : caricature sur les impôts et le budget - par A. Le Petit, in "Le Sans-Culotte", 1879

« Don’t f…with tax department », vous conseillera un citoyen américain. Et pour cause, au Maroc, la Direction générale des impôts (DGI) a élargi son champs de contrôle fiscal en créant un service de recherche sur internet pour traquer l’évasion et la fraude fiscales, selon le site casablancais « L’Economiste ».

« Il s’agit en fait de la mise en conformité avec les pratiques en vigueur à l’échelle internationale. Ce dispositif est le début d’un chamboulement. L’objectif est de tracer les contribuables, surtout ceux qui ne sont pas dans le radar du fisc », a expliqué au quotidien Adil Charradi, expert-comptable associé au cabinet Auditia Morison Ksi.

Le responsable du bureau de recherche fiscale sur internet, qui vient d’être nommé récemment à ce poste par la DGI, s’activera donc à identifier, par exemple, les personnes qui passent des annonces sur des sites spécialisés pour louer des villas, dont le loyer peut parfois dépasser les 50.000 DH par mois.

+ Tous les signes extérieurs de richesse seront passés au peigne fin +

Le bureau traquera également les locations saisonnières via les plateformes Airbnb et Booking.com, qui ne sont pour la plupart du temps jamais déclarées aux impôts, sachant que ce type de location est une pratique courante chez les personnes qui achètent à crédit des biens immobiliers, une résidence secondaire par exemple, et qui procèdent à leur location pour s’assurer un financement d’appoint. Un revenu, là encore, qui doit être normalement taxé et que le fisc n’avait pas les moyens de tracer.

Sont également dans le viseur les experts et autres enseignants-chercheurs, qui animent des conférences scientifiques à l’étranger contre rémunération, et d’autres profils comme les chirurgiens, les avocats, les experts-comptables…. Car, certains d’entre eux génèrent d’importants revenus supplémentaires sans jamais les déclarer.

Les services de l’administration fiscale pourront également être alertés par le train de vie de certains fraudeurs. Ainsi, le fait de poster sur les réseaux sociaux des photos d’un voyage dans une destination lointaine suscitera l’intérêt du fisc tout comme les photos montrant, notamment, les effets vestimentaires, les montres de luxe, le véhicule utilisé pendant le voyage, la durée du séjour, le nombre de personnes accompagnant le contribuable en question…

En fait, tous les signes extérieurs de richesse seront passés au peigne fin pour déterminer le niveau de la fraude fiscale.

« Auparavant, nous utilisions des procédés classiques pour effectuer nos recherches ou procéder à des recoupements au sujet de certains contribuables. En se cantonnant au support papier, nous passions à côté d’une mine d’or d’informations à notre portée, qui est internet », a expliqué au journal un cadre de la DGI.

Selon la même source, avant la mise en place du nouveau service, la DGI a procédé à des échanges d’expérience avec ses homologues espagnoles, français et néerlandais, très en avance dans ce domaine.

Article19.ma

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