« Il faut rendre à César ce qui est à César… », comme le dicton. Et pour cause, le journaliste algérien Khaled Drareni a été interpellé, vendredi 9 août, en compagnie d’Ahmed Benchemsi directeur de la communication et du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord auprès de l’ONG Human Right Watch (HRW).

Le site d’info TSA Algérie a recueilli le témoignage de Khaled Drareni que nous reproduisons ici texto:

« J’ai été arrêté par la police en compagnie d’Ahmed Benchemsi, le vendredi 9 août à 14h, à la rue Didouche Mourad près de la Place Maurice Audin. On a été conduits dans un fourgon cellulaire stationné au boulevard Mohamed V, où nous avons été interrogés. On m’a demandé si je connaissais Benchemsi. À la fin de l’interrogatoire, j’ai été relâché par les policiers après m’avoir demandé de déverrouiller mon téléphone, chose que j’ai catégoriquement refusée de faire. Mais Ahmed Benchemsi n’a été relâché que vers minuit », relate le journaliste algérien.

Khaled Drareni précise que les policiers l’ont longuement interrogé sur ses liens avec Ahmed Benchemsi. « Ils m’ont aussi demandé à voir les photos que j’ai prises depuis mon portable », signale-t-il.

Sa décision de revenir sur cet épisode répond, selon lui, au besoin qu’il éprouve de rétablir cette vérité. « Certaines chaines de télévision ont rapporté que l’enquête des services de sécurité a conclu qu’Ahmed Benchemsi avait un agenda étranger. Quel agenda et quelle enquête ? C’est à la justice de se prononcer. Benchemsi travaille pour une ONG des droits de l’homme et il est venu voir comment se déroulaient les manifestations. De plus, il a l’habitude de venir en Algérie », tient à corriger Khaled Drareni qui avoue qu’il a préféré attendre que le représentant de HRW quitte le territoire national (il a été expulsé lundi, Ndlr) pour parler de ce qui s’est passé.

« Dans cette histoire, ce qui est inacceptable c’est le traitement réservé à Ahmed Benchemsi qui est juste un responsable au sein d’une organisation pour la défense des droits de l’homme. Il est opportun de signaler qu’il est entré en Algérie légalement, il a même décliné aux éléments de la PAF l’objet de sa venue à Alger. Apparemment, son seul tort est qu’il prenait des photos des manifestants. Il n’a pas été maltraité physiquement mais plutôt moralement : chaque matin, il devait aller et revenir au commissariat de Cavaignac. On lui réclamait le code pour déverrouiller son téléphone et il a refusé à chaque fois », relate Drareni qui rappelle que Benchemsi a dû passer l’Aïd en Algérie loin de sa famille.

« Durant les interrogatoires, on lui a très souvent dit qu’il allait passer devant le procureur, chose qui n’a jamais eu lieu. Un jour on l’a même fait attendre au commissariat de 8h du matin à 16h pour lui dire finalement de rentrer à l’hôtel. Heureusement qu’il y avait ses amis qui l’ont soutenu ainsi qu’un collectif d’avocats courageux notamment Me Salah Debouz », ajoute le journaliste algérien.

Khaled Drareni déplore que le pouvoir politique algérien demeure « allergique » à tout ce qui est en rapport avec les droits de l’homme. « Benchemsi n’est pas venu pour un agenda étranger, il n’est pas venu comme cela a été dit pour infiltrer les manifestants. Il fallait pour moi rétablir cette vérité », conclut-il ».

Une version des faits qui répond à la propagande du pouvoir en Algérie, notamment contre les citoyens d’origine marocaine comme l’ancien journaliste Ahmed Benchemsi

Article19.ma

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